Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

« Enseigner l’histoire de la résistance »

Le CNR et l’armée de libération par Martine Giboureau
mardi 17 décembre 2013

Le texte du discours de François Hollande au Panthéon, 27 mai 2015
http://www.elysee.fr/declarations/article/ceremonie-d-hommage-solennel-de-la-nation-a-pierre-brossolette-genevieve-de-gaulle-anthonioz-germaine-tillion-et-jean-zay-pantheon-3/

La libération du territoire et le retour à la République

Journée nationale de la Résistance, 27 mai, JNR

 L’esprit de résistance

« Ils sont quatre, deux hommes, deux femmes.
Quatre destins, quatre chemins, quatre histoires qui donnent chair et visage à la République en en rappelant les valeurs »
... « Deux femmes, deux hommes, quatre engagements ».

Pierre Brossolette, la Liberté
Germaine Tillion, l’Egalité
Geneviève de Gaulle, la Fraternité
Jean Zay, la Laïcité
http://clioweb.canalblog.com/archives/2015/05/28/32127700.html

« Enseigner l’histoire de la résistance », mercredi 11 décembre 2013, pour les enseignants de l’académie de Créteil, un CR de Martine Giboureau

 Programme du CNR

Madame Claire Andrieu a analysé le contexte du programme du CNR.

texte intégral :
http://fr.wikisource.org/wiki/Programme_du_Conseil_national_de_la_R%C3%A9sistance.

Son analyse a cerné pourquoi un programme ? comment a-t-on pu finaliser ce texte ? Il me semble important de bien noter les points suivants :
* Il y a une tradition française (à gauche) des « programmes communs », en particulier quand la gauche est en difficulté : 1849 et 1936 avant 1944.
* Les résistants présentent une grande diversité des objectifs : beaucoup sont toutefois dans l’action et ne se préoccupent pas d’un programme pour la Libération.
* Les débats sont vifs : doit-on tenter seuls la libération du territoire ou doit-on attendre les Alliés ? Quelle doit être l’ampleur des réformes après la Libération ? Parmi les hommes et femmes de gauche, quels choix économiques quant aux biens de production doit-on faire : « socialisation » ? « nationalisation » ? (la formulation fut finalement « retour à la Nation des biens de production »). Il faut obligatoirement faire des compromis pour le choix des mots.
* les difficultés matérielles pour diffuser des textes, échanger des commentaires, aboutir à une synthèse sont grandes et fortement contraignantes : état des moyens de transports, censure des courriers, traque des résistants - cf thème de l’an dernier « Communiquer pour résister ». Ce contexte est propice aux non-dits, manques d’explicitation et procès d’intention.
* Les initiatives et textes proposés sont nombreux : dès août 1942, Léon Blum, emprisonné, veut mettre en place dans la résistance une « sorte de programme commun ». Dans son numéro 16 daté du 16 janvier-1er février 1943, le journal clandestin Le Populaire diffuse « Notre programme ».
Dans l’été 1943, un « projet de charte économique et sociale » est diffusé depuis Londres. Pierre Villon (Front National) propose une « charte de la Résistance », transmise au bureau du CNR. La synthèse, après 9 mois de gestation, est validée lors d’une hypothétique réunion plénière en mars 1944.
* Aujourd’hui, on est sensible à certaines absences : aucune référence au droit de vote des femmes (les Radicaux seraient parait-il sortis du CNR si ce thème avait été abordé) ; aucune précision sur la Constitution à mettre en place ; si « l’émancipation des Indigènes » est indiquée, il n’est pas question de décolonisation.
* le jugement sur ce texte a évolué au fil de l’histoire depuis la guerre : durant la Guerre froide, communistes, gaullistes et tenant de la « troisième voie » tentent de faire oublier leur participation à ce programme commun pour des raisons d’ailleurs contradictoires. En 1972, le souvenir de ce programme est évacué puisque la gauche se targue de réussir « pour la première fois » un programme commun. Depuis la domination (la « victoire ») du libéralisme économique et la chute de l’URSS, la nostalgie de l’État-providence conduit à se référer de nouveau à ces idéaux et à valoriser le programme du CNR.
Laïcité, liberté d’expression, liberté de conscience, égalité, fraternité...

