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Le camp de Rivesaltes, une mémoire plurielle - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Le camp de Rivesaltes, une mémoire plurielle

Des camps de Rivesaltes.
lundi 13 mai 2019

Camp pour indésirables, républicains espagnols, tsiganes, juifs, collaborateurs, prisonniers de guerre, nationalistes algériens, harkis, étrangers sans papiers.

Rivesaltes, 2 mai 2019.
Camp de Rivesaltes

1939 - 2019 80 ème anniversaire de la Retirada, exposition et
19 juillet 2019 : Journée spéciale : de l’aube au crépuscule
04h45 : lever de soleil
Lecture en plein air d’extraits choisis de Pour qui sonne le glas d’Ernest Hemingway par Judith Henry. etc.

Le 12 novembre 1938 : un décret loi de la III ème République permet d’interner « les indésirables étrangers » dans des centres spéciaux.

  • Le camp militaire Joffre un camp pour les "Indigènes coloniaux", 600 ha, 19 îlots. Un bataillon de Sénégalais y est caserné.

En février 1939, on observe un afflux de réfugiés espagnols. Avec la défaite, l’armistice. en mai 1940 : 12 000 hommes y ont internés.

1- Un centre d’hébergement pour indésirables, espagnols, juifs, tsiganes d’Alsace et Lorraine pour Vichy, décidé en décembre 1940. Le 10 décembre 1940, l’armée cède une partie du site du camp pour y installer un camp d’internement sur 7 îlots de 42 ha.
Le camp est enchantier permanent. Le réseau d’égout n’est pas achevé.

14 janvier 1941 : arrivée des premiers internés, avec des réfugiés espagnols, des juifs étrangers, des Tsiganes.

  • Les Républicains espagnols arrivent des plages d’Argelès-sur-Mer et de Saint-Cyprien.
    Le camp est peuplé surtout de femmes et d’enfants, des vieux. Les hommes sont recrutés dans les CTE, compagnies de travailleurs étrangers. Après la défaite, les hommes prisonniers sont envoyés dans les camps du Reich, en particulier à Mauthausen. D’autres sont affectés aux GTE groupements de travailleurs étrangers.
  • Des Juifs "en surnombre dans l’économie nationale", janvier 1941-juillet 1942 sont internés à Rivesaltes. Ils arrivent d’autres camps comme les juifs du Pays de Bade internés à Gurs, des juifs réfugiés, des juifs belges, de Brens, Agde, Argeles, des juifs qui ont franchi la ligne de démarcation.

Avec la Rafle d’août 1942 en zone dite "libre", le camp de Rivesaltes devient un camp de regroupement de juifs, un camp de transit, "le Drancy de la zone non occupée" écrit Serge Klarsfeld.
En septembre - oct, en 9 convois, 2300 juifs partent pour Drancy dont 110 enfants.
De nombreux enfants ont été sortis du camp par des organisations de secours. L’OSE, la Cimade, les Quakers, le Secours Suisseaux enfants, l’YMCA, l’HICEM, le CAR, le JOINT, le Comité de Nîmes, la Croix rouge suisse, aident les internés.

  • Des Tsiganes expulsés d’Alsace et Lorraine août 1939 1941-42 :
    Août 1939, 1300 personnes. Des gitans, des Francais, Expulsés, forains ou nomades, sans revenus, ne pouvant exercer leur métier, ne pouvant se déplacer.

Au printemps 1942 : 16 nationalités dans le camp. Les femmes et les enfants composent les 2/3 des internés. Des anciens officiers en congé à cause de l’armistice, administrent le camp sous l’autorité du ministère de l’intérieur.
Les lieux sont sinistres, les logements indignes, les sources sont à côté des WC.
Le Canigou est couvert de neige. Des bourrasques de vent froid, la tramontane, assaillent les internés et propagent des matières fécales à travers le camp. Les étés sont chauds. Les internés souffrent de la faim, de la dysenterie, de la typhoïde, du paludisme, de traumatismes, de la tuberculose, des poux, des rats, les nourrissons meurent.

Des lettres sont passées par la censure :
"La vie ici est impossible."
"Ici nous avons très faim."
"Nous sommes nus et déchaussés."

- En novembre 1942, les Allemands arrivent à Rivesaltes. Le camp pour indésirables est liquidé. Un bataillon s’installe dans le camp-caserne de la Wehrmacht.

