Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

BOLOTINE Robert

jeudi 24 février 2022

BOLOTINE Robert, 32 ans

Robert Bolotine est né le 22 décembre 1911 à Paris, dans le 18ème arrondissement. Il est le fils de Daniel Bolotine et de Thérèse Louise Salmon. Son père se marie le 30 novembre 1933 à Germaine Saldinger. Ils ont deux enfants, Nadine, née le 14 novembre 1934, et Françoise, née le 20 août 1939. Robert Bolotine est coiffeur, il a la nationalité française, puisque né en France. Il a quitté Paris à une date inconnue, pour Cannes, dans un premier temps. Fin décembre 1943, il arrive à Aix les bains. A partir du 8 janvier 1944, il habite au 29 Boulevard Pierpont Morgan, dans un immeuble où vivent plusieurs familles juives réfugiées. Il est arrêté le 22 mai 1944 par la Gestapo. Plusieurs familles sont arrêtées à Aix les bains ce jour-là et internées à Chambéry avant d’être emmenées au camp de Drancy où elles entrent le 6 juin 1944.

La fiche du carnet de fouille de Robert Bolotine dit qu’il remet au chef de la police du camp la somme de 387 francs, puisque chaque interné devait remettre argent et objets de valeur à son arrivée au camp. Il reçoit le numéro matricule 23699. Il reste plus de trois semaines à Drancy et le 30 juin, il est conduit à la gare de Bobigny avec 1153 internés destinés à être déportés vers le centre de mise à mort d’Auschwitz-Birkenau. C’est le 76ème convoi de déportés juifs parti de Drancy.

Le voyage qui dure quatre jours, par une chaleur torride, est particulièrement épuisant pour ces familles entassées dans un wagon à bestiaux plombés. Le 4 juillet, le convoi entre à l’intérieur du camp de Birkenau sur la « rampe d’Auschwitz » où a lieu la sélection. Les travaux de Serge Klarsfeld ont permis d’apprendre que 398 hommes sur 654 sont déclarés « aptes » pour le travail . Ce sont généralement les plus jeunes. Le nombre de déportés désignés pour ce travail d’esclave, plus de la moitié, est beaucoup plus élevé que celui des transports précédents car Les camps deviennent, en 1944, un vivier de travailleurs pour l’industrie de guerre. L’autre moitié du convoi, les malades et les enfants, dits « inaptes » au travail, sont gazés dès l’arrivée.

Robert Bolotine est entré au camp d’Auschwitz III situé à une dizaine de kilomètres d’Auschwitz près du village de Monowitz. Y était installée l’usine surnommée « Buna », d’IG Farben-Industrie destinée à fabriquer du caoutchouc synthétique. Il devient probablement le déporté A-16590. Il survit jusqu’à l’évacuation du camp le 18 janvier 1945. Il dût subir plusieurs marches avant d’arriver le 28 février 1945 au camp de Dachau où il est noté décédé le 12 mars 1945. Donc 15 jours après les évacuations des différents camps qu’il dût faire, en plein hiver, et qui furent toutes aussi meurtrières les unes que les autres.

Carte d’enregistrement de Robert Bolotine à son arrivée au camp de Dachau, le 28 février 1945
On note une erreur d’orthographe sur son nom. Son numéro matricule à Dachau est le 141943


Photographie d’avant-guerre de Robert Bolotine

DAVCC Caen AC21P427795- Mémorial de la Shoah- Archives Arolsen

Chantal Dossin

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