Warning: file_get_contents(/proc/loadavg) [function.file-get-contents]: failed to open stream: Permission denied in /home/www/cercleshoah/www/config/ecran_securite.php on line 580
Erna de Vries, 'demi-juive', déportée à Auschwitz : "Tu dois raconter" - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Erna de Vries, ’demi-juive’, déportée à Auschwitz : "Tu dois raconter"

vendredi 19 avril 2019

"Demi-juive", Erna Korn pouvait échapper à la déportation, mais elle n’a pas voulu abandonner sa mère. "Tu dois survivre et raconter", lui a dit sa mère à Auschwitz.

„Du wirst überleben. Du wirst davon erzählen, was man uns angetan hat“
(Tu raconteras ce qu’on nous a fait).

Une enfance juive

De mère juive et de père protestant, Erna de Vries, née Korn, est née en 1923 à Kaiserslautern. Son père est mort en 1930.

Erna raconte comment ses connaissances et ses voisins se détournent d’elle, comment ses amis ne jouent plus avec elle, le prénom Sarah écrit sur ses papiers, comment elle a dû changer d’école et aller dans une école pour juifs, alors qu’elle voulait devenir médecin, comment les gens dans la rue lui crachent dessus, et crient "juif dehors, va rejoindre la racaille", „Du Jude !“.

Erna Korn Mischling, ne doit pas être exterminée, elle devrait aller dans un camp de travail. Elle a 19 ans. Un fonctionnaire lui dit que sa mère doit être déportée à Auschwitz. Elle sait ce que cela signifie car elle a entendu à la BBC parler de camp d’extermination. Elle ne veut pas abandonner sa mère. Elles sont d’abord emprisonnées à Sarrebrück, la Gestapo insiste, mais elle ne veut pas être séparée de sa mère. puis elles sont déportées à Auschwitz en 1943.
Après quatre semaines de quarantaine où elles sont nourries d’épluchures de pommes de terre et d’herbes cuites, elles travaillent à la pisciculture (Fischzuchtbetrieb) du camp annexe d’Auschwitz à Harmense.

Lors d’une Selektion, Erna est envoyée dans le Block 25, avec d’autres femmes qui doivent être gazées. Elle veut voir une dernière fois le soleil [1] en se disant qu’alors, il ne lui arrivera rien ; le soleil est là et son numéro est appelé.
En tant que "demi-juive" premier degré, jüdischer Mischling ersten Grades elle ne doit pas aller à la chambre à gaz. Sa mère se réjouit en la voyant sortir du Block 25 et lui dit en l’embrassant "Du wirst überleben, und du wirst erzählen, was man mit uns gemacht hat."( Tu dois survivre et tu dois raconter ce qu’on nous a fait.) Elle meurt le 8 novembre 1943.
Erna est transférée à Ravensbrück pour travailler en usine chez Siemens.

"Bientôt c’est terminé" lui dit une surveillante. Mais en février 1945, une chambre à gaz est installée à Ravensbrück pour éliminer toutes les femmes malades, incapables de travailler.
Puis le 27 avril 1945, c’est l’évacuation du camp, les Marches de la Mort. Avec trois amies à moitié mortes, Erna est libérée par les Alliés dans le Mecklenburg.

À Cologne, elle rencontre Josef de Vries, qui a connu les camps de 1939 à 1945, de Neuengamme, Sachsenhausen et Auschwitz-Birkenau. Ils s’installent à Lathen, en pays de l’Ems, Basse-Saxe, le pays de son mari où elle vit encore aujourd’hui.

Erna de Vries raconte aux jeunes son histoire de survivante. Plusieurs écoles et lycées portent son nom.

Source : Frankfurter Allgemeine Zeitung, 14 avril 2019

http://www.projektzeitlupe.de/de/ernadevries/lebenslauf/kaiserslautern/

Gabi FISCHER, Marianne WALTHER und Birte WEISS, Erna de Vries : Der Auftrag meiner Mutter. Eine Überlebende der Shoah erzählt, Metropol Verlag, Berlin 2011

[1Ich wollte noch einmal die Sonne sehen.“