2- Un centre de séjour surveillé après la Libération des Pyrénées orientales, pour des suspects de collaboration du régime de Vichy.

3- un dépôt de prisonniers de guerre allemands et autrichiens, 7 novembre 1944, 10 000 prisonniers avec ceux remis par les Américains ( décès des sous-nourris et de dysenterie.)

4 - Avec la guerre d’Algérie un camp militaire pour les troupes,
puis un centre pénitentiaire pour 5 00 nationalistes algériens.

5- 1962-1977 Un camp de transit et d’habitation pour les harkis, "population potentiellement dangereuse" jusqu’à 10 000 personnes, sous les tentes ou dans les baraques du camp. "Une situation indigne de la France" pour le général Olié.
Les enfants constituent la moitié du camp.
Camp militaire pour coloniaux : des Guinéens 1964-1966, des Vietnamiens.

Latrines

6- Un centre de rétention administrative 1986-2007
Des immigrés en situation irrégulière.

Plus de 50 000 personnes sont passées par ce camp.

La Retirada, exil des Républicains espagnols, Argelès, Saint Cyprien
Maternité d’Elne, château d’En Bardou

Baraques et entrée du Mémorial

Un Mémorial

Mémorial du camp de Rivesaltes

Une longue lutte pour ce camp chargé d’histoire.

D’anciens internés cherchent à créer un musée de l’internement. D’autres cherchent à effacer la mémoire du camp d’internement. En 1997, des archives du camp sont retrouvés dans une décharge à Perpignan.

Les Pyrénées orientales ont racheté l’îlot F en 2005 pour en faire un Mémorial, "un lieu de mémoire et d’histoire".
Avenue Christian Bourquin, 66 600 Salses le Château, un long tunnel d’un bâtiment en béton ocre, s’enfonce sous l’ancienne place d’appel, conçu par l’architecte Rudy Ricciotti. Denis Peschanski est président du conseil scientifique de ce Mémorial où toutes les mémoires de ce camp sont représentées.

Médiagraphie
http://www.memorialcamprivesaltes.eu/
Le Mémorial du camp de Rivesaltes, "Beaux-arts" éditions, 2015, 42 p.

Les camps français d’internement de la zone sud
BOHNY-REITER Friedel, Journal de Rivesaltes 1941-1942, traduit de l’allemand par Michèle Fleury-Seegmüller, Éditions Zoé, Carouge-Genève, 1993
CHARBIT Tom, Les harkis, La Découverte, 2006
GRYNBERG Anne, Les camps de la honte : les internés juifs des camps français, 1939 - 1944, Paris, La découverte, 1991
HAMOUMOU Mohand, Les Français musulmans rapatriés : archéologie du silence, 1989
HUBERT Marie-Christine, Les Tsiganes en France 1939-1946. Assignation à résidence, Internement, Déportation, 4 Tomes, Thèse de Doctorat, Université Paris-X-Nanterre, Décembre 1997
KLEIN-LIEBER LILIANE, Journal de Rivesaltes, Zoé, 1993
LEBOURG Nicolas, MOUMEN Abderahmen, Rivesaltes, le camp de la France de 1939 à nos jours, préface de Philippe Joutard, éditions Trabucaire, février 2015,
PESCHANSKI Denis, La France des camps. L’internement, 1938-1946, Paris, Gallimard, 2002, 555 p.
PESCHANSKI Denis, Les Tsiganes en France, 1939-1946, Contrôle et exclusion, avec la collaboration de Marie-Christine Hubert et Emmanuel Philippon, CNRS Editions, 1994, rééd. 2010
STADTARCHIV KARLSRUHE (Hg.), Paul Niedermann, Briefe einer badisch-jüdischen Familieaus französischen Internierungslagern, Lettres d’une famille juive du Pays de Bade internée dans les camps en France, bilingue, 544 p. (Paul Niederman : Rivesaltes, Maison d’Izieu, Suisse.)

Exposition Paul Senn, Rivesaltes

Journal de Rivesaltes, 1941-1942, film documentaire de Jacqueline Veuve, Suisse, 1997, 77 min, d’après le Journal de Friedel Bohny- Reiter, infirmière du Secours Suisse aux Enfants, dans le camp d’internés de Rivesaltes.
La France des camps, documentaire de Denis Peschanski réalisé par Jorge Amat, 85 min, 2009
L’internement des Tsiganes en France 1940-1946, la mémoire et l’oubli

NM