Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Un lieu de mémoire gare de Pithiviers

dimanche 17 juillet 2022

Entre 1941 et 1943, 16000 Juifs ont été internés aux camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande. 8100 ont été déportés vers Auschwitz depuis le Loiret.

17 juillet 2022, Pithiviers
Photo Dominique Dufourmantelle

La gare de Pithiviers est réhabilitée en musée. Serge Klarsfeld a obtenu l’arrêt de la vente par la SNCF de la gare de Pithiviers. Un accord est signé avec le Mémorial de la Shoah en 2017. Un lieu de Mémoire a été créé.

À Pithiviers et Beaune-la-Rolande, deux anciens camps destinés à accueillir les réfugiés et les prisonniers de guerre, 16 000 juifs, dont 4 700 enfants, furent internés entre 1941 et 1943.

Photos de juifs rassemblés à Pithiviers sur les grilles d’un quai


Hélène Mouchard-Zay, fondatrice du Cercil-Musée mémorial des enfants du Vél’ d’Hiv’ (Orléans).
Cercil : Centre d’Étude et de Recherche sur les Camps d’Internement dans le Loiret et de la déportation juive. Les camps du Loiret, Pithiviers et Beaune-la-Rolande
http://www.cercil.fr/













Le président de la République a repris les mots de Jacques Chirac : « La France, ce jour-là, accomplissait l’irréparable ». « L’Etat français manqua à tous les devoirs de la patrie des lumières et des droits de l’homme » a ajouté le président réélu, rappelant que les déportés sont à la fois des« victimes de l’Allemagne nazie et de la France de Vichy ».
https://www.elysee.fr/emmanuel-macron/2022/07/17/
https://www.youtube.com/watch?v=v9UlcU4ws2I















« Ni Pétain, ni Laval, ni Bousquet, ni Darquier de Pellepoix, aucun de ceux-là n’a voulu sauver des juifs. C’est une falsification de l’histoire que de le dire. »

Ginette Kolinka et le Ministre de l’Education nationale






Après la Rafle, « Les familles, 8 000 personnes, sont parquées au Vélodrome d’hiver. Après cinq jours et six nuits d’enfermement dans d’atroces conditions, elles sont conduites dans le Loiret et internées dans les camps de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers avant d’être menés dans des camps d’extermination. »
La Rafle du Vél d’Hiv’ par Cabu

8 100 victimes

Le 20 juillet 1942, l’autorisation de déporter les enfants (adolescents) à la demande de Vichy est prise à Berlin. Le 13 août autorisation de déporter les plus jeunes.

Huit convois de déportation.
DD

Plus de 8 100 juifs sont déportés directement à destination d’Auschwitz-Birkenau, en 1942, en huit convois.

Enfants déportés, Pithiviers. Le deuxième à partir du bas est Addy Fuchs

Addy Addy Fuchs, déporté à 16 ans, camps de Blechhammer, Langenstein

(avant les travaux de Laurent Joly)
- Un récit de Georges Wellers est publié dans L’Humanité du 3 février 1998 :
« Ainsi, il a été déporté de Drancy en deux semaines quatre mille enfants sans parents. Cela se passait dans la seconde moitié du mois d’août 1942. »


« Fait inédit, 3 000 enfants en bas âge sont séparés de leurs parents. » (2014)
Cf. CAUSSE Rolande, Le Convoi des mères, dessins de Gilles Rapaport, CERCIL, 2014, 56 p.
Les Français ont demandé aux Allemands l’autorisation d’inclure les enfants arrêtés dans les convois de déportation. Les enfants, séparés de leurs parents, sont transférés à Drancy où ils peuvent être mêlés à des adultes selon la demande allemande.
https://www.pithiviers.fr/le-camp-dinternement-de-pithiviers/

Francine Christophe, fille de prisonnier de guerre, un temps non déportable avant de devenir otage à Bergen-Belsen raconte

Poitiers
Francine et sa mère sont conduites en wagon à bestiaux à Drancy, camp occupé par les juifs de « la rafle des notables », et par des femmes de prisonniers. Ils sont à 80 dans une chambrée, ont droit à une auge avec des robinets pour se laver, un matelas sale pour deux. Des départs pour Pitchipoï ont lieu 2 à 3 fois par semaine.
Drancy
Francine Christophe a été témoin de l’arrivée d’enfants sans parents à Drancy.
La foule de Drancy est bruyante, atroce, bouge et crie. Elle voit arriver des enfants blessés, sales, hébétés, attachés avec une ficelle par le cou par famille, les grands portant les petits.
Pithiviers
Puis elles sont transférées, en wagon à bestiaux accroché à un train de voyageurs, à Pithiviers pour 3 semaines. Elle trouve un trèfle à quatre feuilles. Des gens qui ont essayé de franchir la ligne de démarcation sont dans ce camp.
Beaune-la-Rolande
Elles sont envoyées en wagons à bestiaux à Beaune-la-Rolande où elles arrivent dans un camp presque vide, sale, maculé d’excréments, de sang et de boue. C’est là que des enfants de la rafle du Vél’ d’hiv’ ont été blessés en étant séparés brutalement de leur mère.
Francine CHRISTOPHE, Une petite fille privilégiée, une enfant dans le monde des camps, 1942-1945, Paris, L’Harmattan, 1996
Juillet 1942 - Mai 1944, Une enfant dans les camps de Pétain par Francine Christophe

N°7- Conférence du 24 septembre 2008 - Enfants internés, enfants déportés, enfants assassinés, témoignage de Francine Christophe ; textes de M. Braunschweig, F. Bottois et M.-P. Hervieu. 2009, 92 p.

Georges WELLERS, L’Étoile jaune à l’heure de Vichy. De Drancy à Auschwitz, éditions Fayard, 1973

Les photos sont de Dominique Dufourmantelle, Pithiviers, 17 juillet 2022
NM

https://www.cncdh.fr/