Cercle d’étude de la Déportation
et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

mardi 14 juillet 2009

Personne ne m’aurait cru, alors je me suis tu

Sam Braun, entretien avec Stéphane Guinoiseau, Paris, Albin Michel, 2007

Fiche de lecture de Martine Giboureau

Ce livre dont le titre ne révèle que très incomplètement la teneur est certes un témoignage de ce que furent l’enfance et la déportation de Sam Braun mais aussi – surtout ? - une réflexion sur les leçons de cette “ expérience ” et l’intérêt du témoignage.

Sam est né à Paris le 25 août 1927 mais a vécu son enfance et début d’adolescence à Clermont-Ferrand. Ses parents, immigrés, se sont mariés en France, furent naturalisés en 1924 (sa mère venait de Kichinev, actuelle capitale de la Moldavie et son père de Pologne). Son père était commerçant - plus ou moins efficace et prospère d’ailleurs ! Sa famille n’est pas pratiquante mais Sam a été éclaireur israélite.

Sam dit à maintes reprises qu’il a vécu dans une bulle et ce dès avant sa déportation. Il semble ne pas avoir souffert des mesures antisémites, n’avoir guère été concerné par la politique même s’il participe à la manifestation du 11 novembre 1943.

Le 12 novembre 1943 Sam, ses parents et sa petite sœur sont arrêtés chez eux à 6 heures 30 par des miliciens. Sa grand-mère grabataire est laissée seule dans l’appartement. Sa sœur et son frère aîné, absents de l’appartement, ont pu échapper à l’arrestation. Sam et les siens sont emprisonnés une quinzaine de jours, avec des résistants, dont certains ont été torturés. Ils sont ensuite transférés à Drancy, par train, dans un compartiment de voyageurs. Ils sont gardés par deux gendarmes obstinément sourds aux questions du père de Sam. Celui-ci dit alors avoir ressenti “ le vide monstrueux de la déshumanisation ” en observant ces gendarmes refusant toute parole à une famille juive. Drancy où les hommes et les femmes ne sont pas au même étage laisse peu de souvenirs à Sam.

Le 7 décembre 1943 la famille Braun est emmenée par bus à la gare de Bobigny puis enfermée dans un wagon à bestiaux (convoi n°64). Sam dit ne pas se souvenir de tous les détails du transfert et insiste sur l’impossibilité de décrire les odeurs ou les regards terrifiés. Il parle de nombreux morts entassés au fur et à mesure le long des parois du wagon (et libérant ainsi un peu de place pour les survivants).

BRAUN Sam, Personne ne m’aurait cru, alors je me suis tu, entretien avec Stéphane Guinoiseau, Paris, Albin Michel, 2007, 265 p.

La suite et l’intérêt pédagogique du livre dans la fiche en pdf.

PDF - 92.8 ko
Fiche lecture Sam Braun

deux textes sur le blog de Sam Braun :
Testament philosophique des anciens déportés d’Auschwitz.
Nous ne serons jamais des vivants comme les autres, nous sommes des survivants.
http://www.sambraun.over-blog.com/

La pièce de théâtre :
http://www.cercleshoah.org/spip.php?article146

NM


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