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J’ai pas pleuré, Ida Grinspan - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

J’ai pas pleuré, Ida Grinspan

Ida Grinspan et Bertrand Poirot-Delpech, Paris, éd. Robert Laffont, 2002
dimanche 15 juin 2008

Par Jean-Louis Steinberg, déporté et témoin

La première partie « Juive à Lié » décrit la vie de Ida dans le petit village poitevin où ses parents l’avaient envoyée au printemps 1940, avant la défaite de la France.
La seconde partie « De l’homme au Stück » décrit l’arrestation d’Ida et sa déportation.
Enfin, la 3ème partie, « Et après » traite du retour d’Ida à la vie.

GRINSPAN Ida et POIROT-DELPECH Bertrand, J’ai pas pleuré, Paris, éd. Robert Laffont, 2002, 245 p.

Ce livre a été écrit par Ida Grinspan, une survivante de la Shoah et Bertrand Poirot-Delpech de l’Académie Française. Les deux auteurs se sont rencontrés à Auschwitz où Ida Grinspan retournait pour la première fois en 1988 et que Bertrand Poirot-Delpech visitait pour la première fois comme journaliste. Ils se sont rencontrés là-bas, ont beaucoup causé, sont devenus amis et ont décidé ensemble d’écrire ce livre paru en 2002. Les deux auteurs ont été profondément marqués par la Shoah : Ida a perdu ses parents déportés « raciaux » en 1942 et a été déportée elle-même à Auschwitz. Bertrand avait, pendant l’occupation, un camarade juif qui, un jour, a disparu ; à 16 ans, il a accueilli les survivants à l’Hôtel Lutetia ; ensuite, il a rendu compte à son journal des procès Barbie, Touvier et Papon.

Poirot-Delpech, selon le journal Le Monde, a été un militant infatigable de la Mémoire de la Shoah, un pourfendeur de la collaboration française avec le nazisme. Il fut le premier président de l’association de la Maison d’Izieu.

Le livre est divisé en 3 parties : la première « Juive à Lié » (40 pages) décrit la vie de Ida dans le petit village poitevin où ses parents l’avaient envoyée au printemps 1940, avant la défaite de la France. La seconde « De l’homme au Stück » (140 pages) décrit l’arrestation d’Ida et sa déportation ; et comment une fille de 14 ans, les Allemands ont essayé de faire un « Stück », une pièce inerte. Enfin, la 3ème partie, « Et après » (40 pages) traite du retour d’Ida à la vie et de comment Ida et Bertrand voient aujourd’hui cette période de leur vie et l’avenir de l’humanité.

Ce qui fait, à mon avis, la grande originalité de ce livre, c’est que c’est un récit ; la plus grande partie de ce qu’Ida a voulu y mettre est entre guillemets : elle parle à Bertrand qui a probablement noté ou enregistré ce qu’elle disait, généralement après lui avoir posé des questions. A certains endroits, il s’agit d’une conversation, ce qui rend le texte très vivant et très émouvant, beaucoup plus que d’autres œuvres de survivants qui sont un peu rédigées comme un texte d’histoire où, souvent, on décrit le détail matériel des persécutions sans détailler la souffrance des victimes que l’on peut seulement imaginer. Ce qu’Ida a vécu est exposé comme une suite d’événements, présentés principalement comme ce qu’ont senti et souffert ceux qui l’ont aidée ou persécutée en France ou ses camarades de déportation. Le lecteur a plus affaire au sort d’êtres humains, à leurs souffrances ou à leurs joies, qu’à des faits ou des actes barbares. Même dans la partie où la vie à Auschwitz est décrite, on sera plus ému par le comportement individuel des camarades d’Ida et à leur remarquable solidarité, que révolté par les mécanismes de la persécution nazie. Au point que les conditions de travail à Auschwitz ne sont décrites que dans 4 à 5 pages d’un volume de 240 pages. Dans plusieurs sections, Bertrand cadre ce que lui dit Ida dans le contexte historique. Le lecteur retiendra sûrement, pendant longtemps, qui était Alice, la fermière poitevine qui logeait Ida, Madame Picard, l’institutrice qui l’a aidée à étudier et avec qui elle passa son certificat d’études, les différentes camarades de déportation qui l’ont aidée moralement et, quelquefois, matériellement, l’infirmière polonaise Wanda, qui lui a sauvé la vie en la soignant à Neustadt après l’évacuation et plusieurs autres personnes.

En lisant ce livre, on croit entendre Ida et c’est inoubliable.

Jean-Louis Steinberg

Pour voir et entendre Ida :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article60


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