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L'immigration juive en France de la fin du XIX ème à la fin de la seconde guerre mondiale - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

L’immigration juive en France de la fin du XIX ème à la fin de la seconde guerre mondiale

conférence de Gérard Noiriel, témoignage de Sarah Lichsztejn-Montard et compte rendu
samedi 25 octobre 2008

Mercredi 25 juin 2008 à 14h30, Lycée Edgar Quinet
Gérard Noiriel, témoin Sarah Lichtsztejn-Montard, évadée du Vél’ d’Hiv’ puis déportée à Auschwitz en mai 1944.
PC n°6

L’immigration juive en France de la fin du XIX ème à la fin de la seconde guerre mondiale avec Gérard Noiriel
Conférence du cercle d’étude du mercredi 25 juin 2008 à Edgar Quinet.
Témoignage de Mme Sarah Lichtsztejn-Montard, déportée à Auschwitz
Gérard Noiriel, Directeur d’études à l’EHESS
Compte rendu de la conférence :

- Présentation des intervenants
Jean Claude Halpern présente les intervenants, Gérard Noiriel, historien, professeur à l’Ecole normale supérieure, directeur d’études à EHESS , membre du conseil scientifique de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration jusqu’à sa démission en 2007 à l’annonce de la création du ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale, président du CVUH et Madame Sarah Lichtsztejn-Montard, originaire de Pologne, déportée à Auschwitz, témoin.

 L’immigration juive en France

de la fin du XIXe siècle à la Seconde guerre mondiale

- Tirer des enseignements du passé pour comprendre le présent
Gérard Noiriel en étudiant la question de l’immigration et du racisme en France a travaillé sur l’immigration juive. Il se définit ainsi : « Je suis un historien qui est resté fidèle à l’enseignement de Marc Bloch, c’est-à-dire que je crois que notre discipline doit toujours maintenir le cap sur l’universel, mais aussi toujours essayer de comprendre et d’expliquer le passé. ».

- Les juifs considérés comme des étrangers
Une communauté juive importante est établie dans l’est et dans le sud-ouest de la France, subissant la discrimination dans un Etat monarchique et religieux. La Révolution française avec la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, établit une distinction entre espace public et espace privé. Depuis la IIIe République il est interdit de poser des questions, lors des recensements, sur la religion des personnes. L’immigration juive n’est donc pas quantifiable au niveau des statistiques. En 1880, sur 60 000 à 80 000 juifs environ, quelques milliers de juifs peuvent s’intégrer dans diverses couches sociales françaises, notamment dans les classes moyennes. On observe une tendance très forte à la laïcisation. Elle permet au XIXe le processus d’intégration des juifs.

- Refus de la nationalité française
« Avant 1889, même les juristes ne savaient pas dans certains cas qui était Français et qui ne l’était pas. Les enfants d’étrangers pouvaient toujours refuser la nationalité française quand ils arrivaient à leur majorité. Et, contrairement à ce que l’on nous raconte aujourd’hui par rapport au passé qui est toujours enjolivé, quand on nous dit que les immigrants du passé étaient tous des patriotes dans l’âme, etc., qu’ils avaient tous l’amour de la France alors que ceux d’aujourd’hui ne l’auraient plus, l’histoire montre que ce n’est pas comme ça que cela fonctionnait puisque 90% des enfants d’étrangers, quand ils arrivaient à l’âge adulte, refusaient la nationalité française. » explique Gérard Noiriel.
Ce refus pour ne pas faire le service militaire qui était de 3, 5 ou 7 ans, ce qui a déclenché des crises de xénophobie.

- Nationalisme et pogroms
En 1889, la première loi sur la nationalité française impose le double « jus soli » : celui qui est né en France et de parents nés en France est Français.
« Nous sommes dans un contexte qui est dominé par un phénomène fondamental, qui est la construction des Etats-nations partout dans le monde. Et ce que cela entraîne comme phénomène tout à fait dramatique, cela va être évidemment la naissance du nationalisme et dans un certain nombre de pays aux régimes, disons, autoritaires, -les empires- qui à cette époque-là ne sont pas les régimes totalitaires qu’on aura après la Première Guerre. Dans les empires a des formes de persécution à l’encontre des minorités. C’est aussi le problème des persécutions à l’égard des Arméniens qui se développent au cours de la même période. Mais les premières victimes sont les juifs, notamment en Russie et en Pologne. », déclare Gérard Noiriel.
Dès les premiers pogroms en Russie, un comité, présidé par Victor Hugo avant sa mort, en 1881, se met en place pour accueillir des juifs de Russie au nom des droits de l’homme. Ce fait est dénoncé par la droite et l’extrême-droite. « Ce que l’on appelle parfois, encore aujourd’hui,- malheureusement cela resurgit-, les "droits-de-l’hommisme", en disant : "Vous préférez les étrangers aux Français, ces gens-là ne sont pas victimes, ce sont des voleurs, des chômeurs"… » ajoute Gérard Noiriel.

