Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Le piège du Massilia en juin 1940, premières résistances, premiers procès politiques

Procès Jean Zay, Pierre Mendes-France
jeudi 6 octobre 2011

Le Massilia : premières résistances , premiers procès politiques
Le piège du Massilia en juin 1940 : La chute de la République à Bordeaux, Le départ sur le Massilia, Le procès Jean Zay et le procès de Pierre Mendes-France.
Journée d’étude de Ciné-histoire, le 14 février 2012 de 9h à 12 et de 14h à 17h à l’Auditorium de l’Hôtel de ville, 5, rue Lobau 75004 PARIS
en partenariat avec La Fondation de la Résistance et le soutien de la Mairie de Paris

ciné-histoire

  Association Ciné-Histoire

8 rue Dupleix, 75015 PARIS
ou par fax : 01 56 58 05 28, ou par courriel : nicoledorra@gmail.com<br

Le Massilia  : premières résistances , premiers procès politiques
Intervenants : Maître Gérard Boulanger Jean Lacouture ou Antoine Prost, en présence de Michel Mendes France, et de Catherine Martin Zay qui étaient, enfants, à bord du Massilia.

 Le piège du Massilia

Matin 9 h à 12 h
Le piège du Massilia en juin 1940
9h accueil
9h30 Extrait du film de Noel Alpti Juin 1940 la République meurt à Bordeaux (2011) d’après le livre de Gérard Boulanger A mort la gueuse
9h50 intervention de Jean Lacouture ou de M. Antoine Prost
10h10 film de Virginie Linhart « Le Massilia »
11h 05 interventions de Maître Gérard Boulanger
11h 30 questions de la salle (seront présents : les filles de Jean Zay, Hélène et Catherine et le fils de Pierre Mendès France, Michel, les deux derniers, enfants sur le Massilia)

Le 10 mai 1940, les Allemands lancent une offensive aux Pays-Bas, en Belgique, au Luxembourg et en France.
C’est l’exode des populations, la débâcle de l’armée et « l’étrange défaite » comme l’écrit Marc Bloch.
Le gouvernement quitte Paris le 10 juin 1940 et se replie à Bordeaux.
Après la démission de Paul Reynaud, le 16 juin, Albert Lebrun président de la IIIe République nomme le maréchal Pétain, président du Conseil.
« Juin 40, la République meurt à Bordeaux » documentaire 2011

- Signer l’armistice ou continuer le combat ?
« Le 19 juin 1940, le gouvernement français [de Pétain, installé depuis le 16 juin] décide de partir à Alger pour se soustraire à l’avance allemande. Les parlementaires reçoivent l’ordre de gagner le Verdon où un paquebot , le Massila est mis à leur disposition. » C’est l’amiral Darlan, ministre de la Marine qui signe la note officielle.
Mais le gouvernement, sous la pression de Pierre Laval, favorable à l’armistice, renonce à partir.

Le piège du Massilia en juin 1940
Le 21 juin 1940 : le Massilia quitte la France avec des parlementaires pour constituer un nouveau gouvernement en exil.
L’armistice, signé le 22 juin, à Rethondes, entre en vigueur le 25 juin 1940.

Qualifiés de traîtres et de fuyards, de déserteurs pour certains par Vichy, Daladier, Mandel, Mendes-France, Zay et d’autres, sont arrêtés le 24 juin à Casablanca, rapatriés en métropole et accusés de trahison. Puis à Alger, les parlementaires sont placés sous surveillance ou poursuivis, voire empêchés de revenir pour le vote du 10 juillet.
Il y a 70 ans, le 10 juillet 1940, 80 parlementaires (57 députés et 23 sénateurs) refusèrent de voter la loi constitutionnelle donnant tout pouvoir au Maréchal Pétain.
Mandel, Blum, Daladier et Reynaud, responsables de la défaite selon Pétain, sont internés au Fort du Pourtalet, dans les Pyrénées.

Fort du Portalet (Urdos), tunnel et meurtrières
Le fort est à 800m, alt. du côté du Somport, Photo JB Mullier, 16 octobre 2016

Les passagers du Massilia :
http://mjp.univ-perp.fr/france/massilia.htm
Tous les passagers du Massilia :
http://www.tournemire.net/Massilia.html

« Le Massilia » par Evelyne Marsura :
http://www.memoire-net.org/article.php3?id_article=144
Commémoration du départ du Massilia, Assemblée nationale - jeudi 22 juin 2000, Discours de M. Raymond FORNI
http://www.assemblee-nationale.fr/presidence/discours/3eba0023.asp

  Les Quatre-vingts

Le 10 juillet 1940, 80 élus républicains refusent de voter les pleins pouvoirs à Philippe Pétain.
Histoire et commémoration sur le site de l’Assemblée nationale :
https://www.assemblee-nationale.fr/13/evenements/Ceremonie_quatre-vingts/index_2010.asp

- Le 10 juillet 1940, à Vichy, vote de la loi constitutionnelle "L’Assemblée nationale donne « tout pouvoir au gouvernement de la République » sous l’autorité et la signature du maréchal Pétain, de promulguer […] une nouvelle constitution de l’État français [qui] devra garantir les droits du travail, de la famille et de la patrie »...

