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Jacques Lazarus - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Jacques Lazarus

Itinéraire d’un Juif de France dans le siècle, Jacques-Bernard SADON, Conform édition
lundi 27 décembre 2010

Lorsqu’il rejoint l’Armée juive en février 1943, un peu par hasard, à la suite d’une rencontre avec un ancien condisciple de l’École de travail israélite du Bas Rhin, alors qu’il envisageait de rallier la " France Libre à Londres en passant par les Pyrénées, c’est toujours pour servir et apporter son savoir-faire en matière militaire. Au sein de l’organisation, il sera l’homme de nombreuses missions de confiance ; la dernière en date, celle de juillet 1944 faillit lui coûter la vie. J.B. Sadon

Un extrait de Juifs au combat et un CR de Jacqueline Duhem

Jacques LAZARUS 1916-2014

Né en 1916, dans une famille juive d’Alsace, très patriote, souhaitant faire une carrière militaire, il est sous-officier dans l’armée française en 1939-40. Il en est exclu par application du statut des Juifs, et cherche à passer en Espagne. C’est en février 1943 qu’il rencontre un de ses anciens camarades de l’École de Travail israélite de Strasbourg qui le convainc de rejoindre l’Armée juive (AJ) dans la région de Grenoble. Il continue à travailler tout en s’investissant dans les activités de sauvetage.
Il est, à partir de l’automne 1943, chargé de l’instruction militaire des jeunes militants sionistes, et se déplace en France, dans le cadre de missions, comme l’inspection du maquis du Rec, dans le Tarn, un maquis de l’AJ. Il participe à la récupération d’armes pour la résistance dans la région de Toulouse (mars 1944). Chargé de contacter un agent de l’Intelligence Service, dans le but de faire entrer une unité juive au sein des forces militaires alliées, il est en fait livré à la Gestapo, par celui qui se faisait passer pour Charles Porel, Karl Rehbein, un agent de l’Abwehr, le service de renseignement de l’armée allemande.
Jacques Lazarus, et le rabbin Rémi Kapel qui l’accompagnait, sont arrêtés à Paris, le 17 juillet 1944. Emprisonnés à Fresnes, puis dans le camp de Drancy, ils sont déportés le 17 août 1944, dans le wagon dit des “51 otages”, dernier wagon à quitter la gare de Bobigny, wagon accroché au train de l’armée allemande en fuite, en guise de protection. Jacques Lazarus et 27 de ses camarades réussissent à s’évader avant l’arrivée du train en Allemagne.
Après la guerre, il est chargé de fonder à Alger, une école professionnelle, l’école de l’ORT (Organisation-Reconstruction-Travail, une organisation juive). Il s’y établit et fonde une famille. Il rédige, dès 1947, “Juifs au combat”, son témoignage édité par le CDJC, le Centre de documentation juive contemporaine.

 Jacques Lazarus itinéraire d’un Juif de France dans le siècle

SADON Jacques-Bernard, Jacques Lazarus, Itinéraire d’un Juif de France dans le siècle : de la métropole à l’Afrique du Nord (1943-1962), Mémoire de maîtrise, Conform édition, 3 rue Darboy 75011 Paris
commander le livre :
bio-lazarus@orange.fr

Jacques Lazarus par JB Sadon

Extrait d’un article de la revue “ Information juive” présentant le Mémoire de maîtrise de Jacques-Bernard Sadon [1]Jacques Lazarus, itinéraire d’un Juif de France dans le siècle : de la métropole à l’Afrique du Nord 1943-1962.

