Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

BAGNO Abraham

dimanche 11 avril 2021

BAGNO Abraham, 48 ans en 1944

Abraham Bagno est né le 22 janvier 1896 à Constynim en Pologne. Il a émigré en France dans l’entre-deux guerres et a été naturalisé le 12 juin 1928. Il s’est marié avec Faigel Zaremba, polonaise probablement. Ils ont eu une fille Anna née le 18/09/1925 et un fils Henri né le 31/03/1927. Ils habitent rue Saint Merri à Paris, dans le 4ème arrondissement, un quartier populaire où résident de nombreuses familles juives. Le père est tailleur, la mère couturière, des professions très répandues chez les Juifs. Anna et sa mère sont arrêtées en 1942 au passage de la ligne de démarcation. En effet, beaucoup de familles juives quittent Paris après la rafle du Vel’ d’Hiv’ et passent la ligne pour rejoindre la zone sud où elles pensent y être plus protégées. Dans le cadre de sa politique anti-sémite, le gouvernement de Vichy renforce alors les contrôles à cette « frontière » pour arrêter toujours plus de Juifs. Anna et sa mère sont internées au camp de Pithiviers et sont déportées par le 6ème convoi parti de Pithiviers pour Auschwitz le 21 septembre 1942. Elles ne sont pas rentrées.

Abraham a également quitté Paris et fui en Zone Sud. Lui n‘a pas été arrêté. On le retrouve à Toulouse, au 26 rue des changes. Il y est arrêté en juin 1944 et entre au camp de Drancy le 19 juin 1944 avec 128 Juifs arrêtés dans la région. Sur la fiche du carnet de fouille il est dit qu’il remet au chef de la police du camp la somme de 5616 francs, puisque chaque interné devait remettre argent et objets de valeur à son arrivée au camp. Le 30 juin, il est conduit à la gare de Bobigny avec 1153 internés destinés à être déportés vers le centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau. C’est le 76ème convoi de déportés juifs parti de Drancy.

Le voyage qui dure quatre jours sous est la chaleur torride de l’été est particulièrement épuisant pour ces familles entassées dans des wagons à bestiaux plombés. Le 4 juillet, le convoi entre à l’intérieur du camp de Birkenau sur la « rampe d’Auschwitz ». Les travaux de Serge Klarsfeld ont permis d’apprendre que 398 hommes sur 654 sont sélectionnés pour le travail forcé. Ce sont généralement les plus jeunes. Le nombre de déportés choisis pour ce travail d’esclave, environ la moitié, est beaucoup plus élevé que celui des transports précédents car les camps deviennent, la dernière année de la guerre, un vivier de travailleurs pour l’industrie de guerre. Abraham Bagno entre au camp d’Auschwitz III situé à une dizaine de kilomètres d’Auschwitz près du village de Monowitz. Y était installée l’usine surnommée « Buna », d’IG Farben-Industrie destinée à fabriquer du caoutchouc synthétique. Il devient le déporté A- 16560.

Le 23 août 1944, moins de 2 mois après l’arrivée du convoi, il est transféré du HKB ( « Haftlingkrankenbau », ce qui signifie mot à mot, bâtiment des déportés malades) de Monowitz au HKB de Birkenau ( voir document). Il fait partie d’un groupe de déportés âgés et probablement très malades. Ils sont dits « Korpörschwäche », affaiblis. Le voyage et le régime du camp les ont déjà épuisés. Aucun d’eux n’est retourné au camp de Monowitz. Ils sont donc décédés au camp de Birkenau où ils ont probablement été gazés.


Extrait de la liste des malades transférés du HK de Monowitz au HKB de Birkenau le 23 août 1945 sur laquelle figure Abraham Bagno

Ainsi, aucun des membres de cette famille n’a survécu.

DAVCC Caen AC21P420426- Mémorial de la Shoah- Archives d’Arolsen.

Chantal Dossin

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