- Développement de l’antisémitisme en France
Dans cette immigration, deux groupes sociaux se détachent avec une petite fraction d’intellectuels, d’étudiants, de militants politiques, membres de professions libérales et un groupe plus important, d’ouvriers, d’artisans de l’industrie textile, de la confection, du cuir. Ils transforment l’artisanat français. Ces juifs russes s’installent dans le quartier du Marais et à Belleville . Paris devient le premier exportateur de casquettes. Mais Paris devient fortement antisémite. L’antisémitisme se développe à cause de la concurrence avec les artisans français. Les classes populaires et les élites se retrouvent dans l’antisémitisme. Sur un million d’étrangers en France, on compte 30 0000 juifs, c’est peu, mais ils sont visibles. Les Belges, les Italiens, eux, sont dans les régions frontalières, ils font partie de l’immigration ouvrière.
Avec la IIIe République, l’Etat français renouvelle ses élites parmi les juifs, les protestants, les francs-maçons. Aussi une nouvelle haine se développe chez les notables, les aristocrates évincés.

- Désir de revanche et stigmatisation : les espions juifs allemands
L’équivalence juif/étranger est fondamentale chez les antisémites.
« Et le meilleur exemple pour comprendre cela, c’est Proust : c’est tout à fait bien décrit dans A la recherche du temps perdu où Proust montre comment s’immisce l’antisémitisme dans les cercles de Saint-Germain des Prés, etc., et les raisons pour lesquelles cet antisémitisme se développe. Mais là, vous comprenez bien que cela se passe à l’intérieur des élites françaises. Mais, les notables enracinés dans le terroir catholique qui vont trouver dans Maurice Barrès, leur grand représentant, vont utiliser la question de l’immigration pour stigmatiser les juifs français en construisant cette équivalence « juif = Allemand ». J’ai analysé dans mon livre Immigration, antisémitisme, racisme en France où j’ai montré comment la réussite de Drumont tenait à cette équivalence qu’il a construite entre juif et Allemand autour de la notion des espions, les espions juifs et allemands qui menaceraient la France… », explique Gérard Noiriel.

- Patriotisme et internationalisme
Les immigrés juifs font de la surenchère dans le patriotisme en s’engageant dans la Première guerre mondiale. Le Bund (Union des travailleurs juifs ) est transféré en France. Les militants qui ont acquis une culture politique en Russie, refusent de s’assimiler à la CGT. Ils restent internationalistes et se tournent vers la IIIe Internationale.

- L’entre-deux-guerres
Dans les années trente, la reprise de l’immigration est liée à la reprise des persécutions antisémites qui se développent en Russie, en Pologne, puis en Allemagne avec la montée du nazisme.
On estime qu’il y a autour de 200 000 juifs en France en 1939. Le nombre de juifs étrangers dépasse le nombre de juifs français. Les trois quarts viennent d’Europe orientale, surtout de Pologne, 5 % d’Europe centrale, 15 % du Moyen Orient, du Levant et aussi d’Afrique du Nord . Cela crée des tensions, en particulier sur le marché du travail.
Vichy stigmate ce qui est en germe sous la IIIe République, c’est à dire la dérive sécuritaire. Les classes moyennes, le petit commerce, l’artisanat, les professions libérales basculent dans l’antisémitisme. Les avocats, les médecins, qui n’ont pas fait de repentance après la guerre, sont les piliers du régime de Vichy. Des gens protégés par leur statut découvrent la concurrence sur le marché du travail dans les années 30. Avec le déclin de la natalité française, l’accession à la nationalité est facilitée par la loi de 1927 pour repeupler la France. Les délais de naturalisation sont de trois ans, ramenés à un an pour ceux qui ont fait des études supérieures. Parmi les réfugiés des années trente, des exilés de l’Italie fasciste ou de l’Allemagne nazie, membres de professions libérales, avocats, médecins, ont demandé la naturalisation. Cela a mis le feu aux poudres. Barrès et Maurras s’en prennent aux juifs, d’autres aux naturalisés. Les lois de Vichy s’attaquent aux juifs et aux Français d’origine étrangère pour des raisons de concurrence. Les juifs français regardent avec méfiance les juifs immigrés. L’extrême-droite inculque l’idée que les juifs sont un problème.
Les juifs sont un « problème ».
« Aujourd’hui, nous avons toujours cette question-là, le problème de l’immigration : on dit toujours que c’est un problème. L’extrême-droite, Maurras, l’Action française, ont réussi à devenir hégémonique quand ils gravent dans la tête de la majorité des Français que les juifs sont un problème. Une fois que vous avez réussi à faire admettre l’idée qu’une population, qu’une partie d’une population est un problème, vous avez déjà fait l’essentiel du travail. » précise Gérard Noiriel.
Certains vont se fondre dans la masse, d’autres revendiquer leur identité juive comme Bernard Lazare au moment de l’affaire Dreyfus.

