Cercle d’étude de la Déportation
et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

mercredi 26 août 2009

Une Française juive est revenue

Suzanne Birnbaum, rééd. UDA/FMS, 2003

1- lecture par Ginette Kolinka, déportée et témoin

Il est compliqué pour moi d’étudier un livre de déportée car je le compare toujours avec mon vécu.

J’ai connu Suzanne à Raguhn ayant été choisie à Bergen-Belsen pour travailler dans cette usine de métallurgie – comme elle j’ai été libérée à Theresienstadt (Terezin).

2- fiche à télécharger : analyse du livre à l’usage d’élèves de 3ème par Laurence Krongelb, professeure

Une Française juive est revenue

Dans sa préface lorsque Suzanne Birnbaum écrit “ le devoir des survivants est de témoigner pour que ceux qui n’ont pas vécu cette tragédie soient avertis – la méditent – prennent garde ”, je suis tout à fait d’accord avec ces trois "ordres" sans être certaine du résultat…

Son arrestation n’est pas tout à fait la même que la mienne, mais j’ai également eu un mois à peu près de prison (à Avignon puis aux Baumettes à Marseille) avant l’arrivée à Drancy.

Concernant Drancy, je suis d’accord avec elle, ce n’était pas, tout au moins pour nous, les jeunes, terrible ; les plus âgés avaient une autre opinion, je pense qu’ils devaient se faire du souci, moi, comme les autres jeunes, je ne réalisais pas.

Pour ce qui est des jours, des heures, des dates je les ai apprises par des camarades nouvellement arrivées ou à mon retour en lisant des livres : départ le 13 avril 1944 (convoi 71), arrivée le 16 avril [1], nous n’avons rien appris quant à la direction, elle parle de Metz. Etions-nous soixante ? Ou plus dans le wagon ? Pas d’éclairage, cela j’en suis certaine. Des seaux avec de l’eau ? Une citerne pour les besoins, oui, plutôt une tinette.

Je suis d’accord avec ce qu’elle décrit pour l’arrivée – je crois que ce sont les déportés (tenues rayées) qui nous ont fait descendre des wagons, les officiers hurlaient, nous dictaient les ordres.

A propos du déshabillage, j’ai vécu à peu près le même genre de choses, mais pour moi le couloir, c’était une grande salle. Je suis d’accord avec elle, on est nue pour l’enregistrement, le tatouage et le rasage, ensuite il y a la petite salle où l’on nous rase – c’est exact, nous aussi nous avons ri de nous voir sans cheveux, un rire "jaune" très certainement.

Je parle toujours de cette distribution de vêtements, pour nous : ni châle, ni bas, juste une chemise et une ne robe ou une jupe, ni chiffon, ni chemise, mais on était arrivé en avril. Pour ma part, j’ai eu une chemise et des chaussures.

Le texte en entier :

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fiche par Ginette Kolinka

Analyse du livre à l’usage d’élèves de 3ème par Laurence Krongelb, professeure

PDF - 27.8 ko
Fiche 3 ème

BIRNBAUM (Suzanne), Une Française juive est revenue, (document écrit en 1945), Paris, les Éditions du livre français, 1946, 199 p (rééd. UDA/FMS, 1989, 2003)

[1] Ginette Kolinka a été déportée avec son père, Léon Cherkasky, son frère, Gilbert, et son neveu, Georges Marcou.


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