Le Parlement comptait à l’époque 846 membres, 60 députés et un sénateur (communistes) ayant été déchus de leur mandat en janvier 1940. Les parlementaires sont rassemblés au Grand casino de Vichy pour examiner le projet de loi du vice président du Conseil, Pierre Laval.
57 députés et 23 sénateurs votent Non. Parmi les 80, Léon Blum, Vincent Auriol, Marx Dormoy, des élus de gauche, rad-soc, SFIO, du centre-droit. Les députés communistes, déchus de leurs mandats après le pacte germano-soviétique et le décret-loi d’Édouard Daladier du 26 septembre 1939 interdisant le Parti communiste et les parlementaires à bord du Massilia, n’ont pu voter.
Liste officielle des 80 :
http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/constitutions/loi-constitutionnelle-du-10-juillet-1940.asp
Ces 80, furent selon le général de Gaulle, « les premiers résistants sur le sol français ».
Albert Forcinal,à Libération-Nord, déporté à Buchenwald en janvier 1944. Revenu.

Ce n’est pas la chambre du Front populaire qui a voté (idée véhiculée par l’extrême droite). Sur 907 députés et sénateurs en 1939, seuls 670 étaient présents à Vichy.
Il y avait 245 sénateurs plutôt anti-Blum. Beaucoup de socialistes ont voté pour.

Jean Odin [1], Les Quatre-vingts, Paris, Taillandier, 1946.
Vincent Badie [2], Vive la République, entretiens avec Jean Sagnes, Toulouse, Privat, 1987.
Le refus républicain : les quatre-vingts parlementaires qui dirent « non » à Vichy le 10 juillet 1940 art. de Jean Sagnes, Revue d’Histoire Moderne & Contemporaine Année 1991 :
https://www.persee.fr/doc/rhmc_0048-8003_1991_num_38_4_1607
https://mjp.univ-perp.fr/france/80.htm
Pierre Miquel, Les Quatre-vingts : Ils ont dit non à Pétain le 10 juillet 1940, Fayard, 1995

- 11 juillet 1940, sabordage de la République à Vichy :
Promulgation des actes constitutionnels, instaurant l’État français et marquant la fin de la Troisième République.
Le maréchal Pétain devient chef de l’État français.

L’affaire du « Massilia », Christiane Rambaud, Seuil, 1984, 253 p.
Virginie Linhart, Juin 1940 : le piège du « Massilia », 2010
Jean-Pierre Azéma, « 1940, l’année noire »
Le “Massilia” sans voile, un documentaire
A mort la gueuse, Gérard Boulanger

 Les procès Jean Zay et Pierre Mendès France

Après midi de 14 h à 17 h
Les procès Jean Zay et Pierre Mendès France
14h 15 présentation des films par N. Dorra
14h 30 film de Mariek Aucante, Dans la lumière de Jean Zay
15h Le procès de Jean Zay (octobre 1940) et ses conséquences par Olivier Loubes
L ’ancien ministre Jean Zay, assassiné le 20 juin 1944 parce que Républicain laïc, Juif et Résistant :
Jean Zay, assassiné par la Milice

le texte sur Jean Zay en pdf

15h 30 extrait du film de François Lanzenberg et Brigitte Matron Pierre Mendès France, l’empreinte
16h 00 Le procès Mendès France (mai 1941) par Jean Denis Bredin (auteur de « Un tribunal au garde à vous »)
16h 30 questions de la salle

