Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

BAR Sylvio

dimanche 11 avril 2021

BAR Sylvio, 33 ans en 1944,

survivant

Sylvio, dit aussi, selon les sources, Sylvo, Bar est né le 2 janvier 1911 à Vijenca (orthograpié aussi Vigenca ou Vizenca ), en Roumanie. On sait peu de choses sur sa vie avant la guerre. A son arrivée à Drancy, il dit habiter à Espalion dans l’Aveyron, mais cette adresse lui servait de « couverture« car, comme il le dit lors de son entretien à la libération du camp, il habitait en réalité à Lyon. Il s’y était engagé dans la résistance. Il faisait partie de la direction du Mouvement »France D’abord", organisation clandestine lyonnaise spécialisée dans le renseignement. Un des fondateurs de ce groupe clandestin est Georges Cotton que connaissait bien Sylvio Bar. Lorsque les Alliés l’interrogent au camp de Buchenwald, il le cite dans les personnes qu’il connaît à Lyon. Ce mouvement l’avait envoyé en mission à Paris en 1944. Il est arrêté le 6 juin par le Kommando de Drancy rue de la Pompe, dans le 16ème arrondissement. Ce Kommando est composé de trois internés viennois du camp de Drancy, Oskar Reich, et ses deux subordonnés, Vielfschtadt, dit Samson et Veschsler. Il réalise, sous la direction de deux SS des arrestations dans la capitale. Ils sont chargés de repérer tout Juif en liberté à Paris. Les personnes arrêtées sont conduites au camp le plus souvent le jour même, sans enregistrement de ces arrestations « sauvages ».

Sylvio Bar entre au camp de Drancy le 7 juin, avec le matricule 23716. Le 30 juin, il est conduit à la gare de Bobigny avec 1 153 internés destinés à être déportés vers le centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau. C’est le 76ème convoi de déportés juifs parti de Drancy.

Sylvio Bar se trouve dans le wagon de tête du convoi où avaient été regroupés des hommes seuls. Il dit qu’ils étaient nus dans son wagon et que lui était attaché à un autre déporté leurs jambes ensemble enchaînées. Suite à une tentative d’évasion, ils avaient été tous déshabillés, descendus sur le quai et remontés dans le wagon. Cet épisode nous a été raconté par plusieurs déportés. Le voyage qui dure quatre jours est épuisant sous la chaleur torride de l’été. Le 4 juillet, le convoi entre à l’intérieur du camp de Birkenau sur la « rampe d’Auschwitz ». Les travaux de Serge Klarsfeld ont permis d’apprendre que 398 hommes sur 654 sont sélectionnés pour le travail forcé. Ce sont généralement les plus jeunes. Le nombre de déportés choisis pour ce travail d’esclave, environ la moitié, est beaucoup plus élevé que celui des transports précédents car les camps deviennent, en 1944, un vivier de travailleurs pour l’industrie de guerre.

Ainsi, Sylvio Bar entre au camp d’Auschwitz III situé à une dizaine de kilomètres d’Auschwitz près du village de Monowitz. Y était installée l’usine surnommée « Buna », d’IG Farben-Industrie destinée à fabriquer du caoutchouc synthétique. Il devient le déporté A- 16562. il se déclare ingénieur, ce qui lui a probablement permis de travailler à l’intérieur, à l’abri du froid.

Le 18 janvier 1945, il fait partie des 250 à 300 déportés du convoi 76 évacués du camp de Monovitz. Il effectue la première marche de la mort, une marche de 60 kilomàtres sur des routes enneigées , en plein hiver, jusqu’à la ville de Gleiwitz, un Kommando du camp d’Auschwitz. Le 20 ou le 21 janvier, 2451 déportés sont entassés dans des wagons à charbon que les hommes rentrés dénommaient « wagons découverts », car sans toit, donc ouverts à tous les vents, à la neige et au froid, sans recevoir de nourriture. Après six jours de transport, il arrive vivant avec 100 hommes du convoi 76 au camp de Buchenwald le 26 janvier 1945. Il reçoit un nouveau matricule, 124011. Il est libéré au camp par les Américains le 11 avril 1945 et rapatrié au mois de mai. Le titre de déporté résistant lui a été attribué officiellement en mai 1946.

Gouvernement militaire d’Allemagne

Questionnaire pour les internés de camp de concentration

Nom du camp de concentration : Buchenwald, près de Weimar, 20 avril 1945
Bar Sylvio, né le 2 janvier 1911, domicilié à Lyon, ingénieur radio. Arrêté à Paris le 6 juin 1944, par le SD.

Raison de l’arrestation : activité terroriste, vol d’explosifs

Lieux de détention : prison de Fresnes ( 6 juin-30 juin), Monowitz, 4 juillet 1944-18 janvier 1945, Buchenwald,27 janvier 1945- libération)

Particularités de l’enfermement et de traitements inhumains et les noms de ceux qui les ont perpétrés, si connus : battu le 6 juin par des hommes du S.D. N4. Dans le transport de France à Monowitz, entièrement nus, enchaînés par les jambes, 2 hommes ensemble, 5 jours sans nourriture et 4 jours sans eau, en juillet 1944.
électricien

Déclaration de Sylvio Bar auprès des autorités des Alliés (gouvernement militaire d’Allemagne), le 20 avril 1945, après la libération du camp de Buchenwald.


























DAVCC Caen-Mémorial de la Shoah-Archives d’Arolsen

Chantal Dossin

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