  L’armée de libération

Tristan Lecoq a présenté l’armée de libération, l’armée de la République et l’armée de la France. Voici quelques affirmations-clés de cet exposé :
* les Français en armes en 1943-1944 relèvent de différentes « organisations » : les soldats soumis à l’État Français, lui-même à la solde des occupants allemands (et italiens), la France combattante, les hommes des maquis.
* les objectifs et décisions de Giraud et de Gaulle divergent profondément quant à la reconstitution d’une armée française aux côtés des Alliés. Les États-Unis cherchent à garder la direction de toutes les opérations militaires et leurs choix stratégiques se heurtent à la volonté de de Gaulle d’affirmer la souveraineté de la France libre et son autorité personnelle. L’armée française est toutefois intégrée, subordonnée aux Alliés et surtout aux États-Unis.
* début 1944, 5 divisions d’infanterie et 3 divisions blindées sont constituées. Le recrutement a lieu en Afrique du Nord et les Indigènes peuvent représenter jusqu’à 50% des effectifs. Les équipements sont fournis pour la quasi totalité par les États-Unis.
* L’armée de l’air en Afrique du Nord n’a que quelques avions datant d’avant 1939 : les États-Unis tardent à fournir du matériel plus moderne, doutant de la fiabilité politique des Français, servant en priorité leurs militaires et ceux du Royaume-Uni, ne pouvant pas former les pilotes français aux nouveaux appareils.
* la Marine française est modernisée par les États-Unis et est soumise à ses décisions.
* La 2ème DB a une grande autonomie ; sur le plan symbolique, elle joue un rôle essentiel quant au rétablissement de la souveraineté française mais son rôle militaire est en fait très réduit.
* le 26 août 1944, de Gaulle décide que les FFI seraient intégrés à l’armée ; les États-Unis voient favorablement ce « blanchiment » des armées jusqu’à lors à forte proportion de Maghrébins et d’Africains noirs.
* Il ne faut pas oublier le calendrier :
. Le Havre est libéré après Paris
. les FFI et la 2ème DB combattent encore en avril-mai 1945 pour libérer des « poches de l’Atlantique » 
. l’Indochine est restée fidèle à Vichy et collaboratrice jusqu’à offrir des terrains pour les avions japonais ; elle subit le coup de force japonais le 9 mars 1945.
* À la libération, les questions sont nombreuses : comment résoudre le problème du sureffectif du fait de l’intégration des FFI et du retour des prisonniers de guerre français ? Comment constituer un équipement moderne alors que, par exemple, tous les grands chantiers navals ont été détruits par les bombardements ? Quels vont être les rôles de l’armée française alors que la donne diplomatique et stratégique est totalement nouvelle, que des crises éclatent dès le 8 mai 1945 à Sétif et au Levant, que la zone d’occupation en Allemagne n’a été concédée à la France que in-extremis ?
L’hôtel Lutetia

 Des sites institutionnels

Musée de l’ordre de la libération, donnant accès à de nombreuses biographies des compagnons de la Libération en particulier :
http://www.ordredelaliberation.fr/fr_doc/compagnon.html
Transmettre l’histoire et la mémoire de la Résistance :
https://www.musee-resistance.com/
Archives nationales, dont la brochure sur la répression pendant la guerre renforcée en 1944 :
http://www.archivesnationales.culture.gouv.fr/sia/fr/web/guest/publications1
Archives de Seine-et-Marne où de très nombreux documents « bruts » sont mis en ligne :
http://archives.seine-et-marne.fr/cnrd
ecpad, Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense, mettant en ligne des films d’archives :
http://www.ecpad.fr/tag/cnrd
l’Ina qui présente 40 vidéos organisées en 6 thèmes :
http://blogs.ina.fr/edu/2013/09/16/concours-national-de-la-resistance-et-de-la-deportation-2014
le Musée Carnavalet annonce pour juin 2014 une exposition sur la Libération de Paris (trop tardive pour le concours mais qui paraît très intéressante pour les cours de 2014-2015. On peut déjà trouver quelques documents étonnants concernant la libération de Paris sur la page du site :
http://www.carnavalet.paris.fr/fr/search/node/lib%C3%A9ration%20de%20Paris

