Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

GEISMAR Andrée

Convoi 76
jeudi 20 octobre 2022

Andrée GEISMAR, 49 ans, décédée en septembre 1944

Andrée Geismar est née Dukas, le 28 mai 1895, à Fraize dans le département des Vosges. Elle était fille d’Aron Dukas, négociant à Fraize, et de Pauline Bloch, tous deux nés à Wintzenheim, dans le Haut-Rhin. C’est donc une famille d’origine alsacienne. Elle s’est mariée le 29 avril 1930, à Fraize, avec Lucien Geismar, 56 ans, veuf, représentant de commerce. Ils habitaient à Paris, au 20 rue Lesueur, dans le 16èm arrondissement. Andrée Geismar a quitté Paris en septembre 1941 pour se soustraire à l’occupation allemande.

En 1944, elle se trouve à Buis les Baronnies, à l’hôtel du Lion d’Or où elle est arrêtée le 21 mai 1944. Ce jour-là, vers midi, une dizaine de policiers en civil accompagnés d’autant de soldats allemands transportés dans un camion effectuent une opération de police à Buis-les-Baronnies. Ils cernent tous les hôtels de la localité et y contrôlent tous leurs occupants. Ils effectuent quatorze arrestations de personnes « de race juive », dit le rapport de police, pour la plupart déjeunant à l’hôtel du Lion d’Or de Buis. Cette rafle est une des plus importantes effectuées dans la Drôme. Ces 14 personnes sont incarcérées dans un premier temps à la prison Sainte Anne d’Avignon. Andrée Geismar écrit de cette prison pour demander des vêtements. Elle est ensuite internée au camp de Drancy le 13 juin 1944 ainsi que 227 Juifs arrêtés dans la région autour de Marseille. Son numéro matricule est le 23917. La fiche de son carnet de fouille dit qu’elle remet au chef de la police du camp la somme de 467 francs, puisque chaque interné devait remettre argent et objets de valeur à son arrivée au camp. Le 30 juin, elle est conduite à la gare de Bobigny avec 1153 internés destinés à être déportés vers le centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau. C’est le 76ème convoi de déportés juifs parti de Drancy.

Le voyage qui dure quatre jours, par une chaleur torride, est particulièrement épuisant pour ces familles entassées dans des wagons à bestiaux plombés. Le 4 juillet, le convoi entre à l’intérieur du camp de Birkenau sur la « rampe d’Auschwitz » où a lieu la sélection. Les travaux de Serge Klarsfeld ont permis d’apprendre que 223 femmes sur 495 et 398 hommes sur 654 sont déclarés « aptes » pour le travail . Ce sont généralement les plus jeunes. Le nombre de déportés désignés pour ce travail d’esclave, plus de la moitié, est beaucoup plus élevé que celui des transports précédents car les camps deviennent, en 1944, un vivier de travailleurs pour l’industrie de guerre. L’autre moitié du convoi, les malades et les enfants, dits « inaptes » au travail, sont gazés dès l’arrivée.

Andrée Geismar, bien qu’âgée de 49 ans entre au camp de femmes de Birkenau. Un témoignage de Lucie Politi, dit qu’elle est rentrée au camp le 4 juillet avec Andrée Geismar et que celle-ci est ensuite entrée à l’infirmerie début septembre et décédée quelques heures après. Lucie Politi avait été arrêtée à Avignon et internée à Drancy le 13 juin 1944, et avait probablement liée connaissance a avec Andrée Geismar

Le petit-fils d’ Andrée Geismar, Lucien Geismar a déposé une feuille de témoignage à Yad Vashem.

Lettre déposée à titre de témoignage par Lucie Politi à la mairie d’Avignon le 27 janvier 2946 :

DAVCC 21P454493- Mémorial de la Shoah-Mémoire Résistance des Hautes Baronnies.

Chantal Dossin

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