Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Henry (Hans) Kamm, réfugié aux Etats-Unis en 1941

interprète aux procès de Dachau, journaliste
samedi 25 décembre 2021
Henry -Hans- Kamm est né en 1925 à Breslau (Wrocław). Ses parents de milieu modeste, étaient communistes. En 1933, il a dû fréquenter une école juive, mais l’après-midi, il continuait à rencontrer ses amis, ils jouaient au football et se baignaient dans l’Oder.

Après les pogroms de la « Nuit de cristal » en novembre 1938, son père est arrêté et déporté au camp de concentration de Buchenwald. Relâché quelques mois plus tard, il s’enfuit en Angleterre. Hans et sa mère partent de Berlin dans un train scellé, traversent la France occupée, passent par l’Espagne et continuent vers Lisbonne. Un cargo les emmène aux États-Unis, avec plus de 600 réfugiés à bord, en 1941.

En 1944, il revient en Allemagne sous l’uniforme américain comme son ami Stefan Heym et d’autres exilés allemands pour libérer l’Europe (Georg Stefan Troller ou Klaus Mann).

Tribunal militaire de Dachau
Wikipedia

Affecté au camp de Dachau, il est interprète de la défense lors des procès contre des criminels de guerre, ce qu’il supporte mal. De retour aux États Unis, il devient journaliste pour le New York Times, correspondant à l’étranger. Il réalise de nombreux reportages.
En Allemagne, il interview Willy Brandt, émigrant, résistant et cependant chancelier.

Il a su faire la différence entre les « Allemands et les Allemands », à Breslau, ses copains d’école non juifs, « certains amis allemands qui ne nous avaient jamais quittés pendant les années terribles et sans l’aide desquels notre histoire aurait très probablement pris une autre tournure. »

Il a obtenu la nationalité allemande et a pu voter pour la première fois en Allemagne en 2021.

Pour son reportage sur les réfugiés boat people, il a eu le prix Pulitzer en 1978.

https://www.zeit.de/2021/39/henry-kamm-bundestagswahl-ausland-holocaust-2-weltkrieg-journalismus/komplettansicht

HEYM Stefan, Les Croisés, Gallimard, 1950, traduit de l’anglais, The Crusaders, 1948

NM