Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Stalag III D, Camp de prisonniers de guerre, Berlin Lichterfelde

dimanche 26 juillet 2020

Une initiative citoyenne veut préserver le souvenir de ce camp de prisonniers de guerre contre un grand projet de construction à Berlin Lichterfelde.

Stalag III D

En 1938, la direction des bâtiments de la Reichsbahn avait installé un camp pour 1400 travailleurs allemands des Sudètes à l’angle de la Osdorfer Straße et du Landweg.

Baraque, Stalag III D, photo U Schmoll

En 1939, la Wehrmacht loue une partie du site et y accueille 2600 prisonniers de guerre, d’abord des Polonais, puis des Français en 1940. À partir du 14 août 1940, le camp est devenu camp principal de prisonniers de guerre avec dix grandes baraques et a reçu le nom de Stalag III D [1]. De là, les prisonniers de guerre étaient répartis dans des détachements de travail pour la construction d’abris antiaériens et pour l’industrie de l’armement, et dans des petites entreprises des environs.

Carte de Travail
Dos de la fiche

Le travail des prisonniers simples soldats n’est pas interdit par les conventions internationales s’ils n’ont aucun rapport direct avec des activités touchant à la guerre.

En janvier 1941, 18.160 des 18.172 détenus venaient de France. Plus tard, des Britanniques, des Serbes, des Soviétiques et des Italiens furent également internés. En octobre 1944, il y avait près de 29 000 prisonniers.

Plus de 18 000 prisonniers de guerre étaient Français.
On raconte que le fiancé d’Andrée Bigard, secrétaire d’Edith Piaf, a été interné au Stalag III D. La secrétaire aurait incité Piaf à donner un concert pour les prisonniers de guerre pour être photographiée avec son fiancé et d’autres personnes. Ces photos auraient servi à faire des faux papiers.

Intérieur

Dans le cadre de la journée portes ouvertes des monuments, une visite guidée d’une partie du terrain (et avec vue sur les bâtiments) du camp de prisonniers de guerre Stalag III D qui existe depuis 1939 a été organisée en 2019.
Une initiative citoyenne veut préserver le souvenir de ce camp contre un grand projet de construction.
Plusieurs sous-camps ont été annexés au Stalag III D. C’est un cas inhabituel d’un camp principal de prisonniers de guerre dans une grande ville allemande.
„Es soll ein öffentlicher Gedenk- und Lernort erhalten bleiben.“(Un lieu public de mémoire et d’apprentissage doit être conservé.)

Initiative KZ-Außenlager Lichterfelde e.V.
Email : vorsitzender@ikz-lichterfelde.de

Est-ce que quelqu’un en France s’intéresse à ce lieu où on été internés tant de prisonniers de guerre français ?

Ulrich Schmoll, correspondant du Cercle d’étude à Berlin.


Mémoires de Berlin par Etienne François
Jacques PERRET, Le Caporal épinglé, Gallimard, 1947
Liste des prisonniers de guerre français :
https://gallica.bnf.fr/ark :/12148/bpt6k57440691.texteImage

[1Les sous-officiers et les soldats sont internés dans des Stalags : Stammlager