À la Libération, [Jacques Lazarus] est chargé d’installer le bureau de l’AJ-OJC [2] et milite pour la reconnaissance officielle du mouvement par les autorités de la Résistance. Il participe à de nombreux meetings de soutien à la cause de la Palestine Juive (nous sommes en 1945) et fait partie de la délégation des combattants et résistants juifs qui remettra à David Ben Gourion, alors président de l’exécutif de l’Agence juive, le drapeau bleu-blanc qui, dans le maquis AJ, avait flotté à côté du drapeau tricolore.
Secrétaire général du service central (SCDI) des déportés israélites, installé boulevard Haussmann, dans des bureaux mis à la disposition du service par un camarade de résistance également évadé du dernier wagon, André Amar ; il se consacre avec d’autres résistants à l’accueil et à la réinsertion des rares rescapés rentrant de l’enfer nazi. Il fait du reste partie de la délégation qui est reçue par le ministre des prisonniers et déportés, Henri Frenay dont il obtient que le SCDI soit institué comme organe pré-recruteur pour la mission française de rapatriement. Il retourne à Alger pour ouvrir l’ORT et y reste jusqu’en 1962.

Jacques Lazarus est décédé le 7 janvier 2014.

 Juifs au combat

Extrait de Juifs au combat de Jacques Lazarus :

Il fut décidé que René Capel et moi partirions quelques jours plus tard, par avion, pour Londres… La date de départ fut fixée au 17 juillet [1944]…
Le 17, à 18 heures, nous nous trouvions au café de la Régence. Charles nous présenta celui qui devait nous guider jusqu’au rendez-vous, la station Michel-Ange-Auteuil. C’est là, qu’une voiture viendrait nous prendre et nous conduire à l’aérodrome.
Conduits par notre guide bienveillant, au visage affable, nous descendons à la station indiquée. La voiture est là ; le chauffeur nous attend.
Demain nous serons à Londres et pourrons nous rendre compte par nous-mêmes de l’efficacité des V1, dont les bombardements se succèdent alors sur la capitale anglaise.
La voiture démarre. René et moi sommes assis sur la banquette arrière ; notre obligeant cicerone prend la place avant, à côté du chauffeur.
L’auto parcours rapidement cinq cent mètres.
Brusquement notre guide se retourne, son visage souriant a pris un masque de haine ; il a braqué sur nous un revolver : « Les mains sur la tête ! » - commande-t-il.
Je me souviens qu’aux premières secondes, des images confuses se succèdent à une allure vertigineuse dans mon esprit.
La voiture s’arrête maintenant devant le porche d’un immeuble.
J’ai appris plus tard qu’il s’agissait du siège de la Gestapo, 180 rue de la Pompe…
Nous sommes aussitôt accueillis par trois gardiens, poussés dans une pièce, fouillés, interrogés, tandis qu’autour de nous, une bande, la pipe aux lèvres, forme cercle.
Deux revolvers sont braqués sur nous.
Manuel brusquement est entré…
Il couvre René d’injures, lève la main pour le frapper. Un homme s’interpose et le calme : « Il ne faut rien faire avant l’arrivée du Chef », lui dit-il...
… J’ai revu Charles Porel [3], quelques semaines après la Libération … dans les bureaux de la Police judiciaire, quai de Gesvres.
… Pressé de questions, il avoua… Des centaines de résistants avaient été ses victimes.

LAZARUS Jacques (Capitaine JACQUEL), Juifs au combat, Éditions du Centre (CDJC), Paris, 1947, 155 p.

livre J. Lazarus

Compte-rendu du livre de Jacques Lazarus Juifs au combat par Jacqueline Duhem :ici

Un DVD du Cercle d’étude dans lequel Jacques Lazarus témoigne (le demander au Cercle, 73 av. Parmentier 75011 Paris)
nouvelle adresse :
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah
Maison des Associations du 11e arrondissement,
8, Rue du Général Renault, 75011 Paris
DVD (5) : CNRD La répression de la Résistance en France : des résistants déportés témoignent
LAZARUS Jacques et alii, Organisation juive de combat, Résistance/sauvetage. France 1940-1945, Autrement, 2006, édition revue et augmentée, 2008
http://www.memoresist.org/spip.php?page=memorial
Un témoignage en ligne de Jacques Lazarus :
http://www.akadem.org/dyn/open.php?lien=/photos/contextuels/1199_Jacques_lazarus.pdf

