Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Meier Spanier, pédagogue et germaniste originaire de Wunstorf

par Ulrich Schmoll
vendredi 10 juillet 2020

Meier et Charlotte Spanier se sont suicidés pour échapper à la déportation.

Les Spanier de Wunstorf, Basse-Saxe, Allemagne

- Berlin. Pavés de mémoire à Berlin :

Meier et Charlotte Spanier Berlin-Wilmersdorf Jenaer Str. 20

- « Les Spanier de Wunstorf »

Meier Spanier, né en 1864 à Wunstorf, est le fils du respecté maître plombier juif Lesser Moses Spanier et d’Elise Meier, également originaire du judaïsme rural de Basse-Saxe. Il a trois soeurs et un frère (Moritz). Reconnu par son maitre comme un garçon particulièrement doué, il est envoyé dans un établissement de formation des enseignants pour étudier la pédagogie et les lettres germaniques.

Jusqu’à sa retraite, il a été le directeur de l’école secondaire de filles de la communauté juive à Berlin.
Le 27/28 septembre 1942, il se suicide avec sa femme pour échapper à la menace de la déportation imminente.
Ils auraient pu faire partie du transport du 3 octobre 1942 depuis la gare de Berlin-Grunewald, Gleis 17, au ghetto de Theresienstadt.

https://de.wikipedia.org/wiki/Meier_Spanier

« Le fait que ma famille ait passé 260 ans dans la petite ville de Hanovre [Wunstorf] justifie amplement notre attachement à la patrie ». C’est ce que Meier Spanier a écrit dans un article paru en 1937, « Les Spanier de Wunstorf ». Il dit aussi qu’il pense à sa sœur âgée de 76 ans à l’époque (1936) vivant à Wunstorf, Röschen Spanier [1], « qui préserve au mieux la bonne réputation de la famille auprès des juifs et des chrétiens ». C’était deux ans environ avant le pogrom de novembre qui a pratiquement détruit la vie juive à Wunstorf.

A quand un pavé sur lequel on butte (Stolpertein) pour Röschen Spanier ?

https://www.auepost.de/stadtgespraech/stolpersteine-werden-wieder-zum-thema-57876/

Meier Spanier avait un frère de 11 ans plus âgé, Moritz Spanier, né en 1853 à Wunstorf. Moritz Spanier a suivi la formation habituelle des enseignants et il a ensuite travaillé comme pédagogue et prédicateur dans divers endroits dont en 1881, pour la communauté juive de Magdebourg, et ce, pendant plus de 35 ans. En 1894, il a obtenu un doctorat en philosophie à Berne. Il a été actif dans le domaine de l’édition en ce qui concerne le système scolaire juif et l’éducation religieuse. De 1905 jusqu’à sa retraite en 1917, il a été rédacteur ou collaborateur dans de nombreux magazines juifs.

Une des plaques avec les noms des Spanier à Wunstorf :

Extrait du monument avec les noms des Spanier
Photo Ulrich Schmoll, juillet 2020

La famille Spanier, avec quatre enfants nés à Magdebourg, a été exposée à des attaques antisémites après 1933. Moritz Spanier est mort en mai 1938 dans son appartement et a été enterré dans le cimetière juif de Magdebourg. Sous le national-socialisme, le cimetière a été épargné par les attaques ; ni les monuments funéraires ni les bâtiments n’ont été profanés.

Le cimetière à Wunstorf :

Mémorial à la mémoire des juifs assassinés de Wunstorf, Abtei Wunstorf, Wasserzucht 1 :

A la mémoire des Juifs de Wunstorf, Allemagne

Commémoration du 9 novembre :

9 novembre 2020 Photo U. Schmoll

Gunter Demnig depuis 1996, a posé 75 000 Stolpersteine dans pratiquement 1300 villes allemandes. Des pavés ont aussi été déposés dans 24 états européens.

Photos U. Schmoll, correspondant du Cercle à Berlin - Wunstorf (Hanovre)

NM et Ulrich Schmoll

[1Röschen Spanier (1860–1943) wurde am 15. Mai 1943 ins Lager Westerbork (Baracke 60) verbracht, am 14. September 1943 Transport nach Auschwitz, dort am 17. September 1943 ermordet. (Röschen Spanier a été transférée le 15 mai 1943 au camp de Westerbork (baraque 60), transportée le 14 septembre 1943 à Auschwitz, où elle a été assassinée le 17 septembre 1943.)
https://www.magdeburg.de/