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Rue des pâquerettes, Mehdi Charef, éd. Hors d’atteinte, 2019 - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Rue des pâquerettes, Mehdi Charef, éd. Hors d’atteinte, 2019

par l’auteur du Thé au harem d’Archi Ahmed
mercredi 16 janvier 2019

Dans "Rue des Pâquerettes", Mehdi Charef, né à Maghnia en Algérie, revient sur son arrivée en France en 1962. Il a 10 ans.
Dimanche 10 février, 14h30-15h45, Salle Lacoste, Café littéraire au MODEL, Hôtel de ville de Paris

  Sommaire  
Rue des pâquerettes, Mehdi Charef

Dès l’amorce du livre, Mehdi Charef rend hommage à son instituteur de la classe de rattrapage de l’école des Pâquerettes qui a repéré tout de suite l’amour des mots, de la lecture et de l’écriture chez ce gamin qui n’a eu qu’une année d’école en Algérie.
« Votre père est terrassier, c’est un dur métier de creuser, de creuser dans le bitume ! Avec le certificat d’études et le brevet ensuite, vous échapperez aux chantiers. Vous serez mieux en usine. » lui promet le directeur.

« Paris, la France, nous y sommes. Sans novembre au-dessus de nos yeux, la capitale aurait pu être plus belle. Les gens se dépêchent, les voitures klaxonnent, les cinémas laissent rêveurs et il y a des Français partout, partout, des femmes françaises, des hommes français. Pour moi qui en avais peur en Algérie, qui les craignais parce qu’ils en avaient fait leur pays. »

Mais direction Nanterre vers un village fantôme de baraques et de boue, avec ses rats, l’absence d’eau courante, la crainte des incendies, les pompiers qui détruisent à la hache les baraques non autorisées. Avec l’arrivée des familles, les bidonvilles, avec ceux des « célibataires » et ceux des familles, ça arrange tout le monde.

Mehdi Charef navigue entre les deux rives, les souvenirs de Maghnia, idéalisés ou tragiques du fait de la colonisation, de la faim, de la guerre sans nom et la vie au bidonville. Racisme et humiliation. Les soldats français rassemblent femmes, enfants et vieux, au soleil sur la place du village, ôtent les voiles des femmes, enlèvent les filles. Les hommes sont soit au maquis, soit à Nanterre. Les soldats cognent à coup de crosses de fusil. Dans le bar du bidonville des « célibataires », il regarde le feuilleton Janique Aimée, observe les clients qui boivent de la bière ou du Ricard, fument, jouent aux dominos. En allant chercher des vêtements donnés par une bienfaitrice, il retrouve une camarade de classe, Simone, née en Algérie, dont la famille a fui la France à cause des Allemands. Les juifs ont appris l’arabe pour être acceptés par l’indigène, dit-elle, les juifs voulaient partager la terre avec vous mais les colons voulaient tout pour eux, pour que vous restiez des indigènes.

Lors d’une fête de l’Aïd, il découvre que des musulmans il y en a des Noirs, des Indiens, des Pakistanais, des Français blancs, outre ceux de sa classe qui parlent divers arabes, des Chleuhs, Chaouis, berbères, soufis, tunisiens, marocains, un vrai melting pot d’accents …

Le père, ancien berger, rêve du retour avec ses enfants instruits qui se feront une place. La mère, malgré sa « maladie de la tristesse », très digne, est un réconfort. Intègre-toi ou crève. L’enfant a la rage. La vengeance passera par l’écriture, Mehdi collectionne les mots. La langue fuit au profit de celle du colon. Le maître éduque sa classe en lui lisant Les Misérables de Victor Hugo et inculque à ses élèves que la vie est belle : « Vous avez toute la vie pour réveiller le merveilleux qu’il y a en vous. »

Ce livre, émouvant et fort, nous amène à réfléchir sur le passé colonial de la France, l’accueil qui a été fait aux travailleurs et à leur famille, à la constitution de zones à problèmes dans les banlieues abandonnées, sur le racisme.

De nombreux thèmes se prêtent à une étude en classe, pour différents niveaux.
Mehdi Charef a écrit des pages qui sont des petites merveilles à étudier en cours de français.

CHAREF Mehdi, Le Thé au harem d’Archi Ahmed, Mercure de France, 1983
CHAREF Mehdi, Le Harki de Meriem, Mercure de France, 1989 [réédition Agone, 2016]
CHAREF Mehdi, Rue des pâquerettes, éd. Hors d’atteinte, 2019, 252 p.

http://www.horsdatteinte.org/produit/rue-des-paquerettes-2/#tab-en-savoir-plus

https://journals.openedition.org/hommesmigrations/1077

Octobre à Paris - 17 octobre 1961
L’année de l’Algérie au Lycée Edgar Quinet
« Nous voulions que cet ouvrage soit le premier à être publié par notre nouvelle maison d’édition. » (Hors d’atteinte)
http://clioweb.canalblog.com/archives/2019/01/18/37026262.html
N.M.

La migration est aussi une affaire de langues :
http://www.aplv-languesmodernes.org/spip.php?article7355

 Médiapart

"Rencontre poignante avec Mehdi Charef, auteur de Rue des pâquerettes (éd. Hors d’atteinte), livre de souvenirs vivaces sur son arrivée, en 1962, dans une baraque des bidonvilles de Nanterre. Entre violence symbolique et tendresse inaliénable"
https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/100219/mehdi-charef-sans-terre-nanterre

Vidéo en libre accès :
https://www.youtube.com/watch?v=PLCgSBTiTVU&feature=youtu.be

 MODEL

Un excellent article sur Mehdi Charef et le bidonville de Nanterre  :
https://www.franceculture.fr/histoire/le-bidonville-de-nanterre-a-hauteur-denfant-bienvenue-rue-des-paquerettes

Monique HERVO, Chroniques du bidonville - Nanterre en guerre d’Algérie. 1959-1962, préface de François Maspero, Seuil, 2001, 261 p.
rééd., Nanterre en guerre d’Algérie, chroniques du bidonville, 1959-1962, Actes Sud, 2012, 256 p.