Cercle d’étude de la Déportation
et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

dimanche 16 décembre 2001

De l’eugénisme à la Shoah

conférence de Benoît Massin
Le 16 décembre 2001, au lycée Edgar Quinet, à Paris, le Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah (créé par l’Amicale des déportés d’Auschwitz et l’APHG) organisait sa journée annuelle d’information et de réflexion sur le thème : "Eugénisme, euthanasie, Shoah".

Après l’ouverture de la journée par Henry Bulawko, président de 1’Amicale d’Auschwitz, Benoît Massin, historien des sciences, chercheur à la commission présidentielle "Histoire de la société Kaiser Wilhelm sous le nazisme", à Berlin, présentait sa première conférence :

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présentation de la journée par Henry BULAWKO, président de l’Amicale d’Auschwitz (à droite sur cette photo)

L‘EUGENISME NAZI (1933-1945)

Eugénisme : définitions, choix de l’Allemagne nazie

Benoît Massin s’est attaché à définir les mots, en montrant combien les connotations ont changé. L’eugénisme était une doctrine pas spécifiquement allemande, qui depuis la fin du XIX° siècle jusqu’aux années 1960 était considérée comme "moderne" et scientifique. Il s’agissait alors de "toute idéologie ou de pratique cherchant à perfectionner la descendance des hommes ou à en éliminer les variantes jugées indésirables via le contrôle qualitatif de la reproductio humaine". Les racines du mot eugénisme signifient "bonne naissance" et les scientifiques espéraient éliminer ainsi les pathologies héréditaires (eugénisme médical) et les déviances sociales (telle la criminalité) qui seraient selon eux d’origine héréditaire.

La politique eugéniste de l’Allemagne nazie mise en place par des lois successives s’appuie donc sur deux choix :

- favoriser la reproduction des éléments "supérieurs" par le biais d’aides financières diverses (prêt au mariage, fiscalité pro-nataliste, allocations familiales), lutte contre l’avortement des femmes en bonne santé, création de Lebensborn, sorte de pouponnières SS,

- lutter contre les éléments "inférieurs" par la loi de "prévention d’une descendance atteinte de maladie héréditaire" et la loi "contre les criminels habituels dangereux et sur les mesures de sûreté et d’amendement". Le système est lié à un recensement, voire un prélèvement dans la population (pour les enfants et les adolescents), un diagnostic pour déterminer les chances de "récupération" puis un tri vers la stérilisation, l’élimination ou les soins. Ainsi, les homosexuels, considérés comme atteints d’une maladie mentale, ont subi un chantage leur laissant le "choix" entre la castration "volontaire" ou le camp de concentration. L’avortement est dépénalisé si la "descendance est héréditairement malade".

Plusieurs circulaires se sont succédées : circulaire secrète de 1934, loi de 1935 amendant la loi du 14 juillet 1933 en autorisant l’avortement jusqu’à six mois pour les femmes dont la stérilisation a été décidée, décret secret de 1940 instituant un avortement eugénique forcé pour les femmes "inférieures" ou dont la descendance apparaît comme eugéniquement indésirable. Le secret appliqué à certaines de ces décisions est dû à la crainte de réaction de catholiques ou de protestants, majoritaires dans la population allemande et dont les convictions morales et religieuses eussent été heurtées.

Les médecins acteurs de l’eugénisme

Benoît Massin s’est attaché à démontrer que ces théories étaient largement acceptées dans les milieux scientifiques allemands et autres, de tout bord politique, et ce, dès avant l’arrivée d’Hitler au pouvoir.

D’autre part, il a démontré que la mise en œuvre de ces lois s’appuyait à tous les échelons sur l’active participation des médecins.

Les trois artisans de la loi du 14 juillet 1933 sur la stérilisation eugénique sont un médecin, haut fonctionnaire nazi, le docteur Gütt, un juriste nazi Falk Ruttke, et le fondateur suisse de la psychiatrie génétique Ernst Rüdin, assistés par une quinzaine d’experts du "Conseil des experts pour la politique démographique et raciale". Cette loi rend la stérilisation obligatoire pour neuf maladies, considérées comme héréditaires à l’époque ou congénitales : "faibles d’esprit congénitaux", personnes atteintes de troubles neuro-psychiatriques tel que la schizophrénie, personnes atteintes de cécité ou surdité congénitales, alcooliques graves . . .

96 % des 400 000 personnes stérilisées entre le 10 janvier 1934 et 1945 l’ont été à la suite d’un diagnostic neuro-psychiatrique, selon les étapes suivantes :

- détection lors de visite médicale pré-nuptiale ou par les hôpitaux ou institutions ou encore lors de visite médicale pour l’armée,

- signalement ob1igatoire,

- verdict d’un des 205 tribunaux de santé héréditaire (un juge et deux médecins ; 3 à 15 minutes de délibération). Il existe 18 cours d’appel.