Martine Giboureau (décembre 2013)

 Pour en savoir plus :

Enseigner la résistance
http://clioweb.canalblog.com/archives/2016/10/04/34399215.html
Bibliographie :
https://cecilevast.wordpress.com/articles/

Vidéos des journées « Enseigner la résistance ». Mardi 18 novembre 2014, Enseigner la déportation. Mercredi 19 novembre 2014
https://www.ac-paris.fr/portail/jcms/p1_1062328/captation-video-enseigner-la-resistance-et-la-deportation?cid=p1_786795&portal=sites_10590


Défense de la France, Geneviève de Gaulle, Hubert Viannay, Marie-Marguerite Houdy à Taverny au printemps 1943.
Enseigner la Résistance dirigé par Laurent Douzou, professeur des universités, et Tristan Lecoq, inspecteur général de l’éducation nationale, (Canopé Editions)
https://www.reseau-canope.fr/enseigner-la-resistance/#/

BLANC Julien et VAST Cécile, (dir.), Chercheurs en Résistance. Pistes et outils à l’usage des historiens, Presses Universitaires de Rennes, 2014, 172 p.
http://clio-cr.clionautes.org/chercheurs-en-resistance-pistes-et-outils-a-l-usage-des-historiens.html

Chercheurs en Résistance :
http://clioweb.canalblog.com/archives/2015/04/17/31905372.html

Thèse de Cécile Vast : Une histoire des Mouvements Unis de Résistance (de 1941 à l’après-guerre). Essai sur l’expérience de la résistance et l’identité résistante, sous la direction de François Marcot, 2008, Université de Franche-Comté.

L’Association Nationale des Anciens Combattants et Ami(e)s de La Résistance (ANACR) :
http://www.anacr.com/index.htm

http://www.anacr33.org/
http://anacr47.fr/wp/
http://www.anacr-correze.fr/

Chaque région a son histoire de la Résistance portée par des héros inconnus. Pour la première fois, une plateforme interactive et pédagogique donne la parole à ces derniers témoins de l’armée des ombres et explore les fonds d’archives historiques.

http://lesresistances.france3.fr/

Résistance : de nombreux articles sur le site du cercle : utiliser le moteur de recherches barre du haut de la page du cercle
La libération du territoire et le retour à la République
Les FTP- MOI, ces étrangers qui ont combattu pour la France
Etudier la déportation de répression et la déportation de persécution

Les femmes et la résistance :
http://www.cairn.info/revue-histoire-politique-2008-2-page-3.htm
Dominique VEILLON, « L’Association nationale des Anciennes déportées et internées de la Résistance », dans Alfred WAHL, Mémoire de la Seconde Guerre mondiale, Metz, Centre de recherches Histoire et civilisation, 1984

Résister
http://clioweb.free.fr/dossiers/39-45/resistants.htm

Regards sur la Résistance :
http://www.musee-resistance.com/spip.php?rubrique10

Résistance au nazisme  :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?rubrique66

La résistance juive :
Anny Latour “La Resistance Juive en France”, édition STOCK 1970.
http://titogryn.com/titogryn/tony%20gryn-en.pdf

Déportés d’Indochine :
Condamné à mort par les Japonais, de Raymond BONNET, publiés aux Editions du Bailli
Violences et crimes du Japon en guerre 1937-1945, de Jean-Louis MARGOLIN, publié chez Hachette

 Inventaires

Dossiers de résistants :
http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/?q=content/dossiers-administratifs-de-r%C3%A9sistants
Base de données 600 000 noms
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2018/06/21/une-nouvelle-base-nominative-consacree-a-la-resistance-penda-19475.html
Dossiers Agents des réseaux de renseignement :
http://www.servicehistorique.sga.defense.gouv.fr/sites/default/files/SHDGR_28P4.pdf

NM, déc 2013, revu mai 2015, mai 2017, avril 2020


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