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Les diverses formes d'antisémitisme - [Cercle d'étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d'Auschwitz]
Cercle d’étude de la Déportation et de la Shoah - Amicale d’Auschwitz

Les diverses formes d’antisémitisme

Antijudaïsme, antisémitisme.
"Le nouvel antisémitisme accélère l’érosion des tabous nés de la prise de conscience de la Shoah, et reprend les thèmes classiques de la haine et du mépris."

Le Juif est un homme que les autres hommes tiennent pour Juif : voilà la vérité simple d’où il faut partir. En ce sens, le démocrate a raison contre l’antisémite : c’est l’antisémite qui fait le Juif. Jean Paul Sartre, Réflexions sur la question juive, 1946

Je suis Juif, sinon par la religion, que je ne pratique point, non plus que nulle autre, du moins par la naissance. Je n’en tire ni orgueil ni honte, étant, je l’espère, assez bon historien pour n’ignorer point que les prédispositions raciales sont un mythe et la notion même de race pure une absurdité particulièrement flagrante, lorsqu’elle prétend s’appliquer, comme ici, à ce qui fut, en réalité, un groupe de croyants, recrutés, jadis, dans tout le monde méditerranéen, turco-khazar et slave. Je ne revendique jamais mon origine que dans un cas : en face d’un antisémite. Marc Bloch, L’étrange défaite, Témoignage écrit en 1940, Paris, Gallimard, coll. Folio Histoire, 1990, 326 p.

Des préjugés anciens : judéophobie, judeophobia, de Tacite, des pères de l’Eglise...
"une agitation antimosaïque, antijuive, antisémite et antisioniste dure depuis plus de trois millénaires" Léon Poliakov

 Pourquoi "la haine des juifs" ?

L’origine est religieuse : la religion juive est la première religion monothéiste de l’histoire, et le christianisme, pour s’imposer, a rejeté le judaïsme dont il est issu.
Pendant des siècles, les Juifs ont été plus ou moins persécutés au nom de la religion.
Minoritaires, ils étaient les « boucs émissaires » aux difficultés rencontrées par les États (« monarchies »).
La Révolution Française a fait des Juifs des citoyens à part entière.
Au XIXe siècle, le développement économique entraîne des tensions sociales et politiques ; le nationalisme s’affirme, et, de nouveau, les Juifs, sans État constitué, servent de « boucs émissaires » aux difficultés de tous ordres.
Des écrivains et des journalistes justifient l’exclusion et le mépris au nom de théories raciales en vogue, sans aucun fondement scientifique.
Partout les minorités ont été et sont parfois encore persécutées ; mais elles sont localisées sur un territoire géographique limité. Les Juifs, pour des raisons historiques se sont dispersés dans le monde entier. Ils ont constitué des minorités qui ont gardé pendant des siècles une cohésion et ont développé une culture vivante/différente.
L’histoire des Juifs ne se confond pas avec l’histoire de l’État d’Israël.
On est français et juif, comme on peut être français et arabe ou français et alsacien.

  Antisémitisme

« Une animosité haineuse envers les juifs que depuis 1880 on appelle antisémitisme », Léon Poliakov, La causalité diabolique, Calman-Lévy, 1985 [1980].

« Depuis plus de cent ans, l’antisémitisme s’était lentement et progressivement infiltré dans presque toutes les couches sociales de presque tous les pays d’Europe, jusqu’au jour où il devint brusquement la seule question susceptible de créer une quasi unanimité dans l’opinion. »
Hannah Arendt, Sur l’antisémitisme, Seuil, 1998 [1958].

Antisémitisme : terme inventé en 1873 par Wilhem Marr, journaliste allemand antisémite, pour signifier une doctrine d’hostilité à l’égard des juifs.
Mot qui vient de Sem, fils de Noé, ancêtre d’Abraham qui eut pour fils Isaac et Ismaël.
L’antisémitisme revêt des aspects divers au cours des âges.
1. Un antijudaïsme antique, déjà au Ve siècle avant notre ère, des Grecs et des Romains, accusant les juifs de particularisme et de monothéisme. Cf. le livre d’Esther
2. Un antijudaïsme chrétien est accompagné de calomnies.
Le christianisme a rejeté le judaïsme dont il est issu, accusant les juifs d’être un peuple déicide jusqu’à Vatican II.
3. Un antijudaïsme économique  : certaines professions leur étant refusées, les juifs sont "hommes d’argent" banquiers ou usuriers et de ce fait servent de boucs émissaires, face aux difficultés politiques, économiques ou sociales. Avec la diaspora, les juifs sont dispersés dans le monde et accoutumés aux réactions haineuses des populations autochtones.
4. Un antisémitisme raciste qui se colore de science au XIXe siècle. Des théories sur l’inégalité des "races" humaines [1] rendent les juifs inassimilables et menaçants pour l’ordre et la société. Les juifs émancipés "aux valeurs cosmopolites et antinationales" sont des concurrents. Des réactions nationalistes et antisémites sont importantes en Autriche sous la direction de Schönerer et Lüger qui influencent Hitler.
5. Un antisémitisme biologique nazi désigne le juif comme le corrupteur de la nation, porteur de maladies. Hitler veut préserver la race aryenne du « métissage et de la contagion ».
6. Un antisémitisme politique : le juif est le chef d’une conspiration internationale pour unir la planète sous domination judéo-bolchevique.
7. "Une judéophobie" : thèse de Pierre-André Taguieff, une nouvelle vague d’antisémitisme entre la défense de la cause palestinienne et l’antisionisme, ravivé par le conflit au Proche Orient, certains faisant l’amalgame entre juifs, sionistes (il en existe de droite, le parti national religieux, et de gauche, Meretz, en Israël) et Israéliens, habitants de l’État d’Israël dont les deux langues officielles sont l’hébreu et l’arabe. Les sionistes, porteurs de l’"idée nationale juive", sont parfois accusés de "colonialisme", voire de "racisme".
8. Une israélophobie liée à la question palestinienne
9. une nouvelle forme d’antisémitisme "soft" qui surfe sur la conjoncture de crises, de complots, de conspirations, de concurrence des mémoires, et peut devenir problématique.
10. sionisme : En 2015, "Le sionisme est un nationalisme... La droite a réussi à identifier le sionisme avec deux éléments : la conquête de la terre, ce qui signifie concrètement la Cisjordanie, les territoires occupés ; et ensuite la supériorité juive en Israël même. C’est tout le problème de la législation sur Israël, État juif. Zeev Sternhell

