Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Georges Mandel, un tout premier résistant méconnu

conférence le 3 décembre 2019 au lycée Buffon
mardi 15 octobre 2019

Georges Mandel est membre des différents gouvernements qui se succèdent dans la France de la IIIe République, avec une parenthèse pendant le Front populaire. Opposé à toute demande d’armistice en juin 1940, il est à bord du Massilia.

Cercle d’étude de la déportation et de la Shoah
avec le soutien de l’Association des Professeurs d’Histoire et Géographie

Un tout premier résistant méconnu, Georges Mandel

Conférence-débat avec

Marcel Wormser, président de la Société des Amis de Georges Clémenceau

Jean-Pierre Rothschild, petit-neveu de Georges Mandel

Mardi 3 décembre 2019 à 14 h

Lycée Buffon
Salle Benoît - 16 boulevard Pasteur - 75015 PARIS
(métro Pasteur ou Sèvres-Lecourbe)

« Collaborateur direct et confident de Georges Clemenceau, il contribua à galvaniser, à ses côtés, de 1914 à 1918, le moral et l’énergie de la Nation. Ministre de l’Intérieur aux heures les plus critiques de 1940, il mena contre les défaitistes et les collaborateurs de l’ennemi le plus courageux et le plus clairvoyant des combats. Se refusant à accepter l’idée de capitulation, il ne tarda pas à être arrêté puis déporté. Remis par les nazis à la Milice, il fut lâchement assassiné le 7 juillet 1944. Par son patriotisme indomptable, Georges Mandel a bien mérité de la Nation. » (Citation à l’ordre de la Nation, juillet 1947)

Charles de Gaulle, Mémoires de guerre – L’Appel : 1940-1942, (t I), éd. Plon, Paris, 1954

« Il est avant tout profondément patriote, se méfie de l’Allemagne, méfiance accrue avec l’arrivée au pouvoir de Hitler dont il dénonce à la Chambre, dès 1933, la politique militariste. Il n’a de cesse durant toutes les années 1930 de prôner une politique de fermeté vis-à-vis de l’Allemagne, ce qui lui vaut d’être dénoncé comme « belliciste » par les Allemands comme par les pacifistes français et l’extrême-droite. »
M. Braunschweig

Journaliste à L’Aurore, le journal de Georges Clemenceau, chef de cabinet de Clemenceau [1] en novembre 1917, élu en 1919 député de la circonscription de Lesparre (Gironde) après plusieurs échecs, puis maire de Soulac, ministre des Postes, Télégraphes et Téléphones entre 1934 et 1936. Il en appelle à l’application stricte du Traité de Versailles [2].
Après la chute du Front populaire, il devient ministre des Colonies, d’avril 1938 à mai 1940. Il était partisan d’une alliance avec l’Union soviétique pour faire face à la menace hitlérienne.
En juin 40 arrestation de Mandel à Bordeaux. Sous la pression du président de la République Lebrun et d’autres, Pétain le fait libérer.
Mandel veut continuer la guerre en Afrique, dans les colonies françaises. Il s’embarque sur le Massilia le 21 juin 40, arrêté au Maroc,il est condamné à la prison à vie au procès de Riom, en 1941. Après plusieurs prisons en France, il est interné au fort du Portalet avec Reynaud, Daladier et Gamelin. Déporté au printemps 1943, au camp d’Oranienburg-Sachsenhausen, il est avec Léon Blum comme otage politique au camp de Buchenwald. Rapatrié à la prison de la Santé, il est livré à la Milice et il est abattu le 7 juillet 1944, en forêt de Fontainebleau.

Une biographie :
http://www2.assemblee-nationale.fr/sycomore/bio/(num_dept)/4952
Les archives, biographie et sources :
https://francearchives.fr/

JEANNENEY Jean-Noël, Georges Mandel, l’homme qu’on attendait, Paris, Seuil, 1991.
VARENNE François, Mon patron, Georges Mandel, Paris, Éd. Défense de la France, 1948.
WORMSER Georges, Georges Mandel, l’homme politique, Paris, Plon, 1967.
SARKOZY Nicolas, Georges Mandel, le moine de la politique, Éditions Grasset, coll. « Littérature », 1994, 336 p.

« Je ne rêve que de vous », Laurent Heynemann, 2019, une libre adaptation du roman de Dominique Missika, Je vous promets de revenir : 1940-1945, le dernier combat de Léon Blum, éditions Robert Laffont, Paris, 2009, 324 p.

  • Aristide Briand
    « La paix, j’y travaille, mais je n’en suis pas le maître. S’il y a la guerre, il faut être prêt. » Aristide Briand.
    La politique d’apaisement de Briand aurait mené à une paix « impossible » en voulant « rendre la guerre hors-la-loi ». Il est mort en 1932.
    BELLON Christophe, Aristide Briand : Parler pour agir, Paris, CNRS Éditions, 2016, 384 p.

Vote des pleins pouvoirs constituants à Philippe Pétain

Robert ARON et Georgette ELGEY, Histoire de Vichy – 1940-1944, Paris, Librairie Arthème Fayard, coll. « Les grandes études contemporaines », 1954, 766 p.

L’assassinat de Georges Mandel

Baba Diallo, chauffeur de Georges Mandel, déporté à Buchenwald

Le piège du Massilia en juin 1940, premières résistances, premiers procès politiques
Jean Zay, assassiné par la Milice

Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah
Maison des Associations du 11e arrondissement,
8, Rue du Général Renault, 75011 Paris

[1Clémencisme : les héritiers de Jaurès deviennent des disciples de Clemenceau, c’est à dire renoncement à la bataille pour la paix au profit de l’acceptation de la force et de la guerre.

[2Les causes de l’échec :
https://www.bonner-rechtsjournal.de/fileadmin/pdf/Artikel/2015_01/BRJ_006_2015_Hillgruber.pdf
catastrophe originelle du XX siècle, c’est catastrophique pour la République de Weimar. https://www.welt.de/geschichte/article196245111/Frieden-1919-Versailles-die-Urkatastrophe-des-20-Jahrhunderts.html
Sebastian Haffner, Gregory Bateson, Der Vertrag von Versailles, Ullstein Verlag, Berlin, 1988
Peter Krüger, Versailles – Deutsche Außenpolitik zwischen Revisionismus und Friedenssicherung, Deutscher Taschenbuch-Verlag, München 1986.
Jörn Leonhard, Der überforderte Frieden. Versailles und die Welt 1918–1923, Verlag C.H. Beck, München 2018