Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Louis Torcatis, catalan, instituteur, résistant, humaniste

samedi 30 octobre 2021
Louis Torcatis, chef d’état major de l’AS, Perpignan, photo F. Bellin
L’arche fut édifiée par une souscription publique sous l’égide du Syndicat National des Instituteurs, section des Pyrénées-Orientales.

Louis Torcatis
Fils de cultivateur, né à Tautavel dans les Pyrénées orientales, le 25 mars 1904, il exerce le métier d’instituteur à partir de 1926 à Pia (près de Perpignan), puis directeur d’école, partisan des méthodes actives de l’Ecole Nouvelle (la pédagogie Freinet), musicien, sportif, militant syndical SNI, communiste trop libre de ton, et exclu en 1939, mais reste communiste.

Prisonnier en 1940, il s’évade pendant son transfert en Allemagne. Il entre dans la résistance à Libération-Sud. Il participe à des passages clandestins vers l’Espagne. En janvier 1943, il devient chef départemental de l’Armée secrète [1] des Pyrénées-Orientales. Sa femme est son agent de liaison. Il est responsable départemental de la branche militaire des Mouvements unis de résistance (MUR). Le 23 mai 1943, il s’échappe des mains de la Sipo-SD. Il organise les Groupes francs de la R3 Montpellier et R4 Albigeois, avec lesquels il effectue des sabotages et des attentats et des actions contre des collaborationnistes.
Devenu lieutenant-colonel des FFI en 1944, il doit réaliser l’unité de commandement militaire de la Résistance de R3 (Languedoc-Roussillon). Les Allemands et la milice le traquent.

Le 18 mai 1944, « Bouloc » tombe dans un guet-apens à Carmaux monté par la brigade spéciale de l’intendant Marty [2] dans des circonstances obscures.
Menotté, il est abattu par la milice toulousaine de Marty en essayant de s’enfuir. Il meurt des suites de ses blessures.
Ses obsèques furent une manifestation de force de la Résistance.

Compagnon de la Libération à titre posthume.

http://www.wikiwand.com/fr/Louis_Torcatis

https://www.ladepeche.fr/article/2014/05/09/1877661-carmaux-torcatis-le-destin-d-un-humaniste.html

http://anciensdarago.com/louis.torcatis.ancien.de.la.sup.aura.t.il.son.musee-33-808.php

https://www.perpigare.fr/notre-quartier/patrimoine/arche-louis-torcatis/

Une biographie très complète :
https://fusilles-40-44.maitron.fr/spip.php?article132816

Michèle Combes-Vareilles et Jõrdi Blanc, La bataille de Carmaux, éditions Vent Terral, 2010.
Etienne Llauro, Torcatis « Bouloc », Portets-sur-Garonne, Loubatières, 1998
Émilienne Eychenne, Les portes de la liberté. Le franchissement clandestin de la frontière dans les Pyrénées-Orientales de 1939 à 1945, Toulouse, Privat, 1985

N.M. 2018, 2021

[1AS. composée des trois grands mouvements de résistance de la zone Sud : « Combat », « Libération » et « Franc-Tireur ».

[2Pierre Marty a participé activement, en Tunisie puis dans le sud de la France, à la répression politique contre des résistants, juifs, communistes, francs-maçons. La Cour de justice de Toulouse le condamne à mort en 1949. IL est fusillé le 12 juillet 1949