- stérilisation pratiquée dans un des 144 hôpitaux "agréés".

Environ 1 % de la population allemande de 16 à 45 ans a ainsi été stérilisé, soit 14 fois plus qu’aux Etats-unis pour la même époque(1933-1945).

Benoît Massin a insisté sur le quasi-consensus de la profession médicale. Si certains émettaient des doutes, c’était sur l’efficacité de la stérilisation des seuls malades pour éradiquer rapidement les maladies héréditaires, sachant qu’il existe des porteurs sains".

Benoît Massin a aussi évoqué la volonté politique d’une forte compression du budget de la santé qui conduisait à trier entre patients "thérapeutisables" et ceux qui ne l’étaient pas d’après l’avis des médecins.

Différentes pratiques, hors du cadre de la loi de juillet 1933 ont aussi visé à se débarrasser de certains éléments : camps de concentration qui se transforment en camps d’ "extermination par le travail" pour les alcooliques graves, les criminels et délinquants récidivistes et les "asociaux" ; castration pour les homosexuels récidivistes ainsi que les délinquants et criminels sexuels ; stérilisation en 1937 des "bâtards de Rhénanie", enfants nés de mères allemandes et de pères soldats coloniaux africains, nord africains et indochinois de l’armée française d’occupation dans la Ruhr en 1923. Les "tziganes" et personnes assimilées tziganes furent soit stérilisés soit exterminés.

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des déportées de l’Amicale d’Auschwitz, victimes d’expérimentations :Esther Bensasson, Madeleine Szpitalnik. (de gauche à droite, B Massin, Annie Postel-Vinay, Madeleine Szpitalnik, Esther Bensasson, Katy Hazan)

Un premier débat animé

Les questions faisant suite à cette conférence ont permis, entre autres, de préciser que les médecins furent la catégorie socioprofessionnelle la plus nazifiée en Allemagne, (69%) que la France a elle aussi connu un mouvement eugéniste (société fondée en 1912), que la notion alors scientifiquement obsolète de "race aryenne" a été pérennisée par les nazis. Les classements habituels des Européens par les anthropologues parlaient de "race nordique" ou de "race alpine" tandis que les organes de divulgation pour le grand public utilisaient les termes de "race française" ou " race allemande".

EUTHANASIE

La deuxième conférence de la matinée fut consacrée à l’euthanasie (soit, étymologiquement, "bonne mort"). Benoît Massin a rappelé les différents sens véhiculés par ce mot depuis sa création par F. Bacon au XVII° siècle : demande par le malade d’un "suicide" médicalement assisté pour interrompre ses souffrances OU mort demandée par une tierce personne au nom de l’intérêt supposé de la personne concernée (sans que celle ci puisse exprimer son avis) OU mort demandée par un tiers au nom de l’intérêt de la collectivité. Benoît Massin a fait un historique de ces notions : "Le droit à la mort" de Jost en 1895 rationalise et " comptabilise" la valeur de la vie humaine ; K. Binding et A Hoche justifient juridiquement et médicalement en 1920 leur demande d‘"autorisation de suppression de vies indignes d’être vécues". Benoît Massin a rappelé que si l’eugénisme connaît une acceptation généralisée à l’époque, l’euthanasie, elle, soulève beaucoup d’oppositions dans les années 1920-1930, d’où une préparation des esprits par une propagande nazie efficace : visites organisées d’asiles pour montrer des"monstres humains", exercices de mathématiques pour démontrer le "gâchis" financier que représente le maintien en vie d’handicapés, diffusion massive du film "J’accuse" mettant en scène un médecin euthanasiant sa femme atteinte d’une sclérose en plaques...

Les six opérations d’euthanasie en Allemagne nazie

Les principales formes d’euthanasie concernèrent :

1 - les enfants : trois médecins-pédiatres eurent les pleins-pouvoirs pour décider, sur dossier, du sort des enfants handicapés. Trente prétendus "centres pédiatriques" firent 5000 à 6000 victimes entre 1939 et 1945.

2 - l’opération T4 ( code dû à l’adresse de la centrale à Berlin, en français, " 4, rue du zoo" ) ;

de janvier 1940 à août 1941 les étapes suivantes furent mises en œuvre :

- questionnaires envoyés dans les centres de soin,

- premier tri par la centrale T4 à Berlin,

- deuxième examen par des experts externes, dont 15 professeurs de psychiatrie,

- transfert organisé par la centrale T4 vers l’un des six centres d’euthanasie avec chambre à gaz au monoxyde de carbone (Brandenburg, Bernburg, Sonnenstein, Grafeneck, Hartheim, Hadamar).

