Cercle d’étude de la Déportation
et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

samedi 29 août 2009

Lexique : les mots de la France sous l’occupation

des lois antijuives, interdictions, des mots courants dans la France de Vichy à l’usage des élèves
« Les questions "historiques" portant sur la durée de la guerre, les ennemis en présence, les chefs d’état et de gouvernement en activité, la différence entre les dictatures et les démocraties révèlent la nécessité d’une cartographie historique, d’un cours d’histoire avec des repères chronologiques et d’une étude du contexte des histoires individuelles » Marie Paule Hervieu

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carte de la France : Zone occupée, Zone "libre", zone nono

la ligne de démarcation

http://commons.wikimedia.org/wiki/File:France_map_Lambert-93_with_regions_and_departments-occupation-fr.svg

armistice du 22 juin 1940 : défaite militaire française, arrêt des combats
aryanisation : expropriation, spoliation, pillage, réquisition des biens des personnes juives. Un administrateur non juif est nommé.
Ausweis : laissez passer
Bund : Union générale des travailleurs juifs (die Yiddish Arbeit Bund), mouvement de travailleurs parlant yiddish créé en 1897 qui se transforme en partis socialistes juifs, en Pologne, en Lituanie et en Russie au début du XXe siècle

camps

camps d’internement en France :
octobre 1940 : les Juifs étrangers qui étaient venus chercher refuge en France, puis les Juifs français, sont internés : Rieucros, Pithiviers, les Mille, Beaune-la-Rolande, Drancy, Poitiers...
camp de Drancy 20 août 1941-17 août 1944 : la cité de la Muette, les premières HLM de France, où sont internés les juifs raflés, centre de rassemblement avant la déportation.
1941-42, Theodor Dannecker, camp gardé par des gendarmes français
1942-43, Heinz Röthke, camp toujours sous contrôle de la préfecture de police
1943-44, Aloïs Brunner, les nazis administrent le camp à partir du 2 juillet. Les gendarmes français assurent la garde extérieure du camp.
Libération de Drancy le 18 août 1944
Camp d’Austerlitz-Lévitan-Bassano, annexes de Drancy dans Paris

Camp de concentration : nom général des camps où on tue par le travail, la mauvaise nourriture, le manque de soins, la faim, le froid, les coups. ex. Dachau, 1933
Camps d’extermination : le but est de tuer. Belzec, Chelmno, Auschwitz, Birkenau, Maïdanek, Sobibor, Treblinka
carte des camps nazis, de la fondation pour la mémoire de la déportation :

carte en taille réelle : http://www.fmd.asso.fr/updir/20/04_cartes.pdf
liste des camps nazis :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article108
langue des camps : http://www.cercleshoah.org/spip.php?article72

carte d’alimentation : rationnement de la nourriture au moyen de cartes et de tickets

CGQJ :Commissariat général aux questions juives, création de Vichy

Dantesque : effroyable, qui suscite la peur et l’effroi
Déporté : jusqu’en 1939, le terme désigne une personne déplacée contre son gré. Avec l’occupation nazie, le terme caractérise ceux qui sont arrêtés, envoyés en Allemagne, internés dans les camps pour y être soumis à une politique de déshumanisation.
27 mars 1942 : premier convoi de Juifs déportés par les autorités allemandes depuis le camp d’internement de Compiègne.
dernier métro : les juifs étaient astreints à voyager dans la dernière voiture de chaque rame.
enfants cachés :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article34
http://lamaisondesevres.org/cel/cel1.html
http://lamaisondesevres.org/cel/cel2.html
Claudine :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article69
Arlette :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article130

étoile jaune : pour pouvoir repérer les juifs, le port obligatoire de l’étoile jaune est imposé aux Juifs de la zone occupée à partir de 6 ans, par les Allemands, en application de la 8° ordonnance du 29 mai 1942. Les étoiles jaunes sont délivrées dans les commissariats de police contre un point de la carte de textiles.
Le 7 juin 1942, premier jour du port de l’étoile jaune
lire Un sac de billes de Joseph Joffo, Jean-Claude Lattès, 1973
France de Vichy, Etat Français : un gouvernement fascisant qui collabore, qui aide l’Allemagne nazie à appliquer sa politique de ségrégation.
Ghetto : lieu de rassemblement et d’enfermement des Juifs ; les privations alimentaires déterminant des épidémies et l’épuisement par le travail forcé, précèdent la tentative de destruction : ils sont alors déportés, fusillés ou "exécutés". Le ghetto de Lodz en Pologne date d’avril 1940.

internement voir camps

juifs : groupe humain ayant en commun une histoire, des traditions ; les juifs sont héritiers du premier peuple monothéiste ; ils vivent dans divers pays d’Europe et du monde : ils peuvent avoir la nationalité du pays où ils vivent ou avoir le statut d’ "étrangers"
ligne de démarcation : la France occupée par les Allemands est partagée entre la zone libre et la zone non occupée.
"Avis aux Juifs" : il est défendu aux juifs de franchir la ligne de démarcation pour se rendre dans la zone occupée de la France...