-  Le Parti communiste joue un rôle majeur dans l’intégration.
Les juifs français refusent la politique alors que les juifs qui viennent de l’immigration vont s’engager dans le sionisme ou dans le mouvement ouvrier. Le Parti Communiste s’est implanté grâce à cette deuxième immigration étrangère. Il joue un rôle majeur dans l’intégration de cette immigration.
« On s’aperçoit qu’évidemment, par exemple, les juifs français des années trente qui, en majorité, appartenaient à la bourgeoisie ont tendance à avoir les positions les plus modérées au sein du Consistoire, à plutôt intervenir dans l’ordre de l’aide sociale, de la solidarité sociale, en refusant la politique. On a à l’inverse les gens qui viennent de l’immigration qui sont les plus radicaux avec deux tendances, qui d’ailleurs s’affrontent l’une à l’autre : la tendance liée au sionisme qui s’engage pour l’affirmation d’une identité juive et la revendication d’un Etat, et l’autre tendance qui est, dans les années trente, majoritaire, qui le restera par la suite, qui est la tendance qui va s’engager dans le mouvement ouvrier. Et ça va être le Parti communiste qui va tirer les bénéfices de son action à l’intérieur de cette immigration. C’est vrai d’ailleurs pour toutes les immigrations. » relate Gérard Noiriel.
Cette intégration s’est faite aussi dans la classe ouvrière. Elle a bénéficié des Trente glorieuses qui ont permis une mobilité sociale positive, élément essentiel à l’intégration.

Au cours du débat, Gérard Noiriel précise que des naturalisations ont été refusées après la seconde guerre mondiale, à des gens qui ont fait de la résistance ou qui ont été déportés, au motif d’engagement politique, c’est à dire qu’ils ont été soupçonnés d’avoir milité au parti communiste.
Après la guerre, les gens se définissent comme Français, ouvriers, résistants. Aujourd’hui le communautarisme, mouvement des années quatre-vingt est une forme d’intolérance. La politisation des communautés met « en péril » l’Etat national. Or, les immigrés ne constituent pas une force politique. « Mon combat est toujours de dire qu’un individu se définit par une pluralité de critères identitaires ».

L’historien doit être le garant des libertés. Il doit rappeler le passé. Il doit apporter un message de tolérance. Le citoyen doit parler pour lui-même, s’engager.
Gérard Noiriel est président du CAIER (Comité d’aide exceptionnelle aux intellectuels réfugiés).
NOIRIEL Gérard, Immigration, antisémitisme et racisme en France (XIXe-XXe siècle). Discours publics, humiliations privées, Paris, Fayard, 2007, 717 p.
NOIRIEL Gérard, A quoi sert l’identité nationale, Marseille, éditions Agone, 2007, 158 p.
NOIRIEL Gérard, Chocolat, La véritable histoire d’un homme sans nom, Bayard, 2016, 600 p.
IZRINE Jean-Marc, Les libertaires du Yiddishland, éditions Alternative Libertaire, 2013
ZYTNICKI Colette, Terre d’exil, terre d’asile, Migrations juives en France aux XIXe et XXe siècles, contributions au colloque organisé à Paris fin 2009, Editions de l’Éclat « Bibliothèque des fondations », 2010, 224 p.
dont : "Les Réfugiés juifs en provenance du Reich allemand en France dans les années 1930", de Johanna Linsler.
Lien : http://www.cairn.info/terre-d-exil-terre-d-asile--9782841622139.htm

 Sarah Lichsztejn-Montard

Mme Sarah Lichsztejn-Montard, née en 1928 à Danzig de parents polonais, est arrivée en France à l’âge de 2 ans et demi. Son père, né en Lituanie dans une famille de rabbins, est devenu libre penseur, sioniste de gauche, puis anarchiste en lisant Bakounine et Kropotkine. C’est un intellectuel, poète et journaliste yiddish, enseignant dans une école juive. Il fréquente le cercle des écrivains juifs de Varsovie. Sa mère, née à Malorita, un shtetel près de Brest-Litovsk, vient d’une famille traditionnaliste. Elle a étudié à l’école russe. Elle est couturière à façon. Après la révolution, le village est devenu polonais. La situation économique est très dure, l’antisémitisme virulent. Ils émigrent en France, le pays des droits de l’homme, de la liberté et de la douceur de vivre. Ils habitent d’abord dans le XVème où ils côtoient des Russes blancs. Ils déménagent dans le XXème, arrondissement à forte population juive, à Ménilmontant, puis à Belleville. Les logements sont moins chers et ressemblent à des taudis, sans électricité, sans eau, avec des punaises.

