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"Bergen-Belsen libéré, 15 avril 1945" de Francine Christophe - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah

"Bergen-Belsen libéré, 15 avril 1945" de Francine Christophe

Francine Christophe, présidente de l’Amicale de Bergen-Belsen
samedi 21 mai 2016

CR, Francine Christophe « 15 avril 1945- Bergen-Belsen libéré », La Fondation de la Déportation, 2015, par Marie Paule Hervieu.

Sur le livre de Francine Christophe « 15 avril 1945- Bergen-Belsen libéré »

Francine Christophe est présidente de l’Amicale de Bergen-Belsen, auteure de multiples témoignages écrits et oraux (1) sur son histoire d’enfant déportée avec sa mère Marcelle, 2 mai 1944, parce qu’elles étaient juives, mais fille et femme d’un officier prisonnier de guerre, ce qui fait qu’elles n’ont pas été détenues à Birkenau. Elle a fait paraître en 2015 un livre de 130 pages, édité par La Fondation de la Déportation, avec des documents dont des photos des morts rejetés regroupés et ensevelis dans des fosses communes. « Bergen-Belsen libéré » décrit les conditions apocalyptiques ayant précédé et suivi la libération de ce camp de l’Allemagne du Nord, le dimanche 15 avril 1945, par la 2e armée britannique.

Ce livre a pour caractéristique de mêler dans une 3e partie les témoignages de soldats et officiers français et étrangers, ayant libéré le camp ou entrés dans le camp après sa libération (l’écossais Ian Forsyth, tankiste, le capitaine hollandais connu sous le nom de Dirk Bogarde, acteur, le commandant Radoux, le lieutenant Robert Christophe, l’aumônier militaire René de Naurois, français) auxquels s’ajoutent ceux qui, les premiers, visionnèrent les images prise par les services photographiques des armées alliées, tel Maurice Druon.

Une 4e partie reprend les témoignages de vingt déportés et déportées, publiés ou non, qu’ils soient déportés juifs et/ou résistants, que Bergen-Belsen ait été le camp de déportation, le camp de transit ou le camp d’évacuation. Francine Christophe n’a pas vécu la libération du camp, elle avait été placée dans le train des otages, en direction du camp de Theresienstadt, le 5 avril 1945, arrêté à Tröbitz, en Saxe, le 23 avril. Il y a donc des citations de livres et des transcriptions de récits d’Odette Abadi, Annette Chalut, Isabelle Choko, Sarah Montard ou Simone Veil pour ne citer que des femmes déportées que nous connaissons bien (2), il y a même un court témoignage de Ginette Kolinka « non libérée à Bergen-Belsen, mais … »

Ce que relatent Francine Christophe et ses camarades, y compris ceux et celles venant d’Auschwitz- Birkenau, Neuengamme ou Ravensbrück, ayant été transférés ou évacués dans ce camp-mouroir, c’est d’abord la faim « dévorante », la soif par absence d’eau coupée par les Allemands (A. Chalut) mais aussi les maladies mortelles : la dysenterie, le typhus qui font 35 000 morts entre janvier et la mi avril 1945, 13000 morts après la libération. Ces amoncellements de cadavres dont témoignent les prisonniers, mais aussi les images comme ces cadavres que les Britanniques obligent les SS, et l’ancien commandant de camp J. Kramer, à transporter jusqu’aux fosses d’incinération, avant que n’interviennent les bulldozers conduits par des soldats britanniques [1] « balayant les corps jusqu’aux charniers », les « énormes pelles débordant de crânes, de jambes et de bras ». Scènes d’apocalypse qui hantent les survivants et les témoins qui disent tous l’odeur insoutenable.

