Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

Les pirates de l’Edelweiss

Edelweißpiraten
samedi 26 mars 2011

Les Pirates de l’Edelweis qui manifestent des signes de non-conformité comme des codes et insignes vestimentaires, ont été considérés comme des Hooligans pendant longtemps.
Cf. aussi l’article sur La Rose blanche et divers mouvements de résistance de jeunes.

Le 10 novembre 1944, un groupe de 13 personnes était pendu à Cologne, dont six jeunes, l’un avait 16 ans.
Ces jeunes gens et jeunes filles de 14 à 20 ans, ne voulaient pas défiler au pas, refusaient l’uniforme marron, chantaient leurs propres chansons en s’accompagnant à la guitare dans la nature.
Ils avaient planifié de faire sauter la centrale de la Gestapo (« EL-DE-Haus ») à Cologne.

Les Pirates distribuent des tracts :
„Macht endlich Schluss mit der braunen Horde !
Diese Welt ist nicht mehr unsere Welt.
Wir müssen kämpfen für eine andere Welt.
Wir kommen um in diesem Elend !“
„So braun wie Scheiße, so braun ist Köln.
Wacht endlich auf !“

Nous devons nous battre pour un autre monde...
autant la m...est brune, autant brune est Cologne, réveille-toi enfin.

Les « pirates de l’Edelweiss » sabotent des transports d’armement et volent de la nourriture qu’ils distribuent aux déserteurs de la Wehrmacht, aux travailleurs forcés en fuite et aux Juifs cachés.

Gang de jeunes ou résistants ? Ils étaient considérés comme des criminels pendant longtemps. Ils ont eu droit à Cologne au titre de « victimes d’un régime injuste ».
Les « Pirates de l’Edelweiss » ont finalement été réhabilités et reconnus comme des résistants au régime nazi en 2005.

- Jean Jülich [1], né à Cologne en 1929, pirate et résistant de l’Edelweiss, Juste parmi les Nations, est décédé le 19 octobre 2011 à l’âge de 82 ans. Il voulait être libre et chanter, se promener librement.
La chanson de Schanghai de Jean Jülich :
http://www.museenkoeln.de/ausstellungen/nsd_0411_schanghai_neu/track01.htm
Il a été arrêté, torturé, emprisonné à la « EL-DE-Haus ».
Il s’est battu pour faire reconnaître la résistance des Pirates de l’Edelweiss.

Cologne sous le nazisme

https://www.deutschlandfunk.de/vor-10-jahren-gestorben-jean-juelich-edelweisspirat-und.871.de.html?dram:article_id=504399

Sur l’histoire du mouvement, une exposition a eu lieu à Cologne : chronologie, mouvements, chants, leaders
http://www.museenkoeln.de/ausstellungen/nsd_0404_edelweiss
Edelweißpiraten, histoire de Fritz Theilen avec une documentation de Matthias von Hellfeld
Ferdinand Steingass, un des derniers Edelweisspiraten (pirates de l’Edelweiss) mort en 2009, avait été arrêté en même temps que Jean Jülich.

Le film Les Pirates de l’Edelweiss (Edelweißpiraten) est un film allemand réalisé en 2004 par Niko et Kiki von Glasow. Il a été projeté le 10 novembre 2004, en souvenir de l’exécution sans jugement de 13 jeunes, pendus le 10.11.1944 à Köln-Ehrenfeld. Le plus jeune avait 16 ans.
Une critique du film :
http://www.taz.de/pt/2005/11/10/a0177.nf/text

  • Autres mouvements :
    Tous les jeunes n’étaient pas à la HJ, Hitlerjugend, la jeunesse hitlérienne. Ils formaient des « bandes » selon la Gestapo, des groupes de jeunes sauvages. Ils s’habillaient autrement, se coiffaient autrement, et chantaient autre chose que les chants nazis :
    « Die Gedanken sind frei » les pensées sont libres.
    "Wir sind die schwarzen Rebellen,
    die Hitlerfahne kriegt uns nicht tot. "

