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Basilic, Madeleine Kahn - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

Basilic, Madeleine Kahn

Compte rendu de lecture par Marie Paule Hervieu
vendredi 29 juin 2012

Madeleine Kahn, née en France, est d’origine roumaine, de Bucovine, de l’ex Empire austro-hongrois. En juin 1939, elle allait en vacances, comme tous les ans, chez sa grand mère à Stanesti mais,

Le livre de Madeleine Kahn intitulé "Basilic" a été publié en 2011.

Elle a été la déportée-témoin des massacres de Juifs en Roumanie, au terme de la conférence sur "La Shoah par balles à l’Est", organisée par Le Cercle d’étude, le 18 mai 2012, au lycée Buffon.

Ce texte écrit en première personne est le produit d’un long travail de recherche et d’écriture entrepris par celle qui est devenue le docteur M. Kahn et il est très original : n’est-il pas rappelé dans le livre de Matatias Carp " Cartea Neagra" qu’il y avait en 1940, 760 000 Juifs vivant en Roumanie, que 4 000 000 ont été exterminés, dont 265 000 sous la responsabilité du gouvernement roumain, mais qu’il s’agit d’une Shoah "oubliée".

La petite Madeleine Woloch, âgée de 6 ans en 1939, fille d’un père juif polonais et d’une mère juive roumaine, a été séparée de ses parents de juin 1939 à avril 1946. Séparation liée à guerre, elle était venue passer ses vacances d’été chez sa grand-mère roumaine et elle a été confrontée a la fermeture des frontières.

Elle est devenue un témoin direct de la Shoah dans une Roumanie dirigée par un dictateur ( conducator), Antonescu, allié des Allemands dans la guerre contre l’URSS et ses citoyens juifs. Elle a vécu le massacre de 80 hommes juifs du village de Stanesti, en Bucovine, dès l’entrée des troupes allemandes, en particulier la mort de son oncle Jacob. Crime perpétré par de jeunes Roumains, peut être affiliés à La Garde de fer ou au parti national chrétien, très antisémites.

Elle a ensuite été transférée, avec sa grand-mère, sa tante Fanny et son petit garçon, dans la capitale de la Bucovine, Czernowitz, haut lieu de la culture yiddish et du judaisme hassidique, devenu centre de concentration des Juifs en ghetto. Les trois femmes ont été déportées par train et marches forcées, sans doute en octobre 1941, dans un camp de concentration situé en Transnistrie, région d’Ukraine occupée par les Allemands et administrée par les Roumains. Sa grand mère tant aimée n’y survivra pas et elle même ne sera sauvée que par son passeport français.

Revenue seule en Roumanie, elle sera "hébergée" successivement par le consulat français à Galatz, puis par deux institutions catholiques de Bucarest : l’hôpital et le noviciat de la Compagnie des Filles de la Charité de St Vincent de Paul, et Notre Dame de Sion. C’est alors qu’atteinte du typhus, elle est soignée par une religieuse infirmière, Mère supérieure, Soeur Anne-Cécile Ardoin, pour laquelle elle obtiendra la Médaille des Justes. Elle fera aussi l’expérience de l’antisémitisme chrétien, qu’il soit orthodoxe ou catholique.

Ce livre émouvant par le récit de ses souvenirs d’enfance, chez une grand-mère, qu’elle adorait et qui lui a transmis sa judéité est aussi un témoignage sur la politique antisémite de l’État roumain relayé par l’opinion publique dominante et renforcée par la collaboration avec l’armée allemande.C’est enfin une réflexion de longue durée sur les traumatismes liés à la déportation et les traces laissées dans la vie, la mémoire et le coeur des survivants, ceux et celles qui durent assumer seuls leur identité juive dans, un milieu très hostile, quand il n’est pas mortifère. Elle n’a rien oublié, elle s’est engagée dans des études d’histoire, des lectures, un voyage de retour.

Elle a cherché à honorer et à restituer la mémoire de ces communautés juives massacrées, par exemple à Moghilev et a écrit ce témoignage préfacé par Gilles-William Goldnagel, président d’ Avocats sans Frontières et de France-Israël-Alliance généraI Koenig, en référence à S. Zweig et illustré par une aquarelle d’Arnold Daghani, autre déporté, survivant des camps de travaux forcés pour Juifs en Transnistrie.

KAHN-WOLOCH Madeleine, Basilic, Atlantica, 2011, 172 p.

Marie Paule Hervieu

Témoignage de Madeleine Kahn au lycée Edgar Quinet :
Madeleine Kahn, ancienne élève du lycée Edgar Quinet

NM Janvier 2013


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