- envoi à famille d’une lettre annonçant le décès pour cause médicale et l’incinération "par mesure de précaution".

L’arrêt de cette opération est dû à l’agitation se développant dans la population, relayée par la propagande alliée et le clergé allemand.

70 273 aliénés et handicapés "réfractaires aux thérapies" furent gazés dans les six centres d’euthanasie.

3 - l’euthanasie "sauvage", à la discrétion de chaque asile, qui se débarrasse des cas non "thérapeutisables" soit par surdose médicamenteuse, soit par un régime "diététique spécial" à 0 % de matières grasses, soit par abandon volontaire et délibéré (pas de chauffage, peu de nourriture, pas de soins)

4 - la réorganisation (1943-1945) de l’utilisation des lits d’hôpitaux connue sous le nom d’"Action Brandt" : la priorité est donnée aux victimes civiles et militaires de la guerre, d’où la décision de "libérer" les lits occupés par les malades chroniques et les vieillards, selon les besoins régionaux.

5 - l’euthanasie des STO polonais et soviétiques atteints de troubles mentaux.

6 - l’opération 14F13 : ("14 " étant le code de "décès en camp", "13" celui de "gazage") : dès août 1941 une partie des experts de l’opération T4 sont ré-employés à la demande d’Himmler pour "libérer les camps des existences-fardeaux". Les patients juifs sont systématiquement euthanasiés dès 1942.

Dans la liste des crimes commis par des neuro-psychiatres allemands, on peut signaler d’autres catégories de victimes : les "soldats trembleurs" (traumatisés, victimes de chocs nerveux), peuvent être euthanasiés après avoir subi la "thérapie électrique"s’il n’y a pas de guérison rapide. Certains centres de recherche scientifique ont "sélectionné" des patients à euthanasier pour les "besoins" de leur recherche. Outre les actions menées par les médecins, les Einsatzgruppen liquident tous les malades mentaux vivant en asile en Pologne et en URSS.

L’euthanasie réalisée par des médecins dans les frontières du Reich allemand concerne au minimum 200 000 personnes : l’opération T4 fit plus de 70 000 victimes, l’euthanasie des enfants environ 6000. L’euthanasie sauvage et l’"Action Brandt" sont plus difficiles à évaluer. Cependant, l’historien Faulstich a calculé le nombre de victimes psychiatriques pour ces deux "actions" qui s’élèverait à 117 000 soit donc un total pour les six opérations d’euthanasie de plus de 200 000 victimes.

Ces deux conférences ont montré qu’eugénisme et euthanasie nazis n’étaient pas le fait de quelques pervers monstrueux, mais le fruit d’un système d’élimination médicalisée fonctionnant grâce à de nombreux spécialistes, souvent d’un très haut niveau scientifique.

TABLE RONDE : LES EXPERIENCES MEDICALES DANS LES CAMPS NAZIS

Après le repas, il fut présenté des extraits d’un film documentaire concernant tout particulièrement les docteurs Eberl, entre autres commandant de Treblinka de mai 1942 à août 1942, et Clauberg, gynécologue, "médecin" à Auschwitz. La table ronde qui suivit était animée par Katy Hazan.

Madeleine Szpitalnik fut déportée de Belgique en 1943 à Auschwitz I dans le block 10 pendant 7 à 8 mois. Elle subit des injections à plusieurs reprises mais ne sait pas ce qu’on lui a fait.

Esther Bensasson, arrêtée le 5 mai 1944, arrivée à Auschwitz le 23 mai, fut installée dans le block 10 d’octobre 1944 à janvier 1945. Elle subit 4 à 5 expériences sur la stérilisation, effectuées par Clauberg, médecin expérimentateur de très haut niveau, petit homme trapu qui la hante toujours. Esther Bensasson vécut ensuite la marche de la mort.

Anise Postel-Vinay fit le récit de ce que vécut son amie Adélaïde Hautval, médecin, déportée à Auschwitz en janvier 1943, volontaire, pour "voir" et "dire après" au block 10 ; elle a assisté à plusieurs séries d’expériences destinées à développer de nouvelles techniques pour stériliser le plus possible, le moins cher possible, et sans que les gens s’en aperçoivent. Anise Postel-Vinay parla ensuite des "lapins" de Ravensbrück, jeunes Polonaises ayant subi une ou plusieurs "opérations" aux jambes, pour prouver "scientifiquement" que les sulfamides n’étaient pas efficaces contre la gangrène gazeuse.