Les parents, de gauche, sont surveillés par la police. La mère, ouvrière à domicile, est payée à la pièce, et connaît la morte saison en hiver. Le père, l’intello, travaille épisodiquement dans les journaux juifs ou dans des petits boulots non déclarés. Sans carte de travail, il est reconduit à la frontière espagnole, italienne ou belge, tous les 6 mois et revient clandestinement.
Les connaissances de ses parents s’intéressaient tous à la politique et avaient amené le yiddish dans leurs bagages. Ils étaient très pauvres, mais elle était heureuse. Le samedi, quoiqu’il arrive, ils s’évadaient au cinéma. L’essentiel, c’était l’école. Quand, à quatre ans, elle va à l’école maternelle, elle ne parle pas du tout français. Ses parents suivaient des cours de français à l’Alliance française. C’était primordial pour s’intégrer. Ses parents sont pleins de respect pour l’école de la République. Elle se souvient de quelques réflexions antisémites, des filles la traitent de sale juive, une institutrice lui reproche de ne pas savoir les paroles de la Marseillaise à 8 ans, des marchands tiennent des propos humiliants lorsqu’elle va acheter à crédit.
Les juifs de Belleville avaient une conscience politique, alors que ceux du Marais, avaient une conscience religieuse, ils sont habillés comme dans leurs villes d’Europe de l’Est.
Les rares juifs français s’appellent les israélites, alors qu’eux, ils sont les juifs.
Ses parents étaient à la fédération anarchiste, mais comme il existait une discrimination chez les gens de gauche aussi, ils ont fondé Le Club, où ils refaisaient le monde en yiddish.
Elle se souvient d’avoir entendu Nestor Machno chez elle.
Son père est arrêté en 1941, (la rafle du billet vert). Conduit à Pithiviers, il réussit à s’évader et à se cacher.
Sarah est arrêtée avec sa mère par des policiers français, le 16 juillet 1942. Elles s’évadent du Vél’ d’hiv’, mais le 24 mai 1944 elles sont à nouveau arrêtées par la police française, sur dénonciation. Elles reviennent de déportation toutes les deux. Sa mère à son grand regret n’a pas été naturalisée.

Sarah à propos du film La Rafle pour Après Auschwitz. ( ajouté 16 juillet 2010)

A propos du film La Rafle

Sarah Lichtstein (Lichtsztejn) :
http://www.holocaust-history.org/klarsfeld/French%20Children/html&graphics/T0836.shtml
La rafle du Vél’ d’Hiv’ : « Chassez les papillons noirs »
http://www.massviolence.org/La-rafle-du-Velodrome-d-hiver-16-17-juillet-1942?artpage=9-11

Sarah raconte son évasion du Vél’ d’Hiv’ dans le dvd : Des internés et déportés juifs témoignent pour les élèves :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article142

Sarah à Bergen-Belsen, témoignage :
http://www.anti-rev.org/temoignages/Montard96a/body.html

Transcription de la Conférence et articles, in Petit cahier 2ème série n°6
L’immigration juive en France de la fin du XIXème à la Seconde Guerre mondiale. Témoignage de Sarah Montard – Décembre 2008

Sarah témoigne aussi dans le DVD4 :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article142

Sarah Montard chante une berceuse en yiddish, Oyfn Pripetshik, dans le DVD réalisé par le Cercle d’étude en 2008-2009, Les enfants et adolescents juifs dans le système concentrationnaire nazi – Témoignages d’adolescents déportés à Auschwitz.

Oyfn pripetshik brent a fayerl,
un in shtub is heys.
Un der rebe lernt kleyne kinderlakh
dem alef-beyz.

Dans le poêle, brûlent quelques bûches,
et une bonne chaleur est dans la pièce.
Et le rabbin apprend aux petits enfants
à lire l’alphabet.
Sur l’âtre rougeoient des braises, Oyfn Pripetshik, poème et musique de Mark Warshawsky (1840-1907). Ce chant qui rappelle les malheurs des juifs depuis des siècles, a été chanté dans les ghettos. Paroles écrites en yiddish translittéré, traduction Sarah Lichtsztejn-Montard.(DVD3)

Sur l’âtre rougeoient les braises

N.M. juin 2008-décembre 2012

Cercil : Un regard sur l’immigration et l’intégration des Juifs en France de 1880 à 1948, inauguration de l’exposition suivi d’une conférence de Laura Hobson Faure , ce mardi 21 mars 2017 au Musée Mémorial des enfants du Vél’ d’Hiv’.


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