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Charles Palant, Résister pour survivre - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

Charles Palant, Résister pour survivre

CR par Marie-Paule Hervieu
jeudi 12 mars 2015

Charles Palant témoigne de son combat inlassable pour le respect de la dignité humaine. Un livre écrit pour les collégiens et les lycéens.

 Résister pour survivre

Charles Palant

Charles Palant, "Résister pour survivre", en collaboration avec Eric Simard, Oskar éditeur, 2015, 107 p.

Témoignage de Charles Palant pour les collégiens et les lycéens

Charles Palant vient de publier, chez Oskar éditeur, un livre intitulé Résister pour survivre, en collaboration avec Eric Simard. Ce livre de 107 pages, écrit pour les collégiens et les lycéens est divisé en 14 chapitres, suivis d’un lexique et de photographies de famille et de témoignages, avec aussi en annexe, le discours prononcé le 27 mai 2012, sur le plateau des Glières, haut lieu de la Résistance : "Soyons fiers d’être des hommes". Il prend la suite d’un premier livre Je crois au matin.

La biographie de Charles Palant, né le 27 septembre 1922, dans le quartier populaire de Belleville, est assez représentative de ces fils d’immigrants polonais, d’origine juive, habitant rue Ramponeau ( 20e arrondissement). Son père, ouvrier-artisan, est engagé dans le syndicalisme révolutionnaire, d’inspiration anarchiste, jusqu’à sa mort en 1933.

Resté seul avec sa mère, sa soeur Lily, ses deux frères : Jean et Max, il doit se mettre à travailler dès l’obtention du certificat d’études primaires, et il devient apprenti maroquinier chez M. Zoltobrocki. Solidaire de la République espagnole, il fréquente le milieu des réfugiés antifascistes et, auprès d’eux, il apprend l’allemand, ce qui lui sera très utile pendant sa détention et ses internements.
Il s’engage très jeune dans la LICA, la ligue internationale contre l’antisémitisme, puis à la CGT, en 1936, il devient délégué syndical à 14 ans. Avec la guerre, l’occupation militaire, et la politique de répression contre les Juifs, à l’été 1941, il gagne Lyon, en zone non occupée, rejoint par sa mère, sa soeur et son jeune frère, son frère ainé et sa femme restant cachés à St Flour, dans le Cantal. C’est suite à ses activités de résistant, parce qu’ont été trouvés chez lui des exemplaires de l’Humanité clandestine, mais aussi du fait de leurs origines juives, qu’il est arrêté avec sa mère et sa soeur, le 17 aout 1943, par la police allemande. Interrogé par des miliciens français, battu, il est transféré dans la prison allemande du fort de Montluc, puis acheminé par train à Drancy, le 21 septembre 1943 et déporté, avec sa mère et sa soeur, par le convoi N°60 du 7 octobre 1943. À l’arrivée à Auschwitz-Birkenau, les deux femmes sont assassinées, et lui même est transféré dans le camp de travaux forcés d’Auschwitz III, dit Buna-Monowitz (N°151176).

Il fait un récit détaillé des violences subies ou vécues, du fait de la hiérarchie internée : Kapos et chefs de Block dans le camp et les Kommandos de travail, de la faim et du risque de perdre sa vie ( au bout de trois mois, les trois quarts des déportés de son convoi sont morts) ou l’image de soi, mais aussi des gestes de solidarité, et même de fraternité qui l’ont aidé à survivre. Ainsi à Lyon, en 1943, enfermé dans la" baraque des Juifs", ils ont partagé leur pain avec des ouvriers de chez Citroën qui venaient d’être arrêtés et en 1945, pendant un arrêt du train d’évacuation à Prague, il a obtenu le partage d’un pain jeté depuis un pont, par un civil tchèque, peut être une femme qu’il rencontrera après guerre. Il témoigne de son combat inlassable pour le respect de la dignité humaine.

Il fait la Marche de la mort, le 18 janvier 1945, dans le froid et la neige, jusqu’à Gleiwitz, il pèse alors moins de 40 kg, puis il est transféré par train à wagons découverts jusqu’au Petit camp de Buchenwald, surpeuplé ( non pas 8 000 mais 40 000 internés !). Refusant d’être de nouveau évacué, il est témoin, le 11 avril 1945, de l’insurrection des résistants du camp et de sa libération par les armées américaines.
Avec des sentiments contrastés, il fait sa première sortie et son premier repas d’homme libre dans une ferme allemande .Il a alors adhéré au parti communiste français. Il rentre à Paris par train, le dimanche 29 avril 1945 et retrouve ses deux frères. Il est l’objet de gestes spontanés d’amitié et de générosité. Il se marie le 11 juillet 1946 et aura trois filles. Toujours engagé, il est secrétaire général puis vice-président du MRAP, mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix, membre de la CNCDH, commission nationale consultative des Droits de l’homme, vice -président de l’Union des déportés d’Auschwitz.

Ce livre se lit sans difficulté, bien que malmenant un peu l’ordre chronologique, il est écrit dans un style simple et pédagogique ( tous les mots sont expliqués en note de bas de page ou dans le lexique) . Il peut être utilisé par tous ceux qui veulent connaitre les conditions de déportation d’un jeune ouvrier, résistant et juif, mais aussi les valeurs qui lui ont permis de tenir, de résister et de témoigner : la justice et l’égalité.

Marie-Paule Hervieu, 12 mars 2015

 Je crois au matin

Charles Palant, Je crois au matin, préface de Stéphane Hessel, récit recueilli par Karine Mauvilly-Graton, Le Manuscrit/FMS, 2009

"Charles Palant a été arrêté à Lyon en août 1943, par la Gestapo, avec sa mère et sa sœur Lily âgée de 17 ans. Internés au Fort Montluc, ils sont déportés début octobre vers Auschwitz via Drancy ; lui seul est revenu en 1945 après avoir connu la Marche de la mort et la libération à Buchenwald."

http://www.fondationshoah.info/FMS/spip.php?article959

Charles Palant est un des membres fondateurs du Mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et pour la paix (Mrap)

Une rencontre avec Charles Palant à propos de son livre a été organisée les 9 et 10 octobre 2009, 16h à la Librairie Byblos, 95 rue Blomet - 75015 Paris

Dimanche 13 décembre 2009 au Mémorial de la Shoah avait lieu la présentation
à 16h30 de "Je crois au matin", de Charles Palant, éd. du Manuscrit, 2009, en présence de Charles Palant, témoin, et de Maryvonne Braunschweig, professeur d’histoire, secrétaire-adjointe du Cercle d’étude de la déportation et de la Shoah-Amicale d’Auschwitz"

http://www.lemonde.fr/shoah-les-derniers-temoins-racontent/visuel/2005/08/22/charles-palant-apres-650-jours-en-enfer-lutter-pour-un-monde-meilleur_672666_641295.html


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