Stanislas Tomkiewicz, ancien du ghetto de Varsovie, déporté à Bergen-Belsen en août 1944, puis à Buchenwald, libéré par les Américains, médecin - psychiatre en France après la guerre, apporta une vision plus globale, reprenant certains points historiques, mais aussi, posant des problèmes moraux tel que celui-ci : peut-on utiliser les résultats d’expériences immondes, mais sérieuses, comme celles entreprises à Dachau sur le grand froid ? Stanislas Tomkiewicz a aussi apporté son sentiment concernant des affaires d’actualité : projet, en France, de loi sur l’autorisation de stérilisation volontaire et décision de la cour de cassation concernant le cas d’un jeune homme très lourdement handicapé à la suite d’une erreur de diagnostic du laboratoire concernant la rubéole pendant la grossesse de sa mère et l’affirmation de cette cour disant que "la vie de ce jeune homme est pire que la mort qu’il aurait subie en tant que fœtus".

François Delpal, professeur d’histoire contemporaine à Lyon III, a proposé une thèse (très controversée ensuite dans le débat) consistant à affirmer que la Shoah serait l’extermination "raciale" des Juifs mais aussi le moyen de mettre en œuvre le projet d’une nouvelle (in)humanité éradiquant de l’histoire à venir les Juifs (scories de l’histoire passée ) mais aussi toutes les religions et idéologies humanistes. Le but aurait donc été, une société d’hommes racialement impeccables, sans Dieu, sans spiritualité, liés seulement à une nouvelle "église nationale allemande", le nazisme devenant la religion du futur.

Marie Jo Chombart de Lauwe, précise que l’idéologue Rosenberg qui était venu à l’automne 40, dans une salle de l’Assemblée Nationale à Paris, avait fait une déclaration disant qu’il voulait prendre la complète opposition de la philosophie des Lumières et des Droits de l’Homme.

Bertrand Poirot-Delpech a combattu cette "histoire-fiction" soulignant que les catholiques ou les protestants n’ont pas été persécutés pour cause religieuse. Il a rappelé ce qu’est pour lui, la réalité de la Shoah, en évoquant la déportation des 44 enfants juifs réfugiés à Izieu, 44 enfants et 7 adultes impuissants sous les ordres nazis, ce 6 avril 1944. Il est lui aussi revenu à l’actualité, affirmant chercher un nouveau mot pour désigner la "biologie de convenance, de confort" liée à un certain consumérisme et évoquant comme choix possible "orthomanie".

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dans l’assistance, Mme Chombart de Lawe , Jacques Altmann

BIBLIOGRAPHIE :

Etaient aussi à la disposition des participants, une douzaine de brochures publiées par le Cercle d’étude et que l’on peut obtenir auprès de l’Amicale d’Auschwitz, 73 avenue Parmentier, 75011, Paris, ainsi que quelques-uns uns des livres suivants :
BENSOUSSAN Georges, Histoire de la Shoah, Que sais-je ? 1ère éd. 1996
REVUE D’HISTOIRE DE LA SHOAH, 1946-1996, Le procès des médecins à Nuremberg, mai-août 1997, n°160
HAUTVAL Adélaïde, Médecine et crimes contre l’humanité, témoignage, avant propos de Claire Ambroselli, Présentation et postface d’Anise Postel-Vinay, Actes Sud, 1991.
AMBROSELLI Claire, L’éthique médicale, PUF, Que sais-je ? , 1998.
KLEE Ernst, La médecine nazie et ses victimes, Actes Sud, 1998
TOMKIEWICZ Stanislas, L’adolescence volée, le passé recomposé, Calman -Lévy, 1999
HAZAN Katy, Les orphelins de la Shoah, les maisons de l’espoir, 1944-1960, Les Belles Lettres, 2000
POIROT-DELPECH Bertrand, Un crime de bureau, Stock, 1998
FERAL Thierry, BRUNSWIC Henri, HENRY Anne, Médecine et Nazisme, L’Harmattan, 1998.
Sous la direction de OLFF-NATHAN Josiane, La science sous le Troisième Reich, Paris, avec un chapitre de Benoît MASSIN, Anthropologie raciale et national-socialisme : heurs et malheurs du paragdime de la "race", Le Seuil, 1993
WEINDLING Paul, L’eugénisme, L’Hygiène de la Race. Eugénisme médical et Hygiène raciale en Allemagne, Préface de Benoît Massin, Paris La Découverte, 1998.
Sous la direction de GIAMI Alain et de LERIDON Henri, Les enjeux de la stérilisation, un chapitre de Benoît Massin intitulé "Stérilisation eugénique", INSERM, Paris, 2000
Un compte rendu de Martine Giboureau, professeur au collège Sisley, à Môret sur Loing, Académie de Créteil.


Action T4 au Steinhof, (hôpital Otto-Wagner), à Vienne en Autriche, un centre des crimes des médecins nazis.
Dans le couloir appelé "Am Spiegelgrund", (au fond du miroir), un service a assassiné autour de 800 enfants et jeunes, malades ou handicapés.
http://www.gedenkstaettesteinhof.at/

N.M.


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