Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

ARDITI Pierre

dimanche 11 avril 2021

ARDITI Pierre, 19 ans en 1944

Pierre Arditi est né le 3 mai 1925 à Paris dans le 14ème arrondissement. Né en France, il était donc Français. Il était le fils de Judith Barki et de Jacques Arditi. Étudiant célibataire, il habitait Paris : on trouve deux adresses selon les sources, Rue Coulaincourt dans le 13ème arrondissement ou à Clichy 6 rue Villeneuve, peut-être l’adresse de ses parents et la sienne.

En 1944, il quitte Paris avec sa mère. Ils se réfugient en Savoie. Ils sont alors à Fontenex près de Chambéry où ils habitent au 88 rue Michel-Ange . Ils devaient penser être plus en sécurité dans cette zone d’occupation italienne, mais en septembre 1943 les Allemands prennent le contrôle de la région après la capitulation de l’Italie. Le 24 mai 1944, peu avant la libération de cette région, Pierre Arditi est arrêté par la Wehrmacht qui fait une perquisition dans les villages alentour, à la recherche d’armes. Ils ne trouvent rien, mais emmènent Pierre. Il est interné à Chambéry, puis à Drancy où il entre le 6 juin avec une vingtaine de Juifs arrêtés dans la région. La fiche du carnet de fouille de Pierre Arditi dit qu’il remet au chef de la police du camp la somme symbolique de 53 francs, puisque chaque interné devait remettre argent et objets de valeur à son arrivée à Drancy.

Le 30 juin, il est conduit à la gare de Bobigny avec 1153 internés destinés à être déportés vers le centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau. C’est le 76ème convoi de déportés juifs parti de Drancy. Le voyage qui dure quatre jours est particulièrement insupportable du fait de la chaleur de l’été. Le 4 juillet, le convoi entre à l’intérieur du camp de Birkenau sur la « rampe d’Auschwitz » où a lieu la sélection. Selon les travaux de Serge Klarsfeld 398 hommes sur 654 sont déclarés « aptes » au travail et entrent dans le camp. Ce sont généralement les plus jeunes. Le nombre de déportés désignés pour ce travail d’esclave, plus de la moitié, est beaucoup plus élevé que celui des transports précédents car Les camps deviennent, en 1944, un vivier de travailleurs pour l’industrie de guerre. L’autre moitié du convoi, les malades et les enfants, dits « inaptes » au travail, sont gazés dès l’arrivée.

Pierre Arditi, âgé de 19 ans, rentre au camp d’Auschwitz III situé à une dizaine de kilomètres d’Auschwitz près du village de Monowitz. Y était installée l’usine surnommée « Buna », d’IG Farben-Industrie destinée à fabriquer du caoutchouc synthétique. Son matricule est A-16549.

Je n’ai pas trouvé Pierre Arditi sur la liste des déportés venant d’Auschwitz et arrivés à Buchenwald le 26 janvier 1945, mais selon les archives du Musée d’Auschwitz il est noté comme étant décédé dans un train venant d’Auschwitz et entrant au camp de Buchenwald le 28 Janvier 1945. Il a donc fait partie des 250 à 300 déportés du convoi 76 évacués du camp de Monovitz le 18 janvier 1945 ; il a effectué la première marche de la mort , une marche de 60 kilomètres sur des routes enneigées , en plein hiver, jusqu’à la ville de Gleiwitz, un Kommando du camp d’Auschwitz. Aux alentours du 20 janvier, il s’est trouvé parmi les 2451 déportés entassés dans des wagons à charbon que les hommes rentrés dénommaient « wagons découverts », car sans toit, donc ouverts à tous les vents, à la neige et au froid, sans recevoir de nourriture et est décédé durant ce trajet qui reste dans la mémoire des déportés survivants la pire épreuve qu’ils aient vécu.

DAVCC Caen AC21P 418829- Mémorial de la Shoah-Archives du Musée d’Auschwitz

Chantal Dosssin

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