Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

BAEHR Albert

convoi 76
dimanche 11 avril 2021

BAEHR Albert, 54 ans en 1944

Albert Baehr est né le 9 octobre 1889 à Paris. Le 7 juillet 1914, il se marie à Nancy avec Madeleine, Rebecca Michel, fille d’Alfred Michel, dentiste à Namur. Ils ont trois enfants, Michel, né en 1915, Pierre, né en 1917 et Claude, né en 1919 . Ils habitent à Paris dans le 9ème arrondissement, 14 villa Said. Albert Baehr est industriel. Le 12 décembre 1941, la traque commence. Deux des enfants Baehr, Pierre et Michel sont arrêtés. Ce jour-là, 689 Juifs sont arrêtés à Paris à leur domicile par la Feldgendarmerie, la SIPO-SD et la police française. Ce sont tous des hommes de nationalité française et pour la plupart issus de milieux aisés. Ils sont d’abord rassemblés à l’Ecole militaire. La rafle est organisée à titre de représailles contre les actes de sabotage et les attentats dont sont victimes des soldats allemands. En fin de soirée les hommes sont transférés en bus à la gare du Nord, prennent le train pour Compiègne et effectuent les 4 derniers kilomètres les séparant du camp de Royallieu à pied. Ils finissent par arriver à 2 heures du matin. Pierre sera déporté le 27 mars 1942, dans le premier convoi de déportés parti de France pour Auschwitz. Michel n’a pas été déporté et est décédé en 2007.

Albert et Madeleine Baehr, probablement suite à ces évènements, fuient à Nice où ils passent l’année 1943, vivant dans un meublé au 34 boulevard Gambetta. Ils y sont arrêtés le 13 septembre 1943, En effet, de septembre à décembre 1943, Aloïs Brunner, arrivé le 10 septembre, lorsque la région est occupée par les Allemands, fait arrêter, avec une équipe de délateurs, 2142 Juifs qui seront ensuite déportés. Ils sont très vite transférés au camp de Drancy où Albert et Madeleine Baehr entrent le 17 septembre 1943. La fiche de leur carnet de fouille dit qu’ils remettent au chef de la police du camp la somme de 106 francs, puisque chaque interné devait remettre argent et objets de valeur à son arrivée à Drancy. Ici, le parcours des deux époux se sépare. Madeleine est déportée le 7 décembre 1943 dans le convoi 64, quelques mois après son arrivée au camp de Drancy. Pour quelle raison Albert et Madeleine Baehr sont-ils traités différemment ? Il semble qu’Albert ait été considéré comme « demi-Juif » ; pas Madeleine.

Ainsi Albert est envoyé, probablement dès 1943, au camp Levitan, le premier des trois camps parisiens ouvert en juillet 1943. Ceux que les nazis dénomment demi-juifs ou conjoints d’aryens, probablement le cas d’Albert, se voient épargnés un temps par la déportation. Ils sont utilisés pour emballer et envoyer en Allemagne les biens de milliers de foyers juifs. Mais ces « pas tout à fait juifs » deviennent déportables lorsqu’il s’agit de remplir les derniers trains de déportation. Ainsi Albert Baehr réintègre le camp de Drancy le 22 juin 1944 ainsi que 41 autres internés des camps parisiens. Le 30 juin, il est conduit à la gare de Bobigny avec 1153 internés destinés à être déportés vers le centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau. C’est le 76ème convoi de déportés juifs parti de Drancy.

Le voyage qui dure quatre jours est insupportable du fait de la chaleur de l’été. Le 4 juillet, le convoi entre à l’intérieur du camp de Birkenau sur la « rampe d’Auschwitz ». Les travaux de Serge Klarsfeld ont permis d’apprendre que 223 femmes sur 495 et 398 hommes sur 654 sont déclarés« aptes » (expression des nazis) pour le travail forcé. Ce sont généralement les plus jeunes. Le nombre de déportés choisis pour ce travail d’esclave, plus de la moitié, est beaucoup plus élevé que celui des transports précédents car les camps deviennent, la dernière année de la guerre, un vivier de travailleurs pour l’industrie de guerre.
Albert Baehr, entre donc au camp d’Auschwitz III situé à une dizaine de kilomètres d’Auschwitz près du village de Monowitz. Y était installée l’usine surnommée « Buna », d’IG Farben-Industrie destinée à fabriquer du caoutchouc synthétique. Nous ne connaissons pas son numéro matricule, mais compte tenu des numéros précédents et suivants, il devait avoir reçu le numéro matricule A-16558. Nous savons aussi, selon les témoignages de ses compagnons retranscrits dans son dossier de déporté qu’il était en bon état au moment de l’évacuation en janvier 1945 ainsi qu’à Gleiwitz. Pourtant la marche de la mort d’Auschwitz à Gleiwitz qui se déroula au cœur de l’hiver polonais fut particulièrement meurtrière. Il fut donc évacué de Gleiwitz vers un autre camp. Une carte dans les archives d’Arolsen indique bien qu’il a été « re-routed », donc ré-acheminé. Mais sans indiquer d’autres précisions. Nous n’avons plus trouvé trace de lui à ce moment.


Photographie d’avant-guerre
Source : DAVCC Caen
DAVCC Caen AC21P420347-Memorial de la Shoah-Archives Arolsen

Chantal Dossin

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