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Liliane Lévy-Osbert, « Jeunesse vers l'abîme » - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Liliane Lévy-Osbert, « Jeunesse vers l’abîme »

EDI (études et documentation internationales), 1992
dimanche 14 septembre 2008

Fiche de lecture par Martine Giboureau
La spécificité de ce livre est la large place donnée au récit des actions de
résistance et de la répression qui en découle vues au quotidien par une militante de base qui refuse toute grandiloquence, héroïsation et même théories idéologiques...

« c’est cette expérience que je dois dire, conter, rapporter pour les autres... Me voici embarquée... car les falsificateurs sont là... Je suis prise au piège : à mon corps défendant, j’ai repris le récit de cette histoire du début, au commencement de mon aventure, de mes premiers engagements jusqu’au retour de parmi les morts... J’ai écrit cela pour les générations à venir ».
Liliane Lévy-Osbert

Lili à Drancy

Témoignage

Liliane Lévy-Osbert, résistante, déportée, un témoignage au Lycée Edgar Quinet.
Lili est née en 1919 à Paris, dans le 9 ème et elle a été résistante dans le 11ème. Elle a aimé le Front populaire, la République espagnole. En 1936, elle fait partie d’un groupe de jeunes, elle fait du théâtre, du vélo. En 1940 parmi ses camarades, il y a de jeunes communistes.
Elle sert de planque pendant six mois à des rouleaux de papiers qui sont dans sa salle de bain.
Puis arrivent des mots d’ordre, il faut distribuer des tracts par groupe de trois. (Le triangle, c’est pour cloisonner, en cas d’arrestation). Sur les marchés, ils lançaient les tracts. "Chassez l’occupant"... Ils diffusaient leurs tracts à la porte des usines, chez les commerçants, aux ménagères, dans le métro, de façon discrète, très vite. Ils avaient peur de la dénonciation dans un pays occupé.
Le 14 juillet 1941, une manifestation est prévue et le 13 juillet, c’est le bal. A la terrasse d’un café, rue Belleville, ils chantent. Un car de flic arrive. Il y a un chahut. Elle descend aux toilettes cacher ses tracts. Des camarades sont embarqués. Puis la police les relâche.
Le 14 juillet, place de la République, ils sont habillés en bleu, blanc, rouge et manifestent.
Le groupe de jeunes multiplie les manifestations, à la République, à Diderot, à Barbès, gare Saint Lazare. Des arrestations ont lieu. En juillet -août, ils font une manifestation par semaine. Le danger croît, car l’effet de surprise ne joue plus.
En août 1941, boulevard Saint Denis, ils font une manifestation …devant un train de voitures allemandes. C’est le sauve qui peut. Deux jeunes sont pris et sont fusillés. C’est la fin des manifs.
Ils passent aux renseignements. Ils cassent les vitrines de la LVF, (légion des volontaires français contre le bolchevisme). Puis c’est l’attentat du 21 aout 1941 du colonel Fabien, qui symboliquement, abat un officier allemand dans le métro. C’est le passage à la lutte armée. Elle était alors agent de liaison.

Un jeune tire un coup de feu à Nantes sur le lieutenant-colonel allemand Holtz, le 22 Octobre 1941. En représailles, 50 otages sont fusillés à Châteaubriand dont Guy Moquet, 17 ans. Certains jeunes dont Gilbert Brustlein, étaient de son groupe. La police est sur les traces des jeunes du XI ème.

Lili tombe dans une souricière. Elle est interpellée puis relâchée, mais on a relevé son identité. Puis elle est prise le 1er novembre en rentrant chez elle, par des officiers de la police française, de la Brigade Spéciale, collabo des Allemands. Elle reste 6 mois au secret à la Santé. Le procès est fini : 7 camarades sont fusillés.

Puis c’est la Petite Roquette, les Tourelles, Aincourt, Gaillon, le camp de Lalande. Elle s’évade, elle est reprise à Tours. Ils découvrent qu’elle s’appelle Lévy. C’est Drancy et Auschwitz.
Liliane Lichtenstein est déportée sous le nom de Liliane "Lichtenchtein", modiste, par le convoi 66 du 20 janvier 1944.

Lili raconte l’histoire de Mala, la Belge, coursière et interprète-chef, Mala Zimetbaum qui s’évade avec Edek Galiński le 24 juin 1944. Ils sont repris le 6 juillet et exécutés le 15 septembre 1944, après avoir passé cette période dans le Bunker au Block 11, la prison du camp d’Auschwitz I.

L’étang aux cendres. Albert, Raphaël et Liliane

Elle participe à la « marche de la mort » et son évacuation la conduit à Ravensbrück. Après quelques semaines c’est un nouveau transfert au Kommando de Neustadt-sur-Oder. Libérée le 2 mai 1945, elle sait déjà que sa sœur croisée à Auschwitz est morte, par contre elle espérait revoir ses parents ; mais après son retour à Paris, elle apprend qu’ils ont été arrêtés, déportés et gazés à Birkenau.
Elle décède brutalement en février 1996.

Liliane Lévy-Osbert, Jeunesse vers l’abîme, éd. EDI (études et documentation internationales), 1992

La fiche de lecture

Tracts et papillons clandestins de la Résistance, Papiers de l’urgence,
Éditions Artulis. 180 €.
126 tracts reproduits dans le livre.
http://resistance.editionsartulis.fr/index.htm
Histoire de la Résistance 1940-1945, Olivier Wieviorka, Perrin, 2013
Contrairement à une idée reçue, la résistance s’est aussi préoccupée du sort des juifs dit Laurent Douzou :
https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/290116/tracts-et-papillons-ont-aussi-fait-la-resistance
N.M.


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