Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Famille BENYACAR

jeudi 2 décembre 2021

Famille BENYACAR, Héléne, 30 ans, Sadia, 31 ans et Michel, 5 ans, des trois aucun n’a survécu

Hélène Benyacar est née le 26 juin 1914 à l’hôpital Rotschild à Paris, son mari Sadia Benyacar, était né le 18 avril 1913 à Aydin, en Turquie, et Michel, leur fils, est né le 13 septembre 1937 à Paris. Les parents d’Hélène Schochet étaient d’origine russe. Ils avaient quitté la Russie en 1905, chassés par les pogroms et s’étaient réfugiés en France, un pays où les Juifs se pensaient protégés. La mère de Sadia Benyacar, est venue en France avec ses enfants en 1926 rejoindre la famille de son frère, Maurice Bensignor. Sadia Benyacar et Hélène se sont donc connus et mariés entre 1926 et 1936. Ils habitaient à Paris au 75, boulevard de Grenelle dans le 15ème arrondissement. Avec l’Occupation et les premières lois anti-juives, la vie à Paris devient difficile. La famille Benyacar se réfugie donc à Ille-sur-Têt, près de Perpignan, dans les Pyrénées Orientales. Ils habitent rue Victor Hugo.

Sadia Benyacar est en relation avec l’Armée secrète et les FTPF et transporte tracts et journaux clandestins. L’arrestation d’un de ses cousins Robert Barouch provoque leur arrestation. Le 6 juin 1944, deux policiers de la Gestapo viennent arrêter à leur domicile Sadia Benyacar et sa famille. Reconnus Juifs, ils sont expédiés dans les cellules de la prison de la Citadelle à Perpignan, puis dirigés le 20 juin sur le camp de Drancy où ils entrent le 22 juin.

La fiche de leur carnet de fouille dit qu’ils remettent au chef de la police du camp la somme de 13110 francs, puisque chaque interné devait remettre argent et objets de valeur à leur arrivée au camp. Le 30 juin, ils sont conduits à la gare de Bobigny avec 1156 internés destinés à être déportés vers le centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau. C’est le 76ème convoi de déportés juifs parti de Drancy.

Le voyage qui dure quatre jours, sous la chaleur torride de l’été, les familles entassées dans des wagons plombés, dût être particulièrement épuisant pour le jeune Michel et pour ses parents. Le 4 juillet, le convoi entre à l’intérieur du camp de Birkenau sur la « rampe d’Auschwitz ». Les travaux de Serge Klarsfeld ont permis d’apprendre que 275 femmes sur 495 ont été gazées dès l’arrivée du convoi. Le plus souvent des femmes jeunes avec leurs enfants qui ne sont donc jamais entrés dans le camp. Ce fut probablement le cas d’Hélène Benyacar et de Michel leur fils âgé de 5 ans, assassinés dans les chambres à gaz de Birkenau. Par ailleurs, 398 hommes sur 654 sont sélectionnés pour travail forcé. Ce sont généralement les plus jeunes. Le nombre de déportés choisis pour ce travail d’esclave, environ la moitié, est beaucoup plus élevé que celui des transports précédents car Les camps deviennent, la dernière année de la guerre, un vivier de travailleurs pour l’industrie de guerre. Ainsi Sadia Benyacar entre au camp d’Auschwitz III situé à une dizaine de kilomètres d’Auschwitz près du village de Monowitz. Y était installée l’usine surnommée « Buna », d’IG Farben-Industrie destinée à fabriquer du caoutchouc synthétique. Il devient le déporté A-16566. Il est dans le « Block » n°8 avec son frère, Moïse Benyacar, qui rapportait que son jeune frère « ne le quittait pas d’une semelle ».

Le 18 janvier 1945, il fait partie des 250 à 300 déportés du convoi 76 évacués du camp de Monovitz. Il effectue la première marche de la mort, une marche de 60 kilomètres sur des routes enneigées, en plein hiver, jusqu’à la ville de Gleiwitz, un Kommando du camp d’Auschwitz. Le 20 ou le 21 janvier, 2451 déportés sont entassés dans des wagons à charbon que les hommes rentrés dénommaient « wagons découverts », car sans toit, donc ouverts à tous les vents, à la neige et au froid, sans recevoir de nourriture. Après six jours de transport, le 26 janvier 1945, il arrive vivant avec 100 hommes du convoi 76 au camp de Buchenwald. Affecté au « Petit camp » surpeuplé de Buchenwald, matricule 122486, il est noté, à son arrivée au camp de Buchenwald comme étant tailleur, Schneider. Selon le témoignage de son frère Moïse, évacué avec lui sur Buchenwald, et selon les archives d’Arolsen, le 15 mars 1945, il est atteint de dysenterie et meurt en quelques heures sans avoir prononcé une parole.
Tous les membres de cette famille ont été assassinés.


Michel Benyacar, quelques années avant sa déportation
Fonds privé

DAVCC Caen AC 21P 4235106 -Mémorial de la Shoah- Entretien avec Moïse Benyacar à Béziers en 2008.

Chantal Dossin

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