Décembre 2014 :
Selon le "sondage annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’homme sur le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie, c’est à l’extrême droite que le niveau d’antisémitisme reste le plus élevé ; chez les sympathisants des Verts qu’il est le plus bas."
http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/12/05/il-faut-parler-d-antisemitisme-avec-rigueur_4535515_3232.html

"L’étude conclut que près de la moitié des interrogés ne savent pas ce qu’est le sionisme, ce qui ne plaide pas en faveur d’une adhésion à l’antisionisme censé être le moteur de la nouvelle judéophobie."
http://www.mediapart.fr/journal/france/051214/violences-antisemites-ce-que-disent-les-chiffres

"Le marqueur islamophobe supplante celui de l’antisémitisme...parler de l’islam est une manière de parler de l’immigration sans tomber sous le coup de la loi." Valérie Igounet

Pourquoi transmettre la mémoire de la Shoah, enseigner son histoire ?
De l’antijudaïsme à l’antisémitisme raciste
L’antisémitisme français de l’affaire Dreyfus à Vichy

La tentation antisémite. La haine des Juifs dans la France d’aujourd’hui, Michel Wieviorka

« Der Antisemitismus ist das Gerucht über die Juden  » ("L’antisémitisme, c’est la rumeur sur les juifs"), Theodor W. Adorno, 1951, cf. éd. française : Theodor W. Adorno, Minima Moralia. Réflexions sur la vie mutilée, éd. Payot, 1991
Hannah ARENDT, Les origines du totalitarisme, t.1, Paris, Le Seuil, collection Points
Léon POLIAKOV, Bréviaire de la haine, Calman-Lévy, 1951
Léon POLIAKOV, Histoire de l’antisémitisme, éd. du Seuil, coll. Points, 1991
Elisabeth ROUDINESCO, Retour sur la question juive, Albin Michel, coll. Bibliothèque Idées, 2009.
WELLERS Georges, La solution finale et la mythomanie néo-nazie, New York, 1979
WIEVIORKA Michel,La tentation antisémite. La haine des Juifs dans la France d’aujourd’hui, Robert Laffont,
Paris, 2005, 452 p

PHILIPPE Béatrice, Être juif dans la société française du Moyen Age à nos jours, Bruxelles, Complexe, 1997, 450 p.
POZNANSKI Renée, Être juif en France pendant la Seconde guerre mondiale, Paris, Hachette référence, 1994, 859 p.
Histoire des Juifs de France de Béatrice Philippe : un DVD-ROM :
http://www.juifs-france.fr/
Pierre STAMBUL, Le Sionisme en questions, Acratie, 2004
UJPF, Une parole juive contre le racisme, Syllepse, 2016, 92 p.

En Allemagne, BPB : Antisémitisme
http://www.bpb.de/politik/extremismus/antisemitismus/37999/redaktion
http://www.bpb.de/148081
http://www.bpb.de/politik/extremismus/antisemitismus/145728/antisemitismus-unter-muslimischen-jugendlichen-randphaenomen-oder-problem
Antisémitisme et persécutions dans l’Allemagne nazie
L’Allemagne nazie, son passé et internet :
http://clioweb.free.fr/camps/allnazie.htm
Qu’est ce un génocide ?
Raphael Lemkin définit le terme en 1944
http://www.ushmm.org/genocide/take_action/genocide

Pour en savoir plus :
PC 25, Témoins-professeurs, 2 ème édition

Alfred Grosser, né dans une famille juive mais athée " très proche du catholicisme français ", ne cesse de critiquer Israël, la colonisation de territoires palestiniens et le soutien inconditionnel de l’Allemagne à l’Etat juif.

[1Ce racisme a légitimé la colonisation


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