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Remise de la Légion d'honneur à la présidente du Cercle d'étude - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Remise de la Légion d’honneur à la présidente du Cercle d’étude

samedi 8 décembre 2018

Remise de l’insigne de Chevalier de la Légion d’honneur à Marie-Paule Dhaille Hervieu- 28 novembre 2018- Mairie du 11e arrondissement de Paris.

Texte d’Yvette Lévy, officier de la Légion d’honneur

Yvette Lévy et Marie Paule Hervieu
Mairie du XI° Paris, photoUH

Chère Marie-Paule , Mesdames et Messieurs,
Nous voici réunis en cette fin d’après midi pour accueillir notre amie Marie-Paule au sein des membres de la Légion d’Honneur.
Cet ordre prestigieux créé par l’empereur Napoléon 1er est la plus haute distinction qui récompense ceux et celles dont les mérites ont fait la renommée de la France, que ce soit dans une fonction publique civile ou militaire ou dans l’exercice d’une action privée.

Avant de passer à la partie protocolaire, permettez moi de vous dire combien je suis honorée et fière que la chancellerie ait accepté que j’officie pour recevoir notre amie Marie-Paule dans cette institution.
Vous êtes issue, Chère Marie-Paule, d’une famille radicale-socialiste très unie aux convictions profondément mendésistes. Votre papa avait un immense respect pour Pierre Mendès-France dont il écoutait religieusement les causeries hebdomadaires lorsqu’il est devenu président du Conseil. Il lui est resté fidèle toute sa vie, appréciant l’intégrité et la moralité de ce grand monsieur .
Élevée dans une atmosphère profondément républicaine et laïque, vous êtes très tôt engagée dans les jeunesses étudiantes chrétiennes, puis au lycée , vous vous occupez du Tiers Monde au sein du Club UNESCO. Par la suite vous devenez militante au Syndicat national des professeurs de l’enseignement secondaire , dès le début de votre carrière.

Votre profession est certainement l’une des plus belles : enseigner, former, transmettre. Vous l’avez exercée avec beaucoup de talent, de pédagogie et de convictions.
Après de brillantes études universitaires -Agrégation d’histoire- vous obtenez votre premier poste au lycée François 1er du Havre ;
Vos engagements syndicaux(UNEF) puis politiques vous conduisent à fréquenter des intellectuels marxistes à Rouen et au Havre. Militant au sein d’une cellule Georges Politzer, philosophe et théoricien marxiste fusillé en 1942 au Mt Valérien,vous croisez d’éminents professeurs. Vous croisez également des prêtres ouvriers ainsi que des militants communistes ayant fait actes de résistance. Ces rencontres , que vous qualifiez d’exceptionnelles, vous bouleversent et vous amèneront à approfondir le travail de Mémoire et de transmission que nous honorons aujourd’hui.

La ville du Havre qui vous a aussi formée est une ville chargée d’histoire.Elle connaît son âge d’or au cours de la révolution industrielle. Au 19e, elle devient le premier port français de commerce et de négoce.Cette période faste se poursuivra jusqu’à la seconde guerre mondiale.Le bilan désastreux de cette guerre fera du Havre une des villes les plus sinistrées d’Europe : occupation allemande, anéantissement du centre-ville, destruction d’habitations et personnes sinistrées, et des milliers de morts.
Marquée par l’histoire et la géographie sociale et politique de cette ville restée profondément ouvrière, vous en faites le sujet de votre thèse de doctorat, sous l’autorité d’Antoine Prost, intitulée « Communistes au Havre-1930-1983 - Histoire sociale culturelle et politique »
En 1986, vous quittez le Havre avec votre mari, professeur de lettres, et en même temps l’organisation politique avec laquelle vous êtes en désaccord sur la ligne choisie.

Nommée au Lycée Edgar Quinet, dans le 9ème arrondissement de Paris, vous êtes tout de suite interpellée par la plaque dans le hall d’entrée du lycée, à la mémoire des élèves et professeurs arrêtées, fusillées et déportées parce que juives et/ou résistantes .Cette plaque apposée en 1945 fut inaugurée par Jeanne Moreau qui fut élève au lycée.Au cours de cette cérémonie, elle récita un poème d’Aragon « La rose et le réséda ».
Profondément bouleversée par cette plaque, avec votre amie et professeur d’histoire, Nicole ici présente, et en accord avec la direction de l’établissement, vous décidez d’organiser une journée annuelle de la mémoire, doublée de visites et de voyages d’étude.