  • Le procès Jean Zay

Jean Zay, né à Orléans en 1904, ancien ministre de l’Instruction et des Beaux-Arts du Front populaire, est assassiné par 3 miliciens le 20 juin 1944.
Inculpé de désertion, parce qu’il était à bord du Massilia, après un simulacre de procès, Jean Zay est condamné, le 4 octobre 1940 par le tribunal de Clermont-Ferrand à la dégradation militaire et à la déportation à vie à l’Ile du Diable, comme Dreyfus.
http://aegir.cndp.fr/crdporleans/crdp/jean-zay/
Un crime français, documentaire réalisé par Catherine Bernstein (coproduit par le CNRS), 53 min, Enquête sur la disparition de Jean Zay et son assassinat.
« Interviennent au cours du film, les historiens Anne Simonin, Antoine Prost et Olivier Wieviorka, Caroline Piketty conservatrice aux Archives Nationales, Alain Ferrari, réalisateur du film »Milice, film noir« et les deux filles de Jean Zay, Catherine Martin-Zay et Hélène Mouchard-Zay(Cercil). »
Fiche du film :
http://videotheque.cnrs.fr/index.php?urlaction=doc&id_doc=2821
http://clioweb.canalblog.com/archives/2012/02/20/23568292.html
Biographies :
http://cerclejeanzay.free.fr/documents/memoire-jz.htm
http://aegir.cndp.fr/crdporleans/crdp/jean-zay/index.html
BOULANGER Gérard, L’Affaire Jean Zay. La République assassinée, Calmann-Lévy, 2013, 528 p.
KAROUTCHI Roger, BABEAU Olivier, Jean Zay : 1904-1944, ministre de l’Instruction [3] du Front populaire, résistant, martyr, Ramsay, 2006, 293 p.
LOUBES Olivier, Jean Zay, l’Inconnu de la République, Éditions Armand Colin, 2012, 288 p.
RUBY Marcel, La vie et l’oeuvre de Jean Zay, 1969, 509 p.
« Martyr républicain : Jean Zay (1904-1944) », Maison de l’histoire de France :
http://www.maison-histoire.fr/ressources/dossiers-documentaires/jean-zay-1904-1944/
ZAY Jean, Souvenirs et solitude , Poche, Belin, 2011, 576 p.

  • Le procès de Pierre Mendès France

Le 9 mai 1941, le tribunal militaire de Clermont-Ferrand juge et condamne Pierre Mendès France à six ans de prison pour désertion en temps de guerre. « On vient de condamner un innocent par haine politique. Ce n’est pas la justice de la France, c’est celle de Hitler. Ne désespérez pas de la France. »PMF
Il s’échappe de hôpital-prison de Clermont-Ferrand, le 21 juin 1941.
Un tribunal au garde-à-vous : Le procès de Pierre Mendès France par Jean-Denis Bredin, Fayard, 2001, 400 p.
et aussi :

« Accusé Mendès France », téléfilm de Laurent Heynemann, 2011
Des livres sur Mendès France :
http://www.mendes-france.fr/bibliographie-sur-pmf/

MENDÈS FRANCE Pierre, Écrits de résistance, CNRS édition, 2018, sous la direction de Vincent Duclert, en association avec les œuvres de Jean-Louis Crémieux-Brilhac (Georges Boris, trente ans d’influence, Gallimard, 2010, et L’étrange victoire. De la défense de la République à la libération de la France, Gallimard, 2016).
https://jean-jaures.org/nos-actions/femmes-et-hommes-dans-la-france-libre-londres-40-44

 Procès de Riom

Du 19 février au 15 avril 1942, voulu par le maréchal Pétain pour rendre le Front populaire responsable de la défaite.
Daladier et Blum se défendent, les accusateurs se retrouvent accusés.
Le procès est interrompu.
http://www.ina.fr/economie-et-societe/justice-et-faits-divers/video/AFE ;85000662/le-proces-de-riom.fr.html

« Derniers Témoins, le procès boomerang », Jean-Jacques Sirkis, 1978
Le Procès de Riom, 1979, téléfilm du réalisateur et scénariste Henri Calef
Dictionnaire des Parlementaires français 1889-1940 :
http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/biographies/1889-1940/
Dans ce procès fait à la III République, le responsable de la défaite, c’est l’état major dominé par les idées de Pétain.
BRACHER Julia, Riom 1942. Le procès, Omnibus, 2012, 1 044 p.
BREDIN Jean-Denis, L’Infamie. Le procès de Riom. Février-avril 1942,
Grasset, 2012, 180 p.
LUC Benoît, Otages d’Hitler 1942-1945, Vendémiaire, 2011, 224 p. (Des déportés d’honneur)

  • Georges Mandel
    Georges Mandel, maire de Soulac, a été déporté au camp d’Oranienburg, puis à celui de Buchenwald, avant d’être rapatrié et assassiné comme Jean Zay, par la milice.
    Georges Mandel, un tout premier résistant méconnu
    Lettres de sa fille à Pétain et à Laval :
    http://www.ffi33.org/mandel01.htm
    Lettre de sa compagne à un résistant :
    http://www.ffi33.org/mandel02.htm
    « L’assassinat de Georges Mandel est révélateur d’une milice exécutant les basses œuvres des Allemands. Mandel, otage renvoyé par les Allemands en France, est tué par des miliciens qui le convoyaient de Paris à Vichy. » :
    COINTET Michèle, La milice française, Fayard, 2013.

- Comme 31 des 35 membres de la Gauche Radicale (les 4 autres sont absents), Gratien Candace renonce à partir sur le Massilia et vote les pleins pouvoirs à Pétain. cf. Dominique Chathuant
http://candace.online.fr/

N.M. janvier 2012, mai 2012, 2013, 2018, 2021, 2022

[1sénateur de la Gironde,rad-soc.

[2député de l’Hérault, rad-soc.

[3Education nationale


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