Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

ABTER Adolphe

dimanche 11 avril 2021

ABTER Adolphe, 56 ans en 1944

Adolphe Abter est né à Hanovre le 1er décembre 1887.Il était fils d’un banquier. Il a d’abord suivi une formation commerciale, puis il écrit comme écrivain indépendant dans des journaux allemands. Il se marie le 28 janvier 1913 avec Cecilia Lazarus, une chanteuse d’opérette. Ils ont une fille, Ruth, née le 16 août 1913, qui se marie et devient Ruth Friedlander. Adolphe Abter devient réalisateur de film à l’époque du cinéma muet, entre 1919 où il réalise son premier film « Melle Sarah Sampson » en 1925. D’autres suivront. Il s’enfuit en France lorsque les lois antisémites le frappent. Il se réfugie près de Lyon. Il habitait Saint-Didier-au-Mont-d’Or, une commune aisée limitrophe de Lyon. Il est dit aussi dans son dossier de déporté qu’il vivait sous une fausse identité et qu’il serait tombé dans un guet-apens. Il est arrêté le 13 mai 1943 ou 1944 ? Interné à la prison de Montluc à Lyon. (Il y reste plus d’un an ?) puis est transféré à Drancy le 21 juin 1944 avec 129 Juifs arrêtés dans la région lyonnaise.

Il reçoit le numéro matricule 23307 ( voir document). Sur la fiche de son carnet de fouille il est dit qu’il remet au chef de la police du camp la somme de 46 460 francs, puisque chaque interné devait remettre argent objets de valeur à son arrivée au camp.


Extrait du registre des entrées au camp de Drancy ( 21 juin 1944)

Il est déporté une semaine plus tard. Le 30 juin, il est conduit à la gare de Bobigny avec 1153 internés destinés à être déportés vers le centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau. C’est le 76ème convoi de déportés juifs parti de Drancy.

Le voyage qui dure quatre jours est épuisant du fait de la chaleur torride de l’été. Le 4 juillet, le convoi entre à l’intérieur du camp de Birkenau sur la « rampe d’Auschwitz » où a lieu la sélection. Les travaux de Serge Klarsfeld ont permis d’apprendre que 398 hommes sur 654 sont déclarés « aptes » au travail. Ce sont généralement les plus jeunes. Le nombre de déportés choisis pour ce travail d’esclave, plus de la moitié, est beaucoup plus élevé que celui des transports précédents car les camps deviennent, en 1944, un vivier de travailleurs pour l’industrie de guerre. L’autre moitié du convoi, les malades et les enfants, dits « inaptes » au travail, sont gazés dès l’arrivée.

Même si je n’ai pas trouvé trace de son passage au camp, il est possible qu’il y soit entré, mais n’ait pas survécu. Son gendre, cherchant des nouvelles de son beau-père après la guerre, fait une démarche en février 1946 auprès du MNCR, Mouvement national contre le racisme qui organisa la résistance aux persécutions anti-juives à partir de 1942. Adolphe Abter faisait donc probablement partie de cette organisation de résistance à Lyon.

BAVCC Caen AC21P416848- Mémorial de la Shoah

Chantal Dossin

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