Parmi d’autres mouvements de jeunes contre le nazisme, mis à part la Rose Blanche, on peut citer les Swingjugend de Hamburg, le Herbert-Baum-Gruppe de Berlin, (les jeunes travailleurs), les Navajos de Cologne für die Freiheit der Jugend, kämpfen Navajos (Pour la liberté de la jeunesse, les Navajos combattent), les Fahrtenjungsde Düsseldorf ( les garçons randonneurs), les Ruhrpiraten, les Meuten (meutes) de Leipzig.
La Rose Blanche, la résistance des étudiants allemands

Les jeunes veulent échapper à la Jeunesse Hitlérienne et au Wehrertüchtigungslager (camp d’entrainement militaire).
http://www.jugend1918-1945.de/thema.aspx?s=1629

D’après les fichiers de la Gestapo, rien que dans le Rhin et la Ruhr, ils auraient été environ 3000 à préférer la liberté.
« wir wollen frei von Hitler sein »

http://www.bpb.de/themen/5MJJTG,3,0,Jugend_und_Studentenopposition.html

http://www.dhm.de/lemo/html/nazi/widerstand/swing/

Des projets pour les jeunes autour de ces mouvements : (les PAE allemands)
http://www.shoahproject.org/widerstand/kids/shkids4.htm

Des photos sur la jeunesse nazie et quelques opposants dans le Spiegel  :
http://einestages.spiegel.de/static/topicalbumbackground/5105/_wenn_die_hitlerjungen_flitzen.html

Avec l’appareil sécuritaire, les patrouilles de la Gestapo et des Jeunesses Hitlériennes, il leur est devenu de plus en plus difficile d’exister. Certains jeunes se sont retrouvés dans le camp de redressement pour jeunes à Moringen en Basse Saxe :
http://www.gedenkstaette-moringen.de
ou en prison comme Ferdinand Steingass. D’autres ont été exécutés sans jugement.

colloque « Jeunesses en dissidence dans l’Allemagne nazie et en Union soviétique », jeudi 28 novembre et vendredi 29 novembre 2013

Martin BROSZAT a créé le terme Resistenz dans les années 1970, pour désigner le comportement non-conformiste dans la population allemande sous le 3e Reich. Widerstand est utilisé pour désigner la résistance armée.
http://www.uni-bielefeld.de/Universitaet/Einrichtungen/Zentrale%20Institute/IWT/FWG/Frauenwiderstand/Widerstandsbegriff.html

A la différence de la « résistance » qui revêt un caractère organisé, fondé sur un ensemble de convictions clairement articulées, politiques ou religieuses (exemple de la Rose Blanche en Allemagne), la « dissidence  » désigne un ensemble éclaté et hétérogène de pratiques ou comportements considérés comme « décalés », « déviants » par des régimes qui imposent de manière coercitive des normes idéologiques et comportementales à la jeunesse comme à l’ensemble de la société.

http://www.maison-heinrich-heine.fr/fr/jeunesse-en-dissidence/

Marguerite Kjellberg, (chercheur associé CRPM, Centre de Recherche Pluridisciplinaire Multilingue de l’Université Paris Ouest Nanterre La Défense)
Une mémoire occultée : la résistance des jeunes allemands de 1938 a 1945.

LECHAT-KJELLBERG Marguerite, Jeunesse en dissidence sous le Troisième Reich : Des ligues aux pirates de L’Edelweiss, Atelier National de Reproduction des Thèses, 2015
SCHILDE Kurt, Jugendopposition 1933-1945 : ausgewählte Beiträge, Lukas Verlag, Berlin, 2007

Un jeune hitlérien « rouge », Hitlerjugend
Jeunesse allemande contre le III e Reich

N.M.

[1Jean Jülich : Kohldampf, Knast und Kamelle. Ein Edelweißpirat erzählt sein Leben. Kiepenheuer & Witsch, Köln, 2003


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