Le camp de Bergen-Belsen, contrairement à beaucoup d’autres comme Neuengamme situé près de Hambourg, a continué à fonctionner jusqu’au bout, encadré par la hiérarchie militaire de la SS, avec leurs auxiliaires de la Wehrmacht et des soldats hongrois alliés. Ce fut un camp-mouroir submergé par l’arrivée de nouveaux arrivants. Ceux qui survécurent le doivent aux armées alliées, arrivées trois semaines avant la fin de la guerre, à leur résistance, et aux transferts opérés par les nazis à des fins politiques ou militaires. Ce livre est aussi un manifeste contre l’oubli.
Marie-Paule Hervieu, mai 2016.

1- La bibliographie concernant F. Christophe est très abondante dont un livre très diffusé : Une petite fille privilégiée. Le Cercle d’ étude a publié son témoignage d’ une « Enfant dans les camps de Pétain », des articles sur le site et un DVD avecl’Amicale de Bergen-Belsen.

2- Il est possible de retrouver leurs témoignages non seulement dans leurs livres, mais aussi en articles sur le site du Cercle, dans les Petits Cahiers et DVD que nous avons édités et diffusés.

Francine Christophe, 15 avril 1945- Bergen-Belsen libéré, La Fondation de la Déportation, 2015
Libération de Bergen-Belsen par Isabelle Choko

Bergen-Belsen, histoire du camp de concentration

Des civils allemands, les notables des environs d’abord, puis des civils y compris des enfants, des villes alentours, ont été contraints par les Anglais à venir voir les cadavres de détenus.

KOLB Eberhard, Bergen-Belsen. Du « camp d’hébergement » au camp de concentration, 1943-1945, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 1986, rééd. All. 2002, 106 p.

Films :

-  Nuit et Brouillard , film d’Alain Resnais (1956), Texte de Jean Cayrol dit par Michel Bouquet, Musique Hanns Eisler, 32 min, noir et blanc et couleur, Argos Films/Arte France, 2003
De nombreuses images ont été extraites par Alain Resnais pour "Nuit et brouillard" du film de Berstein, Memory of The Camps
http://clioweb.free.fr/camps/nuitetbrouillard.htm

- La Mémoire meurtrie de Sydney Berstein, 1985, Angleterre, 1h15. Un documentaire qui reprend le film Memory of The Camps tourné en longs plans séquences selon les conseils de Hitchcock, en 1945, à Bergen-Belsen. Il a fallu attendre 1985, pour que le film soit enfin diffusé.
En savoir plus sur http://www.paperblog.fr/7356185/la-...
Le film, avec Anita Lasker, Leon Greenmann et Hugo Gryn témoins, et l’historien Martin Gilbert :
http://www.humanite.fr/videos/memory-camps-de-sidney-bernstein-563675

Anita Lasker, est la première survivante d’un camp de concentration interviewée par la radio, la BBC, 5 jours après la libération du camp de Bergen-Belsen par les Anglais, en avril 1945 :

"Hier spricht Anita Lasker, eine deutsche Jüdin aus Breslau. Ich spreche aus dem Konzentrationslager Bergen-Belsen und komme aus Auschwitz. Ich möchte in kurzen Stichworten wiedergeben, Dinge, die in Auschwitz geschehen sind. Bei unserer Ankunft hat man uns rasiert und hat uns eine Nummer in den Arm eintätowiert. Ein gewisser Dr. Mengele beschäftigte sich mit Forschungen ; d.h. man brachte Frauen auf den bekannten Block 10 in Auschwitz, um dort mit ihnen zu experimentieren. Man sterilisierte die Frauen, d.h. man macht mit ihnen Experimente, die man mit Meerschweinchen zu tun pflegte. Aber Juden waren ihnen gerade gut genug dazu.
La voix venant de l’enfer

[1Voir le film de Richard Dimbleby avec des montagnes de cadavres
https://www.youtube.com/watch?v=2hLYavpMSFs
D’abord les SS puis les gardiennes femmes balancent à mains nues, les cadavres dans les fosses, puis c’est l’intervention des bulldozers.
https://www.youtube.com/watch?v=-1LsN3NC_8o