Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

AMAR Mathilde

dimanche 11 avril 2021

AMAR Mathilde, 37 ans en 1944

Mathilde Amar est née le 27 juin 1906 à Salonique. Française célibataire, elle est domiciliée au 7, boulevard de Strasbourg, dans le 10ème arrondissement de Paris. Elle est arrêtée le 15 juin par le Kommando de Drancy, composé de trois internés viennois, sous la direction de deux SS. Il réalise des arrestations dans les rues au cœur de Paris, ou à domicile. Le plus souvent suite à des dénonciations ou après avoir obtenu des informations d’internés en usant de menaces. Il est dit dans le dossier de déportée de Mathilde Amar qu’elle aurait été dénoncée par une « amie » comme ne portant pas l’étoile jaune et circulant après le couvre-feu. Les personnes arrêtées sont conduites au camp le jour même de leur arrestation, sans enregistrement de ces arrestations ͧsauvages ͧ par les forces de police.

Mathilde Amar entre donc à Drancy le jour même. Il est dit sur la fiche de son carnet de fouille qu’elle remet au chef de la police du camp la somme de 10260 francs , deux bagues en métal blanc avec pierre, et une chaîne en or puisque chaque interné devait remettre argent et objets de valeur à leur arrivée au camp. Le 30 juin, elle est conduite à la gare de Bobigny avec 1153 internés destinés à être déportés vers le centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau. C’est le 76ème convoi de déportés juifs parti de Drancy.

Le voyage qui dure quatre jours est insupportable du fait de la chaleur de l’été. Le 4 juillet, le convoi entre à l’intérieur du camp de Birkenau sur la « rampe d’Auschwitz » où a lieu la sélection. Selon les travaux de Serge Klarsfeld, 223 femmes sur 495 sont déclarées ͧaptes ͧau travail . Ce sont généralement les plus jeunes. Le nombre de déportés choisis pour ce travail d’esclave, plus de la moitié, est beaucoup plus élevé que celui des transports précédents car Les camps deviennent, en 1944, un vivier de travailleurs pour l’industrie de guerre. L’autre moitié du convoi, les malades et les enfants, dits « inaptes » au travail, sont gazés immédiatement après l’arrivée.

Ainsi, Mathilde Amar entre au camp de femmes de Birkenau le 4 juillet 1944 ; elle reçoit le matricule A-8518. Le 18 octobre, elle figure dans le rapport du bloc 22 de ce camp ( voir ci-dessous). Rapport précieux car c’est le seul cahier de Block retrouvé au camp de Birkenau et qui répertorie les femmes par ordre alphabétique, en y indiquant leur nationalité, leurs noms et prénoms, leur âge et les remarques à leur sujet. Mathilde Amar est notée comme française juive, âgée de 27 ans. Elle est donc encore vivante à cette date. Et le 27 octobre, un document la signale à l’Infirmerie de Birkenau, sans plus d’informations.. On n’a plus de renseignements la concernant ensuite. Elle n’est pas rentrée de déportation. Mais elle a pu disparaître à de multiples occasions après cette date du 27 octobre.

Extrait du Blockbuch de la baraque 22 du camp de femmes de Birkenau

Chantal Dossin

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