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Résistance, Internement et Déportation dans le Commandement militaire allemand de la Belgique occupée au Nord de la France - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

Résistance, Internement et Déportation dans le Commandement militaire allemand de la Belgique occupée au Nord de la France

La mission de Victor Martin par Bernard Krouck, Maxime Steinberg, Danièle Delmaire
vendredi 5 décembre 2008

Journée du 15 décembre 2000
"La mission de Victor Martin", d’après un livre de Bernard Krouck, La Résistance et la Déportation des Juifs en Belgique occupée, conférence de Maxime Steinberg, Les Camps du Nord- Pas de Calais, les rafles et les déportations, conférence de Danièle Delmaire, Témoignages sur les camps de Belgique et du Nord de la France, par Nathan Ramet, Liliane Rosenberg-Leignel, Eva Fastag.

Présentation par Raphaël Esrail (de gauche à droite : Henry Bulawko, Maxime Steinberg, Danièle Delmaire, Raphaël Esrail )

Petit cahier N°15 - Journée d’étude du 15 décembre 2001 : - Résistance, internement et déportation dans le commandement militaire allemand de Belgique occupée et du Nord de la France B. Krouck, M. Steinberg, D. Lemaire.

 - La mission de Victor Martin

Vidéo de Didier Roten, d’après un livre de Bernard Krouck

Le Comité de défense des juifs de Belgique envoie Victor Martin, un résistant du Front de l’Indépendance, enquêter sur le sort des juifs de Belgique déportés vers l’Est, car on reçoit de l’Est des messages " heureuse arrivée à destination ", puis c’est le silence.

Sous prétexte de faire une étude sociologique auprès du professeur Léopold von Wiese, Victor Martin se rend à Cologne, où il fait ses fiches, puis en Silésie, à Sosnowiec, un ghetto ouvert. Là, il interroge des gens à l’hôpital, un Belge lui parle des enfants et des vieillards qui disparaissent.

Il veut vérifier les faits. Victor Martin se rend à Katowice où il rencontre des Français du STO qui travaillent pour le complexe d’Auschwitz. Il parvient sur le chantier avec un Ausweis. Il s’approche de la barrière, voit des "musulmans". On lui apprend qu’un énorme crématoire a été construit pour 2000 à 3000 personnes. Des trains arrivent de nuit avec des femmes et des enfants qu’on ne voit jamais.

Comme il cherche à savoir ce que sont devenus les femmes et les enfants, les vieux, sa curiosité le rend suspect, il est arrêté, transféré à la prison de Katowice. Il est pris pour un espion industriel. Vérification faite, son emploi du temps paraît normal quand il fait son enquête sociologique, mais pourquoi la Pologne ?

Son passeport est confisqué et il est affecté au camp de Radwitz où bénéficiant de la liberté d’un STO, il prend le train pour Aix la Chapelle et de train en train, sans papier, il passe la frontière près de Malmédy clandestinement et arrive à Bruxelles.

Tout comme le télégramme de Gerhart Riegner du Congrès juif mondial, sur l’extermination des juifs, qui alerta dès mars 42, le nonce à Berne, puis Londres, Washington, et le Comité international de la Croix rouge, sur l’extermination des juifs d’Europe, le message de Victor Martin eut peu d’écho.

" Femmes et enfants exterminés. Hommes esclaves travaillant jusqu’à l’épuisement, ensuite supprimés. "

Le Comité de défense des juifs rapporte les massacres de juifs dans son journal "Le Flambeau" en 1943 et dans un tract pour que les juifs ne répondent pas à une convocation au camp de Malines. On a été alors convaincu de l’obligation de mettre les enfants juifs à l’abri.

Pourquoi cette nouvelle n’eut pas d’écho ? L’antisémitisme n’existait pas que chez les nazis. On disait que les juifs voulaient pousser Roosevelt à la guerre. Les organisations juives américaines n’ont rien dit pour ne pas être mêlées à la propagande.

Victor Martin est l’homme dont on n’avait jamais parlé.

 - "La Résistance et la Déportation des Juifs en Belgique occupée", conférence de Maxime Steinberg,

professeur associé à l’Institut des Hautes Études du Judaïsme,
Université Libre de Bruxelles.

La conférence de Maxime Steinberg

En Belgique, où le souvenir de l’occupation et de la déportation de main d’œuvre en 14-18 est très fort, on ne peut déporter massivement les juifs sans réactions de la population. La sécurité du Reich à Wannsee, a évalué à 43 000 les personnes de race juive en Belgique.

La première déportation a lieu le 10 mai 1940 avec l’arrestation de suspects juifs allemands et autrichiens, déportés dans le sud de la France, à Saint Cyprien.

Les Belges pratiquent la politique du moindre mal. Le projet d’instaurer un Commissariat royal aux questions juives n’aboutit pas. Les Belges font une grande différence entre juifs belges et juifs de Belgique. Même la reine intervient auprès d’Hitler pour sauver les juifs belges.