lois antijuives

loi sur les dénaturalisations a été mise en place dès le 16 juillet 1940 par Vichy
27 septembre 1940 : première ordonnance contre les juifs : les Allemands demandent aux juifs de la zone occupée de se faire recenser dans les commissariat et de marquer Jüdisches Geschäft et Entreprises juives en lettres noires sur fond jaune sur leurs vitrines.
sur le recensement :
http://www.crdp-reims.fr/memoire/enseigner/memoire_vichy/10fichierjuif.htm
lois de Vichy
loi du 3 octobre 1940 Statut des Juifs
3 grands parents de "race" juive ou 2 grands parents de même "race" si son conjoint est juif
« Art.2. L’accès et l’exercice des fonctions publiques et mandats énumérés ci-après sont interdits aux Juifs : (...) 4. Membres du corps enseignants. 5. Officiers et sous-officiers des armées de terre, de mer et de l’air.(...) Art. 5 Les Juifs ne pourront exercer l’une des professions suivantes : directeurs, gérants, rédacteurs de journaux (...) »
4 octobre 1940 : Les juifs étrangers doivent être internés dans des camps spéciaux, dans la zone non occupée, (Les Milles, Gurs, Noé, Recebedou, Rieucros, Argelès, Rivesaltes)antichambres de la déportation.

13 octobre 1940 : pour améliorer l’efficacité du recensement, l’administration militaire allemande demande au préfet de police de Paris de faire apposer sur les cartes d’identité, la mention "juif".

la liste des interdictions

et obligations imposées aux juifs en France par les textes successifs allemands et vichyssois :
exclusion de la nationalité française
exclusion de l’armée, de la fonction publique, de la presse, des activités culturelles, des professions libérales
aryanisation ( = confiscation) des entreprises juives
confiscation des automobiles, des bicyclettes, des postes de radio
interdiction de changer de domicile
interdiction de quitter son logement entre 20h et 6h du matin
interdiction de fréquenter les restaurants, cafés, cabines téléphoniques publiques, cinémas, salles de concert, musées, bibliothèques, piscines, terrains de sports, champs de courses, bains douches municipaux, marchés, foires, magasins (sauf entre 15h et 16h), hôpitaux
obligation de prendre la dernière voiture du métro
marches de la mort : évacuation des camps devant l’alliance alliée
marché noir : se procurer de la nourriture de façon illégale, sans ticket
nazisme : dictature avec une vision raciste du monde et une volonté de mettre en place une Allemagne au territoire vaste, à la population nombreuse et « racialement pure »
Pitchipoï : nom yiddish d’un lieu imaginaire que les internés ne connaissent pas, et qui désigne en fait Auschwitz-Birkenau.

rafle : arrestation, "ramassage" de juifs
rafle du billet vert, 14 mai 1941, à Paris : des juifs (étrangers) sont convoqués et arrêtés.
rafle du 15 août 1941 : arrestation dans le XI ème à Paris, de juifs français et étrangers envoyés à Drancy.
rafle des notables de décembre 1941, transférés au Camp de Royallieu à Compiègne.
rafle du Vél’ d’Hiv’ ou "vent printanier" [1]
Les 16-17 juillet 1942 : 4500 policiers français arrêtent 3118 hommes, 5119 femmes et 4115 enfants juifs dont beaucoup de nationalité française. Les policiers français séparent les enfants des mères. Des enfants sont laissés seuls à Pithiviers et à Beaune-la-Rolande avant d’être déportés.
http://lamaisondesevres.org/cel/cel1.html
Les rafles de l’été 1942 en zone libre
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article87

recensement des juifs de juin 1941 dans la zone non occupée : les juifs doivent se déclarer sous peine d’internement dans un camp spécial. En Zone occupée le recensement date du 27 septembre 1940

spoliation des biens ou aryanisation économique : les biens des juifs sont confisqués, des familles sont expropriées.
Solution finale : Endlösung, en LTI lingua tertii imperi , (Klemperer), la langue d’Hitler, nom codé pour désigner l’extermination des juifs
Statut des juifs : lois de Vichy du 3 octobre 1940
2 juin 1941, deuxième statut des juifs de Vichy
STO : service du travail obligatoire, loi du 16 février 1943
Jean Giboureau, un STO parmi tant d’autres :
http://www.cercleshoah.org/
UGIF : Union générale des Israélites de France, organisme créé par le gouvernement de Vichy, dépendant du Commissariat aux questions juives, institué à la demande des nazis, par la loi française du 29 novembre 1941, pour assurer la représentation des Juifs auprès des pouvoirs publics, pour des questions d’assistance, de prévoyance et de reclassement.
http://lamaisondesevres.org/cel/cel2.html

N.M. janvier 2010

[1] nom de code pour désigner la rafle de juifs, y compris les enfants, les femmes et les vieillards du 16-17 juillet 1942


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