Très jeune, vous aviez été émue par la lecture du « Journal d’Anne Frank » et le film « Nuit et brouillard » recommandés par vos professeurs , anciens résistants et avez pris conscience de la tragédie et des persécutions vécues.
De là, vous vous investissez dans la transmission de l’histoire meurtrie des élèves et professeurs du Lycée Edgar Quinet. Une rencontre avec les élèves du Lycée Hoche de Versailles, en 1992, vous fait entrer en contact avec les déportés-témoins de l’Amicale d’Auschwitz, la journée de la mémoire est institutionnalisée et vous organisez des rencontres entre élèves et témoins relatives à cette période et dans le cadre des programmes :résistances et déportations, actions dans la résistance d’anciennes élèves du lycée, les femmes dans la déportation, les femmes dans la Résistance, l’univers concentrationnaire, les enfants cachés, déportés,les résistants de l’Affiche rouge et des visites du camp de Drancy.Vous accompagnerez ainsi les premiers voyages de lycéens de seconde, première et terminale à Auschwitz-Birkenau.

En participant au premier voyage de professeurs, organisé par l’Amicale d’Auschwitz en octobre 1994, vous êtes confrontée à la réalité des lieux pendant quatre jours. Profondément choquée face à l’immensité de cet univers dont personne ne devait revenir, vous prenez conscience de l’organisation criminelle entreprise par les nazis : crime sans traces, sans ruines ni tombes, et surtout sans raison.

Avec Nicole, vous décidez de travailler sur la mémoire et l’histoire de la Shoah, en organisant des conférences publiques au lycée et des projection s de films rassemblant des témoins et des professeurs. Vous poursuivez cette tache sous d’autres formes , au sein du cercle d’étude de la déportation et de la Shoah-Amicale d’Auschwitz, avec le soutien de l’Association des professeurs d’histoire et géographie et de l’Éducation nationale. Présidente de cette association laïque respectueuse de toutes les identités, vous éditez des brochures, en reprenant et analysant le contenu des conférences : 56 ont été publiées à usage pédagogique.

En conclusion, chère Marie-Paule, je tiens à vous remercier pour votre travail, votre implication, votre loyauté et surtout votre engagement dans la transmission de la mémoire.Merci de nous avoir écouté, entendu, permis de nous exprimer et d’évacuer les souffrances d’une adolescence à jamais meurtrie et estropiée. On ne quitte jamais Birkenau, et la mémoire est un devoir envers les vivants.

Nos sociétés sont à jamais tourmentées et la situation actuelle nous oblige à rester vigilants et attentifs à ce que des Humains peuvent infliger à d’autres humains .Nous avons besoin de tous pour lutter contre toute forme de racisme, d’antisémitisme et de réécriture falsifiée de l’histoire, le négationnisme. Je sais que ce n’est pas facile et qu’il faudra lutter contre l’ignorance , et surtout éduquer. En tant qu’ancienne déportée , je reste la voix de celles et ceux que nous avons du laisser sur le bord du chemin et à qui nous avons fait serment d’être également leur témoin , et comme le disait Simone Veil « Birkenau est notre mémoire et votre héritage ».

Merci Marie-Paule pour votre énergie, et avec beaucoup d’émotion : par les pouvoirs qui nous sont conférés, au nom du Président de la République , nous vous faisons chevalier de la Légion d’honneur.

Yvette Lévy

Texte de Marie-Paule Dhaille Hervieu.

Mesdames, messieurs, chers amis.

Ma chère Yvette, je suis heureuse, à titre personnel, et honorée en tant que présidente du Cercle d’étude de la déportation et de la Shoah, que ce soit toi qui me remette aujourd’hui l’insigne de Chevalier de la Légion d’honneur. Ton histoire singulière fait sens et écho pour nous.
En effet, la jeune Yvette Dreyfus s’est engagée dans le mouvement des Éclaireurs israélites de France, et elle est restée fidèle à la mémoire de cet engagement de son enfance et de son adolescence , elle a aussi habité au 67 rue de la Roquette, tout près d’ici.Puis , à la suite des rafles de femmes et d’enfants juifs , à l’été 42, tu t’es engagée, à 16 ans, dans la Sixième, structure clandestine de résistance, de sauvetage de personnes menacées dans leur existence par les retombées d’une politique génocidaire, celle de l’Allemagne nazie. Comme le disait si justement le grand historien de la tentative de destruction des Juifs d’Europe, Raoul Hilberg, dans son livre « Exécuteurs, victimes, témoins » : « La communauté juive tentait de limiter les pertes » et tu as fait en sorte que des enfants de parents arrêtés, déportés, soient hébergés ou camouflés.

Suite à ta déportation, à 18 ans, le 31 juillet 1944, à Auschwitz-Birkenau, par le convoi 77, déportation de représailles avec 300 enfants des maisons de l’UGIF, tu as vécu et subi l’enfer des camps de concentration , d’extermination puis de travaux forcés à Weisskirchen, près de Kratzau, dans les Sudètes ;et tu as tenu avec la volonté et le courage qui sont les tiens : tu pesais 36kg à ton retour.
Dès la libération, adhérente de la première heure de l’Amicale d’Auschwitz et des camps de Haute Silésie, et de la FNDIRP (fédération nationale des déportes, internés, résistants et patriotes)tu n’as cessé de témoigner, en particulier à Drancy, nous t’y avons entendue, devant élèves et professeurs et d’accompagner des voyages d’étude à Auschwitz et Birkenau, tu nous a même accompagnées dans le camp de Natzweiler-Struthof,en Alsace annexée, avec nos lycéens.Cette ténacité, cette vaillance me touchent et t’ont valu très récemment d’être nommée commandeur dans l’ordre national du mérite national, au titre du ministère de l’Éducation nationale et de la jeunesse, nous en sommes très heureux et t’adressons toutes nos félicitations. Nous pensons aussi aux absents, avec qui nous avons eu des relations d’amitié partagée : Albert Biegielman, Henry Bulawko, Ida Grinspan, Nadine Heftler, Gilbert Michlin, Jean-Louis Steinberg…

Je voudrais remercier maintenant toutes les personnes qui se sont déplacées ou m’ont écrit : les personnalités présentes, mes familles Dhaille et Hervieu, et mes amis : Monsieur le maire du 11e, François Vauglin, cet arrondissement qui nous accueille si généreusement dans ses locaux municipaux, et sa première adjointe, Martine Debieuvre, M. L’inspecteur général d’histoire, président du jury des correcteurs du Concours national de la Résistance et de la déportation,Tristan Lecoq, Mme Catherine Gay Boisson, proviseure de la cité scolaire Buffon, lycée si ouvert à nos activités de transmission de la mémoire et de l’histoire, des résistances et des déportations, Mme Gabrielle Rochmann, représentant M. Philippe Allouche, directrice générale adjointe de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, mesdames les présidentes de Ciné-histoire, Nicole Dorra, et du jury du prix Jean Zay, Nine Moati et Patricia Mamet Soppelsa, Mme Aleth Briat représentant l’association nationale des professeurs d’histoire et géographie, Mme Hélène Mouchard Zay, au nom de tous les siens, présidente du Cercil-mémorial des enfants du Vél d’Hiv.

Merci à Jean -François, mon mari qui m’accompagne quotidiennement, y compris dans les moments difficiles que traverse toute association et a écrit notamment quelques articles remarquables pour le site du Cercle d’étude.Merci à mon frère et à ma belle sœur pour leur aide sans faille, au nom des valeurs humanistes que nous partageons. Merci à mes filleuls venus de loin. Merci à tous mes amis, personnels, et/ou liés à mes multiples engagements dans la longue durée, ils se reconnaitront : ceux et celles de mon adolescence jéciste, de mes études au lycée Camille Sée et à l’Université de Rouen, ceux de la cellule Politzer, ce philosophe réfugié politique, d’origine juive hongroise, résistant antifasciste, fusillé au Mt Valérien, en 1942, ceux de la Maison de la culture du Havre, du festival cinéma et histoire à Valence, des partenariats éducatifs pour la paix, avec des lycées israéliens et palestiniens, du jury du prix Jean Zay, de l’Amicale de Mauthausen et Odette Szylit, de l’association à la mémoire des enfants juifs déportés du 11e, pour son incomparable recherche, nom par nom, famille par famille. Enfin last but not least, mes chères amies et camarades du Cercle d’étude de la déportation et de la Shoah, avec lesquels je suis investie depuis 25 ans, dans un long et intense travail d’histoire et de mémoire. Je ne sais si comme le disait Pierre Nora, nous sommes devenus des « historiens publics » mais il est sur que nous essayons de contribuer à une formation intellectuelle et civique contre ce que le Tribunal pénal international appelle un « crime de génocide » qu’il distingue des « crimes de guerre » et « crimes contre l’humanité » : je cite V. Jankélévitch, dans « L’Esprit de résistance » : « crime vraiment infini, dont l’horreur s’approfondit au fur et à mesure qu’on l’analyse ».
Deux éléments de réflexion sur la longue durée , à partir de nos histoires : Pourquoi s’engage t’on professionnellement , bénévolement, dans des structures associatives de mémoire et d’histoire, des résistances et des déportations : il me semble qu’il y a trois piliers :d’abord la transmission familiale, pour ce qui me concerne, tu l’as rappelé, celle de mon père qui fut un partisan déclaré ,un admirateur de Pierre Mendès France, du jeune député de Louviers dont il fit la campagne électorale en 1932, devenu ministre du Front populaire, puis résistant , jusqu’au président du conseil de la 4e république…Avec ses fils et fille , nous représentions toutes les tendances de la gauche plurielle, attachés à l’intégrité personnelle et à la République moderne, dont nous espérions , avec l’historien Maurice Agulhon, qu’elle s’achèverait dans le socialisme démocratique. J’aime bien cette analyse de Zeev Sternhell, spécialiste de l’histoire des idées, disant, après Léon Blum, que « le socialisme démocratique est le produit de la philosophie de l’histoire de Marx et de la philosophie de la liberté de Kant ».
Deuxièmement l’éducation sous toutes ses formes : l’école, les lycées et l’Université où j’eus d’excellents professeurs d’histoire et de lettres, anciens résistants, militants de la cause des peuples colonisés, grands intellectuels. Enfin l’activité professionnelle de professeure et de chercheure à l’Institut d’études politiques de Paris et les rencontres : le désir de transmettre un savoir sur des sujets méconnus , en recourant à des archives et à des témoins irremplaçables, car comme l’écrivait Albert Camus , dans « Les Justes », en 1947 « Qui répondrait en ce monde à la terrible obstination du crime si ce n’est l’obstination du témoignage » ? Et je continue à être partisan de l’éducation populaire, dans des structures para-universitaires auxquelles j’ai participé, comme l’Université nouvelle au Havre ou l’Université populaire de Gennevilliers.

J’en arrive au Cercle d’étude et à son histoire, que je vis quotidiennement. Cette association de déportés et de professeurs date de 2004, mais elle a une double préhistoire :celle des journées mémoire et histoire des résistances et déportations, continuées pendant plus de dix ans, au lycée Edgar Quintet, avec ma collègue et amie Nicole Mullier, et celle d’un voyage d’étude, fin octobre 1994, de professeurs et bibliothécaires documentalistes à Auschwitz-Birkenau, Lublin-Maidaneck et ghetto de Varsovie,organisé par l’Amicale d’Auschwitz et son secrétaire général, Raphaël Esrail. Ce fut pour moi un choc intellectuel et émotionnel…il a été décidé, dès le retour, de constituer une structure d’échanges et de réflexion sur les témoignages de déportés, leur transmission auprès des jeunes, les travaux de recherches interdisciplinaires, et les ressources documentaires et pédagogiques s’y rapportant, parce que comme l’écrivait Paul Ricoeur « un document n’est pas donné, il est cherché, constitué, institué. Le terme désigne ainsi tout ce qui peut être interrogé par l’historien, en vue d’y trouver une information sur le passé, à la lumière d’une hypothèse d’explication et de compréhension ».

Le Cercle d’étude de la déportation et de la Shoah est resté intégralement fidèle à ses engagements statutaires, tels qu’ils ont été publiés au Journal officiel et dans la revue « Historiens et géographes », association cofondatrice du Cercle d’étude, avec l’Amicale d’Auschwitz, présidée par Henry Bulawko, dont Raphaël Esrail était le secrétaire, lesquels nous ont donné les moyens matériels et financiers de notre fonctionnement, et je les en remercie. Il s’agissait alors, il s’agit encore de promouvoir et de défendre les principes et valeurs que sont le respect des droits humains, la laïcité, le refus de toute forme de racisme et d’antisémitisme, l’égalité en dignité des hommes et des peuples.

Nous avons donc organisé des conférences publiques et publié, à la suite, 56 Petits Cahiers sur une grande diversité de thèmes, le dernier en date, le 57e devrait être édité en en décembre 2018, ayant pour sujet « Charlotte Delbo, résistante, écrivain de la déportation », suite à l’excellente conférence de Ghislaine Dunant, et à l’un des derniers témoignages enregistrés d’Ida Grinspan sur son amie Charlotte. Je me permettrai de citer deux courts extraits d « Auschwitz et après » , tome II : « Une connaissance inutile » qui rend compte de l’écriture forte et poétique de Charlotte Delbo
Ce point sur la carte
Cette tache noire au centre de l’Europe
cette tache rouge
cette tache de feu cette tache de suie
cette tache de sang, cette tache de cendres
pour des millions
un lieu sans nom.
...
Depuis quelques années on sait
On sait que ce point sur la carte
C’est Auschwitz
On sait cela
Et pour le reste on croit savoir.

La dernière phrase est saisissante et je la reprendrai entièrement à mon compte.
Nous avons produit 7 DVD sur les thèmes du concours national de la résistance et de la déportation, avec le soutien de la fondation pour la mémoire de la Shoah, dont un avec l’amicale des déportés à Bergen-Belsen ; nous avons publié un livre sur « les Évasions » , suite à une journée d’étude, avec conférences et témoignages, organisée avec huit amicales de camps (Buchenwald, Mauthausen, Neuengamme, Sachsenhausen) et Ciné-histoire, plus un Petit Cahier sur les Marches et trains de la mort subies par les déportés juifs et les déportés pour faits de résistance. Je vous invite enfin à consulter le site du Cercle d’étude, avec les 675 articles publiés depuis 10 ans, qui ont été vus par 1 350 000 visiteurs.

Enfin je terminerai par deux projets : celui de petits cahiers sur « Le Sauvetage des enfants juifs par l’OSE pendant l’occupation », conférence de l’historienne Katy Hazan, et témoignage de Samuel Pintel, qui enfant âgé de six ans, eut la chance de partir de la Maison d’Izieu, avant la rafle des 44 enfants et de leurs 7 éducateurs, en avril 1944. Et le second sur « Les enfants et adolescents juifs du 11e arrondissement, déportés seuls ou fusillés, de 1942 à 1944 ». En relations approfondies avec Odette Szilit et l’AMEJD 11e, je rappellerai que 1637 enfants juifs ont été déportés de cet arrondissement, dont certains avaient moins d’un mois. Nous travaillons sur ceux qui furent déportés sans parents ni fratrie, plus de 300 à ce jour, parce que pour être nés Français, ils avaient des parents d’origine juive étrangère, et sur ceux qui adolescents, s’engagèrent dans toutes les formes de résistance, y compris armée, d’appartenance communiste, comme les Bataillons de la jeunesse ou les FTP : Francs-tireurs partisans-Moi : main d’œuvre immigréequi furent déportés ou fusillés. Ils allaient mourir à 20 ans ….

Je conclurai par une citation d’Albert Camus, dans un éditorial du 10 mai 1947 écrivant « Il est nécessaire de dire clairement que ces signes spectaculaires ou non, de racisme (et d’antisémitisme) révèlent ce qu’il y a de plus abject et de plus insensé dans le cœur des hommes. Et c’est seulement quand nous en aurons triomphé que nous garderons le droit difficile de dénoncer, partout où il se trouve, l’esprit de tyrannie et de violence ».