Dans un pays où 90 % des juifs sont d’" importation ", de Pologne, d’Allemagne et d’Autriche, seuls les juifs étrangers doivent se faire recenser. Alors pour les autres, qui doivent s’inscrire sur le registre spécial, les autorités d’occupation utilisent les notables du Judenrat. L’AJB, Association des juifs de Belgique est créée sur l’ordre de l’occupant en 41. Elle se chargera de distribuer les étoiles, le 1 juillet 1942 à Bruxelles. A Anvers, les autorités locales ont prêté leurs services.

L’AJB convoque les travailleurs juifs à Malines pour être affectés aux camps de l’organisation Todt du Nord de la France pour réaliser le mur de l’Atlantique. 3900 se présentent sur 10 000.

En effet, il y a des différences entre Anvers, où les juifs sont visibles, car immigrés récents, où la police participe aux rafles pour boucler les quartiers, les 15-16 et 28-29 août 42, où 3 000 sont pris, et Bruxelles, où les autorités refusent de participer au nom de la dignité humaine, où les Allemands peu nombreux, doivent faire appel aux Feldgendarmes et SS flamands, les 3-4 septembre 42, pour 1000 juifs.

On parle d’évacuation, on mêle aux travailleurs forcés, 10 % de femmes et d’enfants, inaptes au travail. Les juifs belges peuvent rester.
Le comité de défense des juifs organise le sauvetage des enfants. Et les juifs ne répondent pas aux convocations arrivées par la poste d’après les listes du Judenrat. Ils se cachent.
Des dizaines de SS parviennent à déporter 25.000 personnes. Les Allemands ont trouvé des relais dans la société belge et parmi les juifs.

Le Musée Juif de la Déportation et de la Résistance (MJDR) se situe à Malines, dans l’ancienne Caserne Dossin où était le SS-Sammellager-Mecheln, centre de rassemblement pour la déportation des Juifs de Belgique ( le "Drancy" belge).
Le convoi du 4 août 1942 fut le premier convoi de déportation à quitter le territoire belge en direction d’Auschwitz-Birkenau.
Entre 1942 et 1944, 24.916 Juifs et 351 Tsiganes sont déportés à Auschwitz. Les deux tiers seront gazés à leur arrivée. A la libération des camps nazis, seules 1.221 personnes sont encore en vie.
https://www.kazernedossin.eu/FR/Museum-Memoriaal/Wegwijs/Geschiedenis

Felix Nussbaum et Felka Platek sont déportés à partir du camp de Malines le 31 juillet 1944 à Auschwitz.

 - "Les Camps du Nord- Pas de Calais, les rafles et les déportations", conférence de Danièle Delmaire,

professeur à l’université de Lille III

L’intervention de Danièle Delmaire (de gauche à droite, Nathan Ramet, D. Delmaire, Eva Fastag )

Dans le Nord - Pas de Calais, dès 1940, les juifs de la côte sont évacués à Troyes en tant que " personnes dangereuses face à la menace anglaise ".
A Lens, dans les corons les juifs qui ont suivi les Polonais ont du mal à s’intégrer. La rafle du 11 septembre 1942 a été très efficace car ce sont des juifs étrangers [1]. Ils sont déportés à la caserne Dossin à Malines où ils restent trois jours.
Des infirmières protestantes sont venues chercher les enfants qui ont été dispersés dans les fermes du Cambrésis.
A la gare de Fives-Hellemmes, (Lille) des dizaines de juifs ont réussi à sortir du train grâce à la complicité des cheminots et ont trouvé à se cacher dans la population protestante du Cambrésis.

En 1942, le Reich se sent menacé. Au camp de Dannes–Camiers, des juifs sont rassemblés pour travailler à "protéger l’Europe des Anglais" dans l’organisation Todt.
Le camp des îles d’Aurigny est évacué vers les camps du Boulonnais. Ils sont utilisés au déblaiement des routes et voies ferrées.
Mais les travailleurs sont déportés, la solution finale l’emporte sur la défense du Reich.

 - Témoignages sur les camps de Belgique et du Nord de la France, par Nathan Ramet, Lili Rosenberg-Leignel, Eva Fastag.

Nathan Ramet, né à Varsovie, a étudié à Anvers. Il a dû quitter l’école et porter l’étoile. Il a été déporté à Malines avec son père, sur convocation. Il connaît divers camps de Haute Silésie, annexes d’Auschwitz : Babice, Trezbinia. Après avoir reçu des coups, son père meurt. A Birkenau, lors d’une sélection, il est séparé de son oncle. Il participe au déblaiement du ghetto de Varsovie pour récupérer des briques, puis aux marches de la mort et a été libéré par les Américains.

Eva Fastag, de Varsovie est venue à Anvers avec sa famille pour organiser leur départ vers l’Amérique, mais la famille est coincée par les lois d’arianisation des entreprises et ne peut travailler. Polyglotte, elle trouve des petits boulots, mais un soir, elle est prise dans une rafle, passe par Breendonck et la caserne Dossin de Malines. Elle sert de secrétaire pour enregistrer les juifs qui sont convoqués pour les "camps de travail", et si elle ne parle pas allemand elle reçoit des coups.

Lili Rosenberg, dont les parents originaires de Hongrie se sont installés à Roubaix, est arrêtée en 1943, avec sa famille, par la Feldgendarmerie, ( police militaire motorisée allemande). Elle est amenée à la prison de Loos, puis à Saint Gilles, près de Bruxelles, à Malines, puis déportée à Ravensbrück et Bergen-Belsen.

Lili Rosenberg, photo N.M.

"Après une « douche salutaire », rasage des têtes, épouillage, fouille, nous nous retrouvâmes bientôt méconnaissables, tous nus et horribles avec nos vilaines têtes rasées. Puis nous reçûmes chacun, une robe rayée gris et bleu, un fichu appelé « Kopftuch » avec sur la pointe les trois lettres : F.K.L. signifiant Camp de concentration pour Femmes, ainsi que nos matricules : André : 25610, Robert : 25611, Lili : 25612, Maman : 25613.

Les trois enfants [2], puis la mère sauvée du typhus, sont revenus à Roubaix, où difficilement ils ont réappris à vivre. Le père a été mitraillé quelques jours avant la libération de Buchenwald.
voir aussi
Les responsabilités du commandement militaire allemand dans les déportations depuis le Nord de la France

Pour aller plus loin :
KROUCK Bernard, La mission de Victor Martin, un résistant sorti de l’oubli, Les Eperonniers, Bruxelles, 1995
GRONOWSKI Simon, Simon, le petit évadé - l’enfant du 20e convoi, éditions Luc Pire, 2005
ROSENBERG André, Les enfants dans la Shoah, éd. de Paris - Max Chaleil. 2013
STEINBERG Maxime, L’étoile et le fusil, la question Juive, 1940-1942, Vie Ouvrière, Bruxelles, 1986. L’étoile et le fusil, la traque des juifs, 1942-1944, L’étoile et le fusil, 1942. Les cent jours de la déportation des juifs de Belgique, Vie Ouvrière, Bruxelles, 1984.
STEINBERG Maxime, Les yeux du témoin et le regard du borgne, L’Histoire face au révisionnisme, CERF, Paris 1990.
DELMAIRE Danièle, Les camps des juifs dans le Nord de la France (1942-1944), dans Memor, n.8, oct. 1989.
ZALC Claire et MARIOT Nicolas, Face à la persécution 991 Juifs dans la guerre, Odile Jacob-FMS, 2010
Tsafon, revue d’études juives du Nord, N° 9-10, 1992
- Musée juif de la Déportation et de la Résistance (Caserne Dossin - Malines) dont Nathan Ramey est président : http://www.cicb.be/

- Camp de Breendonk :http://www.breendonk.be/
http://www.jewishgen.org/ForgottenCamps/Camps/BreendEng.html

- Camp de Dannes-Camiers : http://www.dannes-camiers.org/fr/

- Camp d’Auschwitz : http://www.auschwitz-muzeum.oswiecim.pl/

Modus opérandi, l’holocauste belge, documentaire de Hugues Lanneau sur la Shoah en Belgique.
"De 1942 à 1944, 24 916 Juifs, hommes, femmes et enfants, ont été déportés de Belgique vers Auschwitz. Seuls 1206 d’entre eux en sont revenus."
Le site du film :
http://film-modusoperandi.be/

  Spoliations des biens juifs et tsiganes

Journée d’étude - Mercredi 12 octobre 2011 à Bondues
« Spoliations des biens juifs et tsiganes dans la zone rattachée et Belgique pendant la Seconde guerre mondiale »
De 9h à 18h au Musée de la Résistance de Bondues
Intervenants : Tal Bruttmann, Danielle Delmaire, Jean-Baptiste Gardon, Monique Heddebaut, Marie-Josèphe Lussien-Maisonneuve, Nicolas Mariot, Laurence Schram, Jean-Philippe Schreiber, Claire Zalc et des membres de familles spoliées.
Musée de la résistance de Bondues
16, place de l’Abbé Bonpain
59910 BONDUES
Tel. : 03 20 28 88 32
Fax : 03 20 25 94 95
Courriel : hpriego@mairie-bondues.fr
programme :
http://www.ville-bondues.fr/musee/SPOLIATION_JOURNEE_ETUDE.pdf

Divers documents belges :
http://www.cegesoma.be/docs/Invent/digarclist_nl.htm

Nicole Mullier, 14/01/2001, août 2015-Janv2017

[1Les 991 Juifs de Lens, film de Carine Mournaud

[2Cf. Marie Jo Chombart de Lauwe


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