Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Martha Desrumaux

antimilitariste, anticolonialiste, antifasciste.
lundi 15 mars 2021

« Martha Desrumaux, ouvrière du Nord, syndicaliste, militante communiste, résistante, déportée à Ravensbrück en 1942, parlementaire à son retour, féministe... »

Martha Desrumaux, née en 1897 dans une famille pauvre, à Comines dans le Nord de la France et morte en 1982 à Evenos (Var).

Domestique à 9 ans, ouvrière du textile dans une usine de lin à 10 ans, syndiquée à la CGT à 13 ans, pendant la Première guerre mondiale elle est évacuée à Lyon. Elle travaille dans les usines textiles Hassebroucq [1], elle oeuvre pour l’ augmentation de salaire pour les ouvrières et à la reconnaissance de la pénibilité du travail pour des mineures de Comines.
Elle adhère au PC en 1921.
Martha Desrumaux est la première femme élue au comité central du Parti communiste français en 1927. Elle fait le voyage à Moscou où elle rencontre Clara Zetkin [2], pour le 10 ème anniversaire de la Révolution soviétique.

Martha Desrumaux accompagne la Marche de la faim des chômeurs en décembre 1933, de Lille à Saint-Denis.
Elle participe avec Léon Jouhaux et Léon Blum aux victoires du Front populaire.
En 1936, elle est déléguée pour négocier les accords de Matignon.
En 1936, Jean Renoir lui fait jouer son propre rôle dans le film La vie est à nous.
« Femmes de France, épouses, mères, fiancées, qui rêvez d’un avenir meilleur, aidez-nous à le réaliser… »

Une meneuse d’hommes
Martha Desrumaux, dirigeante régionale du parti communiste, a dû s’installer en Belgique quand le parti a été interdit après la signature du pacte germano-soviétique en août 1939. Elle organise le parti communiste clandestin. En août 1940, Martha Desrumaux, dirigeante du PCF, réunit clandestinement plusieurs responsables communistes dans le Douaisis. Elle participe à la grève des mineurs de 1941. Figure de la résistance, elle est arrêtée par la Gestapo le 26 août 1941 à Lille. Mise au secret à la prison de Loos, elle est transférée dans diverses prisons allemandes, Cologne, Hambourg... puis déportée en mars 1942 au camp de Ravensbrück où elle exerce sa solidarité avec Geneviève de Gaulle, Germaine Tillion et Marie-Claude Vaillant-Couturier. Elle est affectée dans l’atelier de couture où elle sabote son travail.
Elle est rapatriée par la Croix-Rouge suédoise en avril 1945.

Elle est nommée déléguée à l’Assemblée consultative en 1945, au titre des représentants des prisonniers et déportés, au côté de quinze autres femmes.
Elle a des responsabilités à la FNDIRP.

Martha Desrumaux, féministe, syndicaliste, résistante, rescapée de Ravensbrück, élue communiste.

Une ouvrière au Panthéon ?
https://information.tv5monde.com/terriennes/pantheon-qui-peur-de-martha-desrumaux-215823

Liliane-Lili Rosenberg-Leignel

Martha Desrumaux. Une femme du Nord

Pierre OUTTERYCK, Martha Desrumaux. Une femme du Nord, ouvrière, syndicaliste, déportée, féministe, Lille, Le Geai Bleu éditions, 2006.
Catherine LACOUR-ASTOL, Le genre dans la Résistance. La Résistance féminine dans le Nord de la France, Presses de Sciences Po., 2015.

Le Souffle de Martha, de François PERLIER, 2021
https://www.telerama.fr/ecrans/resistante-feministe-il-est-tres-etonnant-que-martha-desrumaux-ne-soit-pas-davantage-connue-6827547.php

« l’Internationale communiste, dans sa directive du 26 avril 1941, modifie ses objectifs pour les partis communistes : ils doivent renoncer à l’idée de »guerre impérialiste« et faire de la »libération nationale" la principale priorité de leur action.
in
https://www.cheminsdememoire.gouv.fr/fr/revue/1941-resister-sorganiser Cécile VAST

NM

[1des frères Ernest et Georges Hassebroucq, filetiers de Comines, repliés à Lyon.

[2« Je veux me battre partout où il y a de la vie », Clara Zetkin, édition Hors d’atteinte, 2021. Elle a inventé la Journée internationale des droits des femmes, célébrée le 8 mars.
https://www.lemonde.fr/livres/article/2021/03/19/je-veux-me-battre-partout-ou-il-y-a-de-la-vie-clara-zetkin-une-feministe-pour-aujourd-hui_6073727_3260.html