 L’Armée juive

En juillet 1940, Abraham Polonski et David Knout créent la Main Forte. En août 1941, avec Lucien Lublin, ils créent l’Armée Juive. La direction de l’Armée Juive s’étoffe. Léonard Zupraner, Dika Jefroykin et Alexandre Kowarski, fin 1941-début 1942, rejoignent l’état-major de l’organisation de l’AJ. Il s’agit d’une structure militaire dont le but principal est de résister par les armes (création de maquis) et par les sauvetages des Juifs (faux papiers, planquage, passages de frontières) et d’aider à la fondation d’un État juif en Palestine. Elle prend en charge des filières de passage en Espagne, organise la formation militaire des jeunes engagés (Jacques Lazarus), dans la perspective de créer des maquis (celui du Rec, près de Mazamet, dans le Tarn), en liaison avec l’Armée secrète, et arme des Groupes francs pour des actions immédiates (ainsi à Nice où des dénonciateurs de Juifs sont abattus). Structurée à partir de grandes villes (Toulouse, Lyon, Grenoble, Nice, Paris), elle est en passe de s’intégrer au Mouvement de Libération nationale (MLN), créé fin 1943, quand sa section parisienne est démantelée par l’action d’un agent de l’Abwehr (service de renseignement allemand), Karl Rehbein, se faisant passer pour Charles Porel, de l’Intelligence Service (service de renseignement britannique). Depuis le 1er juin 1944, l’Armée juive s’est transformée en OJC (Organisation juive de combat) et devient une unité des FFI (Forces françaises de l’intérieur).

 Karl Rehbein

alias Charles Porel, agent de l’Abwehr et le massacre de la Cascade du Bois de Boulogne
C’est Karl Rehbein qui a, sous le nom de Charles Porel, piégé Jacques Lazarus. Il a alors une longue carrière dans les services de l’Abwehr, d’abord au service des troupes de Franco pendant la guerre d’Espagne, puis dans les camps d’internement du sud de la France, avant de diriger le service de police allemande à Perpignan ; de mai à juillet 1944, il est responsable de l’arrestation de nombreux cadres de l’Armée juive à Marseille, Toulouse, Paris.
Mais il est surtout responsable du massacre de la Cascade du Bois de Boulogne. Août 1944, Paris est en effervescence, les Alliés avancent, l’insurrection se prépare. Les résistants cherchent des armes. De jeunes chrétiens, les JCC (Jeunes combattants chrétiens), entrent en contact, par l’intermédiaire d’une infirmière, avec Karl Rehbein, alias Charles Porel de l’Intelligence Service, qui leur promet beaucoup d’armes et rapidement. Les JCC en proposent à d’autres groupes, des FFI-FTP de Chelles et des jeunes de l’OCM (l’Organisation civile et militaire). Le 16 août, ces trois groupes de résistants se regroupent près de la Porte Maillot. Certains montent dans un camion bâché sur ordre d’un “ capitaine ”, sans doute un gestapiste français, ils sont conduits nuitamment dans le Bois de Boulogne (secteur interdit aux Parisiens durant toute la guerre). Contraints à descendre, trente-cinq jeunes sont mitraillés, les uns sur les cadavres des autres, puis trois grenades sont lancées sur les victimes. Sept autres victimes sont également assassinées rue Leroux. Ces massacres ont laissé un souvenir particulier dans la mémoire de la résistance parisienne, ils eurent lieu huit jours avant la Libération de Paris, les jeunes résistants exécutés venaient de différentes organisations et le massacre fut particulièrement sauvage.
Le procès des responsables du massacre s’ouvre à Paris huit ans plus tard, le 20 novembre 1952. Le cas de Karl Rehbein est dissocié, parce que “ officier allemand en service”. Finalement il termine sa vie paisiblement en Bavière, militant toujours dans des associations néonazies.

Sur l’AJ.
http://www.juifs-en-resistance.memorialdelashoah.org/

N.M. 2010-janvier 2012

[1voir l’introduction de l’article de J. B. Sadon

[2Armée juive-Organisation juive de combat

[3en réalité Karl Rehbein


titre documents joints

C.R. Juifs au Combat

12 janvier 2011
info